Bruit de bottes et « Slaves qui peut ! » à la frontière entre l’Ukraine et la Russie. Dire que le climat est délétère entre ces deux nations de l’ex-bloc soviétique relève d’un doux euphémisme en l’état actuel de leurs relations bipartites.

Il suffit d’une petite étincelle et c’est l’embrasement total assuré entre ces deux états « frères » qui ont appris à se détester royalement depuis leurs indépendances communes. La preuve en est : depuis l’annexion de la Crimée par l’Armée Rouge, sans que quiconque n’ose lever le petit doigt parmi la communauté internationale toujours porteuse de grandes leçons de démocratie, la moindre des opportunités belliqueuses pourrait aboutir à une empoignade militaire sans retenue entre ces acteurs phares de l’Europe de l’Est.

L’ex-grenier à céréales de l’URSS et ouverture portuaire légitime vers la Méditerranée via le Bosphore, séparant deux continents qui se sont souvent affrontés au cours de ces siècles de défi, intéresse au plus degré le pouvoir hégémonique de Moscou.

Ancien membre influent du KGB, Vladimir POUTINE n’a donc toujours pas digéré l’éclatement de la puissante Union soviétique, qui s’est morcelée en une multitude de territoires disparates aux contours plus ou moins bien dessinés, à grand renfort d’appartenances ethniques quand elles ne sont pas religieuses.

 

 

Des flèches acérées entre tous les protagonistes de ce dossier…

 

L’élan de démocratie espéré par Mikhaïl GORBATCHEV à l’époque historique de la chute du Mur de Berlin et de l’effondrement du bloc soviétique semble désormais obsolète. Le retour à la guerre froide s’apparente à une implacable réalité depuis l’arrivée de Vladimir POUTINE au pouvoir.

Ce dernier tenant d’une main de fer un pays devenu exsangue au plan économique et où la liberté n’est plus qu’un vain mot. Que dire de la pensée critique et constructive qui peut conduire à la case prison, si ce n’est pas pire !

Une guerre froide, sentant le souffre, qui depuis plusieurs mois se réchauffe brusquement au même rythme que disparaît la banquise polaire. Les dernières rodomontades de la semaine, balancées comme autant de flèches acérées entre toutes ces personnes puissantes qui détiennent au creux de leurs mains les existences de millions d’êtres humains, ne portent guère à l’optimisme le plus béat.

A côté, la COVID et sa contagiosité virulente seraient presque de la roupie de sansonnet ! Une « récréation » sanitaire à l’image de ce qui nous attend si un conflit éclatait à la suite de l’envahissement par les troupes russes de l’Ukraine, marchant sur Kiev.

 

 

Gesticulations tous azimuts dans les pays satellites…

 

Dans cette partie de poker menteur que se livrent les Russes et les Américains depuis pas mal de temps, les Européens subiraient encore les frais directs de ces écarts de langage entre les deux puissances mondiales si les tractations répétitives et interminables qui se jouent en ce moment à Genève (ville garante de la neutralité) venaient à achopper de manière définitive.

Personne n’est dupe : l’Europe serait alors en première ligne d’un nouveau conflit aux relents funestes et imprévisibles dont beaucoup d’états membres (ou pas) deviendraient les victimes collatérales du fait de leur étroite proximité. Et de leur soutien.

Les plus optimistes des observateurs pensent que tout cela n’est autre de la gesticulation de pacotille où Moscou, fidèle à ses vieux préceptes soviétiques, hausse le ton pour mieux donner le change à sa soif de conquête et d’influence sur son ancien empire. Le retour en grâce en quelque sorte, adoubé par tous !

Un bras de fer de complaisance qui doit se limiter dans le temps et sur un périmètre géographique restreint. Conclusion : Vladimir POUTINE testerait les capacités réactives et les faiblesses des Occidentaux (les Américains et leurs alliés de l’OTAN) histoire d’amuser quelque peu la galerie et de redorer ainsi la grandeur d’un pays où la COVID fait des ravages, où l’économie tourne au ralenti, et où la précarité s’affiche ouvertement dans les rues avec son lot de miséreux ne trouvant plus de quoi se vêtir et se nourrir.

Les avenues passantes de Moscou et de Saint-Pétersbourg en regorgent, bien loin cependant des sites touristiques séculaires qui attirent aujourd’hui encore les visiteurs lointains.

Mais, les plus pessimistes redoutent le pire car il ne faut jamais vendre la peau de l’ours (l’un des symboles de la Russie) sans l’avoir tuée. Au Kazakhstan, il y a peu, où les troupes russes ont mâté une tentative de rébellion dans une parfaite indifférence internationale ou en Biélorussie qui accueille des cohortes de militaires effectuant de grandes manœuvres aux fondements très douteux. La gesticulation ne ressemble plus à une simple parade de l’armée Rouge en démonstration symbolique devant les généraux du Kremlin, caciques du pouvoir.

 

 

« Back in the USSR » : l’Ukraine sera-t-elle bientôt annexée ?

 

L’Ukraine semble être prise dans la nasse à plusieurs endroits de ses frontières. Au Nord comme à l’Est. 170 000 soldats russes sont entassés aux frontières, prêts à en découdre si l’ordre de l’envahissement survenait.

Les Occidentaux ne restent pas les bras ballants. Les pays Baltes ont dépêché de l’armement et des missiles antichars en Ukraine. De même, les Américains qui procèdent également à de grandes manœuvres en Méditerranée viennent d’envoyer un arsenal au régime pro-occidental de Kiev.

La France, par la voix de son président Emmanuel MACRON, également aux rênes de l’Union européenne jusqu’au 01er juillet sur le papier, a décidé de placer plusieurs contingents de militaires français en Roumanie. A la demande de la présidence locale.

Et dans le même temps, la Chine qui observe cela avec grand intérêt et qui lorgne avec réelle gourmandise sur l’île de Taïwan dont elle n’a jamais reconnue l’indépendance déplace un pion en recevant d’ici peu le maître du Kremlin à Pékin. Du petit lait pour Vladimir POUTINE qui loin d’être mis au ban de la communauté vient d’accueillir au nom de leurs relations d’amitié les dirigeants de l’Iran à Moscou…

Iran, Taïwan, Ukraine : tous les ingrédients du cocktail explosif de cette année 2022 se retrouvent réunis sous la même bannière et dans le même laps de temps comme un étrange puzzle qui commence à prendre corps dans la réalité géopolitique!

Gare à l’indigestion de cette « Apocalypse now » si nous devions le consommer…

 

Thierry BRET

 

 

 

 

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