Elles sont unanimes, les représentations syndicales, pour affirmer haut et clair que « l’intérêt des enfants » n’est pas du tout la valeur prioritaire du Conseil départemental de l’Yonne dans sa gestion des collèges. S’érigeant contre la fermeture du site « Alexandre DETHOU » à Bléneau – l’une des trois antennes qui compose l’établissement de Puisaye -, elles dénoncent d’une même voix une décision prise sans concertation qui provoque le énième recul des services publics dans les zones rurales…

 

AUXERRE: Même si le couperet est tombé de manière inéluctable quant à l’avenir de l’un des édifices qui compose le curieux ensemble pédagogique de Puisaye – un groupe scolaire éclaté sur trois sites distincts, sis à Saint-Sauveur-en-Puisaye, Saint-Fargeau et Bléneau -, ils ne baissent pas le pavillon ni les armes pour autant, les porte-parole des organismes syndicaux concernés par l’initiative. Soit Sud Education Solidaires, UNSA Education, SGEN CFDT, Force Ouvrière FNEC FP et U FSU.

Réunis sous le vocable démonstratif d’une conférence de presse, leurs représentants désapprouvent avec fermeté la cessation d’activité du site de Bléneau, une décision actée par le Conseil départemental et soutenue par l’Education Nationale il y a peu, qui prendra effet à la rentrée de 2023.

Une pilule amère et très difficile à avaler pour les syndicalistes pour qui, il est inacceptable de dépouiller un canton excentré, déjà déserté par les services publics, qui possédait avec cette structure pédagogique un moyen d’exercer un peu plus d’attractivité envers les nouveaux venus.

« A Bléneau, il ne reste plus que les services communaux, précise l’un des intervenants de cet exercice oratoire, cela a pour les habitants, les familles, les parents et les élèves eux-mêmes des conséquences terribles. Et pourtant, les politiques ne cessent de parler de cette ruralité et de sa défense. Supprimer un établissement scolaire qui accueillait plus de 120 enfants, c’est nier tout bonnement cette ruralité… ».

 

Utiliser le logiciel de l’économie n’est pas tenable pour l’éducation…

 

 

Alors, serait-ce le signe annonciateur d’un destin funeste pour le territoire le plus occidental du département ?

« Oui, répondent en chorus les interviewés, et de cela, on ne peut pas s’y résoudre ! Nous exigeons que les moyens humains et financiers nécessaires soient enfin attribués au collège de Puisaye pour ne pas voir les deux autres sites condamner leurs portes… ».

La proximité alléchante de la Nièvre et du Loiret inquiètent en parallèle. Et si les parents d’élèves répartissaient leurs enfants vers des établissements implantés sur ces terres limitrophes, en accueillant leur progéniture ? « Certes, on change d’académie mais il suffit de le faire à partir d’une dérogation…. ».

Il faudra attendre la validation de la carte scolaire, sans doute établie au printemps prochain, pour connaître la répartition exacte des jeunes gens et de leurs enseignants. Sans omettre le personnel administratif, six agents dont les emplois ne seraient pas menacés à l’heure actuelle.

« Utiliser le logiciel économique pour choisir la destinée d’un établissement scolaire ne peut être justifié pour le milieu de l’éducation, souligne le délégué départemental de U FSU, Philippe WANTE, un collège, ce n’est pas une entreprise, c’est pourquoi cette décision n’est pas tenable… ».

 

 

Quid des futures classes de ce secteur territorial qui de par leurs effectifs se gonfleraient inexorablement d’un surplus d’élèves devant se mouvoir par le biais des transports collectifs, plus long en terme de mobilité et éprouvant au niveau des amplitudes horaires ?

« Les moyens ne sont pas à la hauteur, rétorque tout de go l’intéressé, en outre, l’excellence du travail pédagogique réalisée à Bléneau (100 % de taux positifs aux examens) n’a pas été pris en compte. Il est regrettable que le rectorat se soit aligné sur les arguments budgétaires avancés par le Conseil départemental… ».  

Mais, là où les syndicalistes sont vent debout dans ce dossier, c’est contre la méthode d’annonce qui a été employée par l’organe institutionnel. Sans de véritables consultations, visiblement, alors que depuis des années, des signalements sur la vétusté des locaux avaient été réalisés par le corps enseignant et administratif.

« Les raisons avancées pour justifier cette décision sont révoltantes, précisent les orateurs du jour, car l’état délabré du bâtiment de Bléneau n’est que la conséquence des choix budgétaires du Département… ». Un exécutif qualifié de « cynique » par ce « carré d’as » protestataire…

 

Alerter les populations sur la disparition du service public en zone rurale…

 

Les discussions se poursuivent inlassablement et les arguments revendicatifs pleuvent en averses. Tour à tour, Claire CALVET (FO), Marie LAMOUREUX (UNSA Education), Jérôme COURTOIS (Sud Education) et Philippe WANTE (U FSU) évoquent l’altération de la vie scolaire, la dégradation logique des conditions d’accueil et de travail des élèves et des personnels, le rallongement des journées imputables au transport, les problématique induites par la restauration alors que le personnel en cuisine fond comme neige au soleil, le brassage de la population longtemps défendu alors que plane toujours les risques sanitaires de la COVID.

« Si l’intérêt des élèves avait été véritablement la préoccupation première, des moyens supplémentaires en termes de personnels aurait été attribués depuis longtemps, lâche avec amertume Marie LAMOUREUX.

Jérôme COURTOIS est même convaincu que le prochain site scolaire qui se verra intégrer la case perte et profit de manière définitive sera le collège de Brienon-sur-Armançon. Tandis que l’avenir du site de Saint-Sauveur devient un sujet d’inquiétude pour ses coreligionnaires.

Par cette prise de parole officielle, les syndicats désirent alerter la population rurale – mais aussi urbaine – sur la récurrence de ces fermetures successives, après celle du collège auxerrois Bienvenu-Martin.

« Nous allons proposer un grand rassemblement à Bléneau, début décembre, assorti d’une pétition pour informer sur les dangers d’une telle procédure qui n’est pas anodine, la fermeture d’un collège sur notre territoire. Nous ne voulons pas que l’établissement de Bléneau mette la clé sous le paillasson. Notre rôle est aussi de protéger les enseignants qui ne doivent supporter la double peine, avec la fermeture de leur établissement et la suppression de leurs postes… ».

La messe est dite. L’homélie portera-t-elle ses fruits à l’avenir pour qu’il n’y ait plus aucune fermeture d’établissements scolaires dans notre département ? Nul ne le sait, en vérité…

 

Thierry BRET

 

 

L’accompagnement, l’écoute et l’engagement. Des mots qui sont en similitude avec le parcours exceptionnel de l’invitée d’un soir. Celle qui honore de sa présence l’évènement commémoratif du trentième anniversaire. Un sérieux bail, d’ailleurs, pour les acteurs du Comité pour l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés de l’Yonne. Un acronyme à retenir, CITHY par tous et que Virginie DELALANDE, en conférencière hors pair qu’elle est, aura su assimiler…

 

VENOY : Ce ne sont pas de simples bougies décoratives posées sur un gâteau d’anniversaire qu’auraient pu souffler les responsables de la structure associative, CITHY, lors de leurs retrouvailles chaleureuses afin de célébrer les trente ans d’existence, accueillies dans cet antre de l’évènementiel que représente la salle des fêtes des Joinchères. Mais, ils auront plutôt déclenché un véritable feu d’artifice de bonheur et d’espoir intérieur grâce à une manifestation conçue comme on les aime. Simple, sincère, humaniste, conviviale.

Devant un public tout acquis à leurs causes, représentatif des nombreux partenariats et soutiens additionnés de-ci, de-là dans l’Yonne, Daniel CARTEREAU, président de la structure associative et David SAUTEREAU, directeur, ont donc en parfait maître de cérémonie de la séance déroulé leur feuille de route. Celle de la présentation scénographique d’une entité trentenaire qui en l’espace de trois décennies aura accompagné  la bagatelle de 16 000 personnes atteintes d’un handicap, permis de travailler avec 6 000 employeurs, en maintenant plus de deux mille emplois locaux tout en favorisant 8 000 recrutements de trois mois et plus, bien évidemment encadrés de très près. Bref, un vrai travail d’orfèvre destiné à un public parfois en grande déshérence professionnelle et qui n’en demandait pas tant !

 

 

« Accompagner, c’est être là et soutenir les plus fragiles… »…

 

L’accompagnement. C’est l’histoire, l’ADN, la source originelle de cette association résolument dynamique. Celle qui conjugue différents dispositifs indispensables au retour vers la vie active. Chacun de ces outils sera présenté à l’aide de courtes vidéo – David SAUTEREAU aux manettes de la technique a sans doute raté sa vocation de réalisateur de courts-métrages tant il s’appuie sur les images afin d’illustrer ses propos ! – qui conforte le rôle essentiel d’un acteur incontournable de l’employabilité des personnes victimes de handicap.

Des vidéos qui mettront en exergue, témoignages concrets en substance, le poids de CAP EMPLOI 89, de PAVA, de L’H’ACTIVATEUR ; autant de moyens appliqués au quotidien pour extraire ces personnes de l’ornière dans laquelle les aléas de la vie peuvent les maintenir.

 

« Accompagner, c’est être là, ajoute un David SAUTEREAU, prolixe le micro en main, c’est permettre de soutenir les plus fragiles et les emmener vers la réalisation d’un projet dans la vie active… ».

CAP EMPLOI 89, une signature connue et reconnue de bon nombre de décideurs économiques qui n’hésitent pas à s’en référer dans le cadre du recrutement, de l’insertion, du maintien dans la durée des travailleurs parmi leurs effectifs.

 

 

L’audace doit faire des merveilles…

 

L’écoute est ensuite aborder. « Ecouter la différence de l’autre, parfois dans le silence, offre l’opportunité de lever les freins à l’emploi, ajoute le jeune homme, n’oublions pas que nous évoluons dans une société qui est encore source de discrimination. Tout doit aller vite, il faut que tout entre dans des cases, et pourtant, cette écoute est fondamentale pour rétablir une relation de confiance dans l’accompagnement entre les personnes atteintes d’un handicap et les valides… ».

Reste l’engagement. « L’audace doit faire des merveilles pour que les acteurs de la vie s’engagent aux côtés des publics handicapés, souligne le directeur décidément en verve de CITHY, faisant référence à Virginie DELALANDE, invitée d’un soir.

Puis, il sera temps de présenter chacun des membres de cette incroyable équipe.  

Avant que ne prenne la parole l’une des femmes plébiscitées par le magazine « FORBES » en 2020 – excusez du peu ! -, une Virginie DELALANDE plus inspirante que jamais ! Coach, conférencière, auteur de son état : un joli cursus pour celle qui fut connue et se révéla à nous comme étant la première avocate sourde profonde de l’Hexagone !

 

Thierry BRET

 

 

Le grand écrivain Gabriel GARCIA MARQUEZ avait coutume de dire que « tout le monde a trois vies : une vie publique, une vie privée et une vie secrète. » Comment trouver sa route quand on passe parfois ainsi subitement, de l’ombre à la lumière ? Comment en qualité d’élue conjuguer vie professionnelle et engagement politique, tout en préservant son univers marital ? Autant de thèmes abordés cette année lors des « Entretiens d’Auxerre », avec notamment le témoignage de la sénatrice de l’Yonne Dominique VERIEN et l’interview vidéo de Mazarine PINGEOT, écrivaine et philosophe, dont l’enfance invisible vola un jour en éclat, après que fut dévoilée sa filiation avec un Président de la République qui avait pour nom François MITTERRAND…     

 

AUXERRE : Passer ainsi de façon brutale de l’ombre à la lumière, sans y être vraiment préparée est un exercice périlleux reconnaît la fille de l’ancien président, devenue très vite l’objet de tous les regards, de toutes les rumeurs et des conversations : « un objet économique qui à une époque, faisait vivre certains organes de presse..., soulignant dans un sourire, « être démonétisée aujourd’hui ! ».

Mazarine PINGEOT se veut confiante : « la vie privée a été récupérée par l’espace public mais pas nécessairement l’intimité et d’une certaine manière, les frontières se redessinent… ».

Reste que l’exposition au monde est un exercice dangereux : « vous donnez quelque chose aux autres sur laquelle vous êtes dépossédée de votre pouvoir… ». Une indistinction entre espace public et privé, qui à ses yeux est incompatible avec toute activité politique : « d’abord, je ne trouve pas très intéressant que l’on puisse interroger ainsi la vie privée des personnages publics, sauf à considérer que cela participe au message politique. Je ne vois pas non plus en quoi cela éclaire, mais au contraire, pense que la politique en est rabaissée… ».

 

 

La vie publique est tellement chronophage qu’elle met à mal la vie privée…

 

Siégeant depuis cinq ans sur les bancs du Sénat, Dominique VERIEN fait partie de ces élus de terrain qui ont à cœur de sillonner leur circonscription pour en prendre le pouls. Une activité particulièrement chronophage le week-end, pouvant si l’on n’y prend garde, mettre à mal toute vie privée. L’élue de Puisaye le reconnaît : « avant de pouvoir aller vers des fonctions nationales qui pour le coup sont assez prenantes, il est clair que ça ne peut se faire sans l’accord de l’autre au risque de ne pas durer longtemps et se solde par un divorce ! ».

La politique occupe une telle place lorsqu’elle se professionnalise, qu’il est parfois difficile pour le conjoint ou la conjointe de ne pas être partie prenante, au moins pour ne pas mettre en péril la vie de couple : « on sait séparer vie privée et vie publique, mais cette dernière est tellement chronophage que si l’on veut parvenir à se voir, il accepte de me suivre parfois le week-end… » .

Avouant d’un trait d’humour, qu’il lui est plus facile de le convaincre à l’accompagner lorsqu’elle se rend à la Fête des vins de Chablis ou à la Foire aux truffes de Noyers que pour poser une première pierre !

 

 

 

 

 

L’affaire CLINTON-LEWINSKY a bouleversé l’ordre des choses…

 

Dans un tout autre registre, la journaliste et réalisatrice Mireille DUMAS, dont les émissions ont fait les belles heures de France Télévisions, a apporté son témoignage sur sa perception de l’intime.

Présentée par l’ethnologue Pascal DIBIE comme « une portraitiste de notre époque », l’animatrice pour qui, « tout ce qui est humain ne m’est pas étranger… » est devenue célèbre avec des programmes de fin de soirée dont tout le monde se souvient : « Bas les masques ! », « La vie à l’endroit » ou encore, « Vie privée, vie publique ».

Avant elle, nombre de sujets comme l’homosexualité, les violences faites aux femmes, la transsexualité étaient tabous à la télévision : « nous étions dans une société où la parole était donnée à ceux qui avaient le pouvoir de la prendre, intellectuels, milieux bourgeois, on n’entendait pas les anonymes parler de leur vie… ».

La fin des années 90 avec notamment l’affaire CLINTON-LEWINSKY a bouleversé l’ordre des choses : « pour la première fois, la vie privée d’un homme politique était mise sur la place publique. Des questions se sont posées et ont changé la donne, comme de savoir jusqu’où on peut aller dans la transparence, ce qu’il faut dire ou ne pas dire… » ;

Pour Mireille DUMAS, les frontières s’installent naturellement, dès lors que ses invités venus témoigner le font dans une démarche volontaire et personnelle : « après, cela se fait à l’intuition, je sentais jusqu’où je pouvais aller et quand je ressentais être à la limite, je n’y allais pas… ».

Comme de tradition, le sujet des « Entretiens 2023 » retenu par l’équipe du Conseil scientifique a été dévoilé à l’issue de cette édition. L’an prochain, les invités débattront sur le thème : « Où va le monde ? Penser, s’engager, résister ». Avec, mais faut-il s’en réjouir, matière en la demeure !

 

Dominique BERNERD

 

 

« Tel Sisyphe, le rocher que je devais porter en haut de la montagne était trop lourd… ». Confronté, adolescent, aux moqueries cruelles et stupides De l’environnement scolaire, pris en grippe par les enseignants parce que revendiquant sa « différence », c’est entre joies, pleurs et doutes que l’élu de l’opposition auxerroise a noirci les lignes de ce premier ouvrage. Sans colère ni esprit de revanche, mais dans l’espoir d’un avenir meilleur. Un avenir qui lui permet aujourd’hui de vivre pleinement son engagement en politique et une existence professionnelle épanouie…

 

AUXERRE: « Il était une fois, ma vie ; il était une fois, ma ville ». La ligne d’accroche résume à la perfection ce travail épistolaire inattendu mais plutôt bien fourni en anecdotes et détails par l’une des personnalités politiques de l’Auxerrois qui ne pratique pas la langue de bois d’ordinaire en séances publiques.

Un personnage, encore jeune dans ce long apprentissage de la vie politique, qui est peut-être clivant et inflexible lors de ses prises de parole mais qui veut démontrer son total attachement à sa ville dont il veut être un ardent défenseur des intérêts. Au nom de ses concitoyens qui l’ont élu.

Un livre de cent-cinquante pages, édité à compte d’auteur, que le trentenaire dévoilera officiellement en séance de dédicaces, ce samedi 26 novembre, à la librairie « Obliques » à Auxerre, en cours de journée. Un moment capital pour lui où il n’a pas hésité à se mettre à nu…sans fioritures

Un livre vérité. Permettant à son auteur de briser l’armure, de casser les codes, de franchir le Rubicon en ouvrant son cœur, son âme et peut-être même davantage, son aura, pour ce catholique, né dans une famille modeste et mais très aimante.  

L’ouvrage lui permet de se raconter, aussi, en toute intimité et avec pudeur, depuis sa prime enfance, en passant par une adolescente difficile et malheureuse au contact des autres, jusqu’à ce mois de mars 2020 où s’achève par un épilogue marquant, cette confession sans fard. Un ouvrage qui est rempli d’émotion.   

 

Une introspection profonde où le mal-être est à fleur de peau…

      

« Trente ans, l’âge mûr » chantait si bien Alain SOUCHON en 1978 qui se désolait de voir apparaître dans la glace de sa salle de bains les premières pattes d’oie au coin des yeux, signes annonciateurs de la vieillesse ennemie ! Mais, ici, point de cheveux blancs ou de calvitie naissante dans l’ouvrage rédigé de la griffe de Rémi PROU-MELINE. Au contraire, il y a de la reconnaissance en ce bel âge de 30 ans, où il est temps de tout dire. A cœur ouvert !

Il aura fallu plusieurs épisodes de confinement, insupportable épreuve de privation de libertés – le rédacteur la revendique à fleur de peau dans son quotidien ! – pour que germe dans sa tête l’ébauche de ce bouquin autobiographique.

Une introspection profonde, expliquant les valeurs intrinsèques qui l’ont aidé à tenir à la vie après de douloureuses expériences issues de la relation à l’autre. L’homme est un prédateur pour l’homme, c’est bien connu. L’auteur de ces lignes en a croisé quelques-uns, au masculin comme au féminin, au fil de sa jeune existence dans différents univers, notamment en milieu scolaire. Un monde cruel, impitoyable, dur, intolérant…où les choses se cachent et ne se disent pas. La peur du quand dira-t-on, camouflet à la bien-pensance…

A l’évocation de cette délicate période, le garçon, sensible, se trouble, pâlit quelque peu et essuie même deux ou trois larmes qui lui viennent facilement dans la prunelle de ses yeux, avant qu’elles ne coulent sous ses paupières.

On sent de la souffrance mise à vif sur le derme, un mal-être insurmontable que ce livre – un exutoire épistolaire, en vérité – permet de contenir. Sommes-nous tout près de la confession ?

 

Ne jamais reculer face à l’adversité et demeurer volontaire…

 

« Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, précise l’adage. Et pourtant, cela procure un bien fou de balancer librement sur le papier le trop plein d’émotion que l’on a sur le cœur afin de se sentir plus léger pour continuer le chemin.

Loin de la polémique, absolument inclassable dans la catégorie du livre politique même si plusieurs chapitres se consacrent à la vision du jeune homme sur la ville d’Auxerre et ses évolutions, « Réservoir de vie » dégouline de moments d’espérance, prouvant qu’il faut savoir se battre et faire face aux épreuves parfois implacables que peut nous infliger notre parcours terrestre.  

En somme, c’est un livre fort par le choix de ses thèmes, ses locutions et ses mots, un opus pour signifier à ses lecteurs qu’il ne faut jamais reculer face à l’adversité et rester pugnace, quoique qu’il advienne.

Un de ces ouvrages qu’il faut avoir lu pour reprendre confiance en soi, offrant même de judicieuses clés pour un avenir meilleur.

Il faut s’imprégner aussi des deux préambules, narrés tout en finesse et délicatesse par l’auteur qui ouvrent cet opuscule. Il y a celui adressé à son père, disparu il y a peu. Emouvant et triste. « Perdre son père, c’est perdre une partie de soi…Papa, je t’aime et tu me manques… ».

Que dire de la lettre écrite à l’intention de ses deux neveux, âgés de trois et huit ans. « Je n’aurai jamais d’enfants car je ne souhaite pas qu’ils endurent ce que j’ai pu vivre dans ma jeunesse : un traumatisme, même si je suis convaincu que vous connaîtrez une existence merveilleuse… ». Un choix irréversible ?

Des phrases qui mettent des bleus à l’âme et qui permettent de mieux comprendre qui se cache véritablement derrière la vêture de Rémi PROU-MELINE, trublion parfois dérangeant et détesté de la sphère publique locale – les insultes récurrentes qui tombent comme à Gravelotte sur les réseaux sociaux l’attestent et dont il fait fi en les ignorant – et comment il fonctionne réellement dans ce quotidien curieux que l’on appelle civilisé et moderne, fait de haine, d’incivilité et de violence.

Plus qu’une mise à nu retraçant le parcours de vie chaotique et en souffrance de son auteur, cet ouvrage à ligne ouverte veut rétablir la vérité – les vérités – en l’auréolant de lumière pour mieux combattre les ténèbres…Celles de ce monde dont il est urgent de revoir la copie...

 

 

En savoir plus :

Séance de dédicaces de Rémi PROU-MELINE

Librairie Obliques à Auxerre

Le samedi 26 novembre 2022

De 11h à 13h et de 14h à 18 h

Ouvrage : « Réservoir de vie »

Vendu à 15 euros.

 

Thierry BRET

 

L’équilibre entre ce qui relève de la sphère privée ou de la chose publique ne cesse d’évoluer, tant les frontières sont mouvantes. La « peopolisation » du monde politique en est un exemple marquant depuis plusieurs années. Comme l’est, la mainmise des réseaux sociaux sur notre quotidien. Un sujet d’importance que le conseil scientifique du Cercle Condorcet Auxerrois a choisi pour trame de ses travaux cette année. Avec pas moins de onze tables rondes au programme….

AUXERRE : Comme à l’accoutumée, il y a eu un plateau de choix pour les animer, parmi lesquels nombre d’intervenants de renom, qu’il s’agisse de l’historienne Michelle PERROT, de la journaliste et réalisatrice Mireille DUMAS, de la romancière Carole MARTINEZ, du politologue Pascal PERRINEAU ou bien encore de l’ethnologue Pascal DIBIE, aux attaches départementales bien connues.  

Avant même la première table ronde de la matinée, les discours introductifs ont donné le ton, rappelant combien l’instrumentalisation de la vie privée pouvait fragiliser la vie publique.

L’adjointe à la Ville d’Auxerre en charge de la Culture, Céline BÄHR s’interroge : « comment concilier dans nos démocraties le respect de ce qui est indéniable et l’exigence de transparence ? Comment trouver un équilibre qui garantisse à la fois les libertés de l’individu et celle des citoyens… ? ».

Glosant sur les dérives, en la matière, du politique au travers d’exemples récents : « le rendez-vous galant à Disneyland, le divorce annoncé sur un plateau télé, l’écart de conduite en scooter n’ont pas redoré le blason de la fonction présidentielle… ! ».

 

 

A la recherche du quart d’heure de célébrité dans les médias…

 

Même constat pour la Conseillère régionale Isabelle POIFOL-FERREIRA : « privé de plus en plus de son aura, de ses attributs et de ses pouvoirs, l’homme politique croit nécessaire pour acquérir une valeur symbolique, de performer dans les médias, d’incarner une histoire dans laquelle il connecte à la fois des éléments de sa vie privée et de sa vie publique… ».

Dénonçant au passage le rôle joué dans cette porosité entre vie privée et vie publique, par la télévision au travers des premières émissions de télé réalité, repris depuis, via Internet et les réseaux sociaux : « on souhaite tous notre quart d’heure de célébrité, comme disait Andy WARHOL, mais cette célébrité a un prix et tous ne peuvent pas l’assumer, car on sait que s’exposer, c’est aussi se mettre en danger… ».

Dévoiler son intimité sous les feux des projecteurs n’est pas anodin car il est de plus en plus difficile d’en conserver le mystère face aux outils de communication désormais sans limites : « je n’ai jamais compris ce besoin de raconter sa vie dans les médias, c’est fascinant, mais c’est aussi effrayant… ».

 


Une frontière de plus en plus ténue qui pose aussi le problème de l’aspect mercantile des choses, rappelle Valentine ZUBER, présidente du Conseil scientifique des Entretiens : « à travers des méthodes commerciales plus ou moins encadrées, ce phénomène d’exposition de soi pose de réelles questions car il existe aujourd’hui toute une économie liée à cette publicisation de l’espace privé… ».

Notamment au travers du rôle de plus en plus prégnant joué auprès des plus jeunes par les influenceuses et influenceurs de tous horizons.

 

Protéger et accompagner cette école laïque et publique, le joyau de tous…

 

Les Entretiens d’Auxerre accueillaient cette année, et pour la première fois, une classe d’élève du lycée Fourier qui, après avoir travaillé en amont avec leurs enseignants sur le thème retenu autour d’un programme spécifique, ont planché en ateliers et échangé avec un certain nombre d’intervenants, le temps de la manifestation.

Une belle manière de renforcer la relation avec un public plus jeune, rappelle le président du Cercle Condorcet Auxerrois, Sylvain JOLITON, qui en souligne toute l’importance : « nous pensons que notre école publique, laïque, il faut la protéger, l’accompagner quand on peut le faire et surtout, il faut la choyer. Cette école laïque et publique à laquelle on tient tant, est précieuse et c’est notre joyau à tous… ».

 Concluant dans un sourire, face à un parterre où les cheveux blancs sont la norme : « vous comprenez pourquoi d’un seul coup, nous rajeunissons… ! ».   

 

Dominique BERNERD

 

 

 

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