Le grand écrivain Gabriel GARCIA MARQUEZ avait coutume de dire que « tout le monde a trois vies : une vie publique, une vie privée et une vie secrète. » Comment trouver sa route quand on passe parfois ainsi subitement, de l’ombre à la lumière ? Comment en qualité d’élue conjuguer vie professionnelle et engagement politique, tout en préservant son univers marital ? Autant de thèmes abordés cette année lors des « Entretiens d’Auxerre », avec notamment le témoignage de la sénatrice de l’Yonne Dominique VERIEN et l’interview vidéo de Mazarine PINGEOT, écrivaine et philosophe, dont l’enfance invisible vola un jour en éclat, après que fut dévoilée sa filiation avec un Président de la République qui avait pour nom François MITTERRAND…     

 

AUXERRE : Passer ainsi de façon brutale de l’ombre à la lumière, sans y être vraiment préparée est un exercice périlleux reconnaît la fille de l’ancien président, devenue très vite l’objet de tous les regards, de toutes les rumeurs et des conversations : « un objet économique qui à une époque, faisait vivre certains organes de presse..., soulignant dans un sourire, « être démonétisée aujourd’hui ! ».

Mazarine PINGEOT se veut confiante : « la vie privée a été récupérée par l’espace public mais pas nécessairement l’intimité et d’une certaine manière, les frontières se redessinent… ».

Reste que l’exposition au monde est un exercice dangereux : « vous donnez quelque chose aux autres sur laquelle vous êtes dépossédée de votre pouvoir… ». Une indistinction entre espace public et privé, qui à ses yeux est incompatible avec toute activité politique : « d’abord, je ne trouve pas très intéressant que l’on puisse interroger ainsi la vie privée des personnages publics, sauf à considérer que cela participe au message politique. Je ne vois pas non plus en quoi cela éclaire, mais au contraire, pense que la politique en est rabaissée… ».

 

 

La vie publique est tellement chronophage qu’elle met à mal la vie privée…

 

Siégeant depuis cinq ans sur les bancs du Sénat, Dominique VERIEN fait partie de ces élus de terrain qui ont à cœur de sillonner leur circonscription pour en prendre le pouls. Une activité particulièrement chronophage le week-end, pouvant si l’on n’y prend garde, mettre à mal toute vie privée. L’élue de Puisaye le reconnaît : « avant de pouvoir aller vers des fonctions nationales qui pour le coup sont assez prenantes, il est clair que ça ne peut se faire sans l’accord de l’autre au risque de ne pas durer longtemps et se solde par un divorce ! ».

La politique occupe une telle place lorsqu’elle se professionnalise, qu’il est parfois difficile pour le conjoint ou la conjointe de ne pas être partie prenante, au moins pour ne pas mettre en péril la vie de couple : « on sait séparer vie privée et vie publique, mais cette dernière est tellement chronophage que si l’on veut parvenir à se voir, il accepte de me suivre parfois le week-end… » .

Avouant d’un trait d’humour, qu’il lui est plus facile de le convaincre à l’accompagner lorsqu’elle se rend à la Fête des vins de Chablis ou à la Foire aux truffes de Noyers que pour poser une première pierre !

 

 

 

 

 

L’affaire CLINTON-LEWINSKY a bouleversé l’ordre des choses…

 

Dans un tout autre registre, la journaliste et réalisatrice Mireille DUMAS, dont les émissions ont fait les belles heures de France Télévisions, a apporté son témoignage sur sa perception de l’intime.

Présentée par l’ethnologue Pascal DIBIE comme « une portraitiste de notre époque », l’animatrice pour qui, « tout ce qui est humain ne m’est pas étranger… » est devenue célèbre avec des programmes de fin de soirée dont tout le monde se souvient : « Bas les masques ! », « La vie à l’endroit » ou encore, « Vie privée, vie publique ».

Avant elle, nombre de sujets comme l’homosexualité, les violences faites aux femmes, la transsexualité étaient tabous à la télévision : « nous étions dans une société où la parole était donnée à ceux qui avaient le pouvoir de la prendre, intellectuels, milieux bourgeois, on n’entendait pas les anonymes parler de leur vie… ».

La fin des années 90 avec notamment l’affaire CLINTON-LEWINSKY a bouleversé l’ordre des choses : « pour la première fois, la vie privée d’un homme politique était mise sur la place publique. Des questions se sont posées et ont changé la donne, comme de savoir jusqu’où on peut aller dans la transparence, ce qu’il faut dire ou ne pas dire… » ;

Pour Mireille DUMAS, les frontières s’installent naturellement, dès lors que ses invités venus témoigner le font dans une démarche volontaire et personnelle : « après, cela se fait à l’intuition, je sentais jusqu’où je pouvais aller et quand je ressentais être à la limite, je n’y allais pas… ».

Comme de tradition, le sujet des « Entretiens 2023 » retenu par l’équipe du Conseil scientifique a été dévoilé à l’issue de cette édition. L’an prochain, les invités débattront sur le thème : « Où va le monde ? Penser, s’engager, résister ». Avec, mais faut-il s’en réjouir, matière en la demeure !

 

Dominique BERNERD

 

 

Ca y est, nous y sommes ! Douze ans après que le mondial ait été attribué au pays des « mille-et-une nuits », le surprenant et richissime Qatar, les bonnes consciences et les moralisateurs de notre société sortent enfin de leur léthargie, en poussant des cris d’orfraie à qui mieux mieux, contre la tenue de l’un des tout premiers évènements sportifs de la planète, la Coupe du Monde de football.

Faut-il y participer ? Ne vaudrait-il mieux pas boycotter la nation organisatrice et sa cohorte de préjudices commis au nom du sacro-saint (et légitime) principe des Droits de l’Homme ? Doit-on parler de ce grand raout universel et populaire dans les colonnes des journaux ? La France, championne du monde en titre, aurait-elle dû y prendre part ? Qu’en pensent d’ailleurs les dirigeants de la fédération nationale et les joueurs eux-mêmes, quasiment très discrets sur le sujet ?

Depuis quelques semaines déjà, débatteurs et empêcheurs de tourner en rond s’étripent à longueur de journée dans d’insupportables « talk-shows » diffusés en boucle et au parisianisme éprouvé, se renvoyant à la tête et parfois dans un langage châtié les principes issus du siècle des Lumières, ceux de la liberté de pensée, sans omettre la tolérance des LGBT, le besoin de boire de l’alcool, l’émancipation de la femme et tutti quanti.

Bref, tout cela nous est sorti dans un grand fatras d’arguments et son contraire entre les pour et les contre de ce qui reste finalement un simple évènement sportif à l’échelle mondiale, qui nous revient à la figure tous les quatre ans. Même les professionnels des bars et restaurants se sont invités avec pour certains d’entre eux le désir de refuser de transmettre la moindre image de l’évènement dans leurs établissements…

 

 

Premier revers à la liberté : le refus de vendre de la bière près des stades…

 

D’ailleurs, de mémoire, en 2018, lors de la dernière édition se disputant en…Russie, là même où la France décrocha sa deuxième étoile mondiale à floquer sur le maillot bleu, il n’y eut aucun mouvement d’humeur aussi virulent de la part des consciences et des personnes bien pensantes et zélatrices pour en interdire le déroulement.

A croire que dans un régime aussi « démocratique » et vertueux que celui exercé alors par un Vladimir POUTINE encore très fréquentable aux yeux de la planète, on pouvait s’autoriser un petit écart géographique du côté de la Volga sans que cela ne puisse nous empêcher de dormir ! Que dire aussi de l’Italie fascisante de MUSSOLINI en 1934 ou de l’Argentine des généraux en 1978 qui furent retenus par la FIFA ?

Ceci dit, avec le Qatar, serait-ce si différent en vérité ? C’est vrai, d’une part, les Droits de l’Homme y sont bafoués à longueur de journée – tiens, tiens, cela n’arrive jamais dans l’ex-empire des tsars par exemple ?!- ; les travailleurs immigrés y sont employés dans des tâches dignes de l’esclavagisme moderne en étant payés à coup de lance pierre et leur liberté surveillée puisque les passeports sont confisqués dès leur arrivée ; les femmes y sont traitées comme des « chiens » – c’est même proprement insultant pour nos amis canidés à qui l’ont accordent sur place davantage d’intérêt ! - ; les homosexuels y sont honnis de manière vigoureuse ; quant à déguster quelques bonnes bières au coin des rues de Doha, la capitale de cet état des émiratis, rideau, il faudra repasser !

D’ailleurs, à ce titre, et au nez et à la barbe de fakir des dirigeants de la FIFA qui en sont encore tout éberlués – les mêmes qui ont facilité l’accueil hasardeux et lucratif de la compétition dans ce petit bout de terre du Moyen-Orient qui n’y connaissait rien au football -, les autorités ont décidé subrepticement de ne plus commercialiser d’alcool aux abords des stades, au grand dam des supporters, revenant ainsi sur l’un des arguments promotionnels majeurs pour attirer les touristes !

Un premier pied de nez fait aux principes fondamentaux de la démocratie et à l’état d’esprit de liesse permanente mais maîtrisé qui doit régner dans l’organisation d’un tel rendez-vous, fédérateur de retrouvailles heureuses d’une jeunesse (et pas que !) sachant s’amuser raisonnablement !

 

 

Les consciences ont du grain à moudre même si l’évènement fait rêver…

 

On en n’est donc pas à une surprise près, avec ce mondial pour le moins exotique – ça l’est déjà avec le calendrier totalement inattendu qui nous est proposé là - avec une compétition se déroulant en plein hiver même si le Qatar ne risque pas les gelées matinales et le brouillard humide des jours de grisaille glauques que nous connaissons séant

Bien sûr, ce Mondial 2022 ne ressemblera à aucune autre édition. Avec la construction de ces immenses stades, sans doute loin d’être remplis pendant et une fois la compétition pliée car le Qatar ne possède pas la culture footballistique, ayant besoin d’être climatisés en permanence – à l’heure de la transition écologique et de la récession de l’énergie qui nous guette, cela fait un peu mal aux porte-monnaie des Occidentaux, non ? -, avec ces milliers de décès survenus durant l’édification de ces infrastructures sorties comme des mirages des portes du désert – Népalais et Philippins, esclaves des temps modernes usés jusqu’au trognon dans ce continent de plus en plus outrancier avec l’humain qu’est devenu l’Asie en sont les principales victimes - ; avec les fastes et somptueuses dépenses des pétrodollars injectés à tout crin pour accueillir de « faux supporters » mais peut-être bien de vrais blanchisseurs d’argent sale dans de superbes palaces ; avec certains de ces footballeurs multimillionnaires qui vivent totalement hors sol et imbus de leur personne dans leurs bulles de savon de marque, entre grand luxe et volupté, et qui n’ont que faire de la miséricorde du monde…

Bref, entre grandiloquence et magouilles, c’est vrai que les consciences ont du grain à moudre pour tirer à boulet rouge sur cette épreuve qui fera cependant rêver malgré tout aux quatre coins de la planète, y compris, voire surtout parmi les populations les plus désarmées et les plus précaires face aux affres de la vie, suscitant peut-être un peu d’espoir, de joie et… de répit.

 

 

Il ne faut pas politiser le sport…

 

Le football est le sport roi de la planète Terre. Il le restera pour longtemps quoiqu’on en dise, et quoiqu’on en pense après cette compétition « politiquement incorrecte » à bien des égards. Comme d’autres depuis l’instauration de la Coupe Jules RIMET en 1930.

Toutefois, une question intrigue. Pourquoi aura-t-il-fallu attendre douze longues années pour évoquer enfin de cette problématique « Qatar » qui perturbe tant les âmes bien pensantes ? Tous les arguments évoqués par les détracteurs étaient connus ou semblaient l’être à l’origine de ce dossier, sans qu’il n’y ait eu de la moindre pression politique pour tenter de changer de braquet en cours de route. Même Emmanuel MACRON a avoué ces jours-ci qu’il ne fallait pas politiser le sport…

Entre paillettes, hypocrisie et mirages, c’est bien l’univers du football dans son ensemble qui a choisi en son âme et conscience de donner « sa » Coupe du monde au Qatar, non pas dans un souci de simple équité géographique sportive mais plutôt pour l’appât du gain et de l’argent facile émanant de ces pays du Golfe, grands pourvoyeurs de précieux subsides qui servent ensuite à financer les projets de plus en plus gargantuesques des organisateurs.

La péninsule arabique ne va-t-elle pas accueillir en 2023, grâce à des infrastructures somptuaires dignes des pharaons, les futurs Jeux d’Asie des sports d’hiver alors que l’Arabie Saoudite n’a pas vu le moindre flocon de neige tombé sur son sol depuis 85 ans ?     

Thierry BRET

 

Le rendez-vous est programmé de manière annuelle. Un rituel planétaire s’organisant sous l’égide des Nations Unies, immuable depuis 1994. Il a pour vocation de se pencher sur l’état du globe et d’en faire son check-up, à la manière d’un praticien qui examine l’état de santé d’un malade. Avec comme fil conducteur, l’étude et l’analyse du climat, observé sur la Terre.

Nom de baptême : la COP ! Cela signifie la « Conférence des Parties ». Toutes celles et ceux qui en fait sont concernés par l’évolution très inquiétante de ce réchauffement climatique, inexorable d’année en année. Et qui nous préoccupe véritablement depuis une trentaine de saisons.

Pour cette édition 2022, ce grand « Barnum » à la substance intellectuelle internationale s’est posé en Egypte, sur les bords de la Mer Rouge, chère à Henry de MONFREID qui nous en dévoila ses secrets dans l’un de ses ouvrages de référence. Précisément dans l’une des stations balnéaires plutôt huppées de la « jet set » du Moyen-Orient, à Charm-El-Cheikh. On n’ose imaginer le bilan carbone final d’un tel raout avec ses jets privés, ses nuits d’hôtel, ses va-et-vient automobiles afin de transporter les participants, son gaspillage énergétique et alimentaire !

 

Plus d’hiver, trop d’été, pas de printemps, et un automne qui se nomme l’été indien…

 

Une quinzaine de jours de présence in situ, se muant en conférences, débats, rencontres, échanges, causeries, monologues, soliloques et autres dialogues sur le fléau numéro un qui perturbe les conditions de vie terrestre actuelle des humains, de la faune et de la flore : les caprices de « Dame météo » et de son imprévisible climat.

Ainsi, le site enchanteur de cette localité d’Egypte si exotique et évocatrice de farniente ensoleillé est envahi depuis le 06 novembre par des centaines et des centaines de participants de toutes les nations que compte la planète qu’ils soient chefs d’Etat – ils étaient cent-dix à représenter leur pays le jour de l’ouverture officielle -, scientifiques, représentants des ONG, journalistes, spécialistes, technocrates, manifestants, voire touristes ?

Bref, un endroit où tous les projecteurs sont braqués afin de tâter le pouls de cette « bonne vieille Terre » qui ne tourne plus très rond au niveau de sa climatologie. Plus d’hiver, trop d’été, pas de printemps, et un automne qui se métamorphose dorénavant en un prolongement inéluctable de la période estivale, ce que l’on qualifierait volontiers d’été « indien » dans la belle province de Québec, à faire sourire les adeptes de la bronzette à haute dose d’UV et de crème solaire mais qui réduit à néant tous les efforts professionnels de filières agricoles désargentées.

 

 

La planète va-t-elle tout droit vers son « suicide collectif » ?

 

Certes, les climato-sceptiques – ils sont légion à vouloir s’exprimer aux quatre coins de notre monde - nient pourtant l’évidence, à grand renfort de théories du « complot » et autres « désinformations » relayées abondamment par les canaux du multimédia. Mais, l’heure n’est désormais plus aux tergiversations face à une réalité tangible : il est donc temps de passer aux actions !

Et c’est bien là où le bât blesse avec toutes ces grandes concentrations internationales à répétition. Bien sûr, elles ont le mérite d’exister, au moins pour éveiller les consciences aveugles. Mais, au fond, à quoi servent réellement les COP qui s’accumulent tel un métronome singulier depuis vingt-sept ans ?

Si l’on analyse l’aspect positif des choses – il y en a rassurez-vous ! -, les COP auront permis la signature de plusieurs traités visant, je cite, « à stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère pour empêcher toute interférence dangereuse de l’activité humaine sur le système climatique ». On le sait : 197 pays ont paraphé cet accord historique.

 

 

 

Puis, il y eut des avenants à ce traité liminaire. En 1997, avec le Protocole de Kyoto, puis avec l’Accord de Paris, en 2015. Des additifs capitaux ayant permis de négocier diverses extensions du document initial pour établir des limites d’émissions de ces fameux gaz à effet de serre, juridiquement contraignantes.

La résultante de tout cela était la suivante : « tous les pays du monde ont convenu d’intensifier leurs efforts pour essayer de limiter le réchauffement climatique à 1,5 ° C au-dessus des températures préindustrielles et renforcer le financement de l’action pour le climat ».

Sage décision pour le principe, apposée au bas de ces parchemins. Or, le secrétaire général de l’ONU, Antonio GUTERRES, dans son allocution inaugurale, s’est montré beaucoup plus alarmiste que prévu sur la réalité des choses.

Précisant que la planète allait tout droit vers son « suicide collectif » si on ne stoppait pas immédiatement cette course à la surconsommation, à la surproductivité inutile à outrance, à l’enrayement de cette folle spirale qui nous mène droit vers les abysses.

 

Une hausse inéluctable des températures de 2,7 à 3° C d’ici 2050 ?

 

Lucide et résigné, le haut fonctionnaire au service de l’humanité croit-il vraiment un instant en la pertinence de ces rendez-vous qui permettent de faire toute la lumière, une fois l’an, sur tous les maux climatiques de la planète avant qu’ils ne soient oubliés ou presque le reste de l’année ?

Dans sa déclaration faisant office de préambule à l’évènement, le responsable de l’ONU a parlé d’un « acompte » sur les solutions climatiques devant répondre à l’ampleur du problème que devait déposer l’ensemble des pays du globe. Mais, est-ce que les dirigeants de ces différents états qui nous gouvernent sont réellement à la hauteur de cette ambition ?

On peut en douter à plus d’un titre. Dans un contexte d’évènements météorologiques sans précédent que l’humanité a dû affronter en 2022 et où viennent se greffer depuis la crise énergétique nourricière de tous les pans de l’activité économique avec sa poussée inflationniste à deux chiffres et un conflit improbable mais réel en Ukraine, provoqué par les velléités impérialistes de la Russie, qui nous renvoie à la crise belliqueuse de 1939, qui allait enflammer la Terre dans une Seconde Guerre mondiale dévastatrice.

Le message d’Antonio GUTERRES est sans appel : s’appuyant sur les données scientifiques et le fameux rapport du GIEC, il est clair que le monde ne fait pas assez pour lutter contre les émissions de carbone qui polluent notre atmosphère et accélèrent le réchauffement climatique.

Loin des 1,5 ° C à respecter coûte que coûte pour tenter espérer freiner l’impensable, les experts nous livrent déjà des chiffres qui font froid dans le dos à plus de 2,7, voire de 3 degrés de hausse des températures d’ici 2050 !

 

 

Seules la Chine et la Russie, pourtant pollueuses extrêmes de la planète, sont absentes…

 

Interrogé sur « l’opération militaire spéciale » que Moscou a déclenchée de manière presque fortuite et irréfléchie vers son voisin ukrainien, avec les vieux fantômes de la nucléarisation du conflit, un éminent spécialiste de la question climatique a rétorqué à l’un des journalistes l’interrogeant sur le sujet il y a peu que « le réchauffement climatique en cours et à venir était beaucoup dangereux et meurtrier que l’utilisation d’une bombe nucléaire tactique, voire stratégique » !     

C’est tout dire ! Mais, comment peut-on alors aborder l’universalisme de cette problématique si angoissante pour l’avenir de la Terre et de ses huit milliards d’êtres y vivants – sans omettre les animaux et les végétaux – quand on voit que les deux pays les plus pollueurs de la planète, en l’occurrence la Chine et la Russie – toujours dans les bons coups décidément – sont absents de ce rendez-vous pourtant jugé capital par l’ensemble des observateurs ?

A croire que les autocraties se « contre-foutent » royalement de tout ce qui se rapporte à l’environnement, dans lequel elles sévissent si bien pourtant en exerçant des pressions inflexibles sur le marché de l’énergie !

 

Thierry BRET

 

Président et grand maître de la Confrérie des Trois Ceps, Elie PARATRE est, avec cette autre figure emblématique de Saint-Bris-le-Vineux qu’était Michel ESCLAVY (vigneron et membre fondateur des Caves Bailly-Lapierre, aujourd’hui décédé), à l’origine de ce fameux concours dont la première édition s’est déroulée le 06 novembre 1990. Souvenirs…

 

COULANGES-LA-VINEUSE : L’audience en était alors confidentielle : « c’était l’époque où les vins ne se vendaient pas faute de clientèle comme à Chablis et l’idée a germé de faire un concours entre nous. S’est créée une petite commission de vignerons, où lors de fêtes de villages, de banquets, ils ont commencé à apporter leurs vins pour les déguster, les commenter et les noter de manière informelle… » .

Il fallut attendre 1996 pour obtenir du ministère de l’Economie, des Finances et de la Répression des Fraudes, la reconnaissance officielle du concours. Une homologation se traduisant par l’apposition sur les bouteilles médaillées, d’un macaron distinctif, directement inspiré de la représentation du vigneron en vendanges sculpté dans la pierre, découvert sur le site gallo-romain d’Escolives.

Cette année-là, lors de la trente-troisième fête des Vins, quarante-et-une caves étaient en compétition, pour 126 échantillons présentés, vingt-deux dégustateurs et trente médailles collectées.

 

 

Des jalousies et des polémiques du fait de certains beaux parleurs…

 

La vigne n’est pas un « long fleuve tranquille » et à l’époque, le concours faisait aussi des mécontents : « beaucoup de jalousies sont nées, car tout le monde ne recevait pas un prix ! ».

Autre sujet portant à polémique lorsque les organisateurs décidèrent d’en modifier les règles en instaurant le principe que sur une même table, aucun juré ne déguste le même échantillon : « avec Michel, on ne s’est pas fait que des amis ! A l’époque, certains beaux parleurs, loin d’être de bons dégustateurs, imposaient leur loi à d’autres, avec le risque de fausser les résultats… ».

Plume « officielle » de la tribune éditée par la Confrérie, Elie PARATRE y relate notamment chaque année les résultats du concours des Vins du Grand Auxerrois, usant d’un style mêlant sérieux et bonhomie, à l’image de la belle personne qu’il est depuis toujours.

 

Dominique BERNERD

 

Civil ou militaire ? Tactique ou stratégique ? A des fins énergétiques ou résolument destructrices ? Avouez que nous n’avons que l’embarras du choix dans le flux de paroles qui y fait allusion depuis le début de l’année.

Jamais, ce terme, « nucléaire » aux implications si particulières, réservé d’ordinaire aux seuls initiés de la chose militaire et à ceux de la production d’énergie, un tantinet galvaudé par certains quant à sa réelle utilisation finale, n’aura été autant employé à bon ou à mauvais escient qu’en cette année de grâce 2022 !

Le nucléaire est très tendance, visiblement, dans certaines coteries politiques et l’on se demande si cette course à l’échalote effrénée prendra fin de manière définitive un jour ou l’autre. Peut-être en 2023 ? En tout cas, prions et espérons !

Jusque-là, nous ne retenions du nucléaire, le plus souvent en nos qualités d’être civilisés,  que la définition pragmatique servant à qualifier les centrales énergétiques devant nous alimenter en électricité au quotidien.

C’est vrai avec ses 56 réacteurs, l’Hexagone détient le pompon de la présence nucléaire civile au niveau quantitatif sur le Vieux continent, même si les plus importantes infrastructures se situent plutôt à l’est, notamment en Ukraine avec le non moins célèbre site de Zaporijia, placé sous le feu nourri des projecteurs d’une actualité bouillonnante depuis plusieurs semaines.

 

6 000 ogives prêtes à être défouraillées vers les cibles de l’Occident…

 

Le feu nourri n’est pas une métaphore, par ailleurs, puisque c’est l’un des enjeux essentiels des Russes qui ont envahi le pays. Y compris en matière de hold-up des complexes structurels fabricants de l’énergie au nez et à la barbe de l’AEIA.

Les Russes ? Tiens, parlons-en ! Ils sont les champions du monde toute catégorie de la rhétorique vindicative actuelle autour du nucléaire et de son usage, loin d’être pacifique, on l’aura compris. L’utilisant à toutes les sauces, avec des conséquences très lourdes de menaces pour la sécurité de la planète.

Même si, sur un plan faussement diplomatique, Vladimir POUTINE n’emploie jamais ce terme dans sa frénésie guerrière et jusqu’au-boutiste à l’encontre de l’Occident dont il faut « désataniser » ses habitants, les Russes n’y vont pas avec le dos de la cuiller depuis le mois de février avec cette thématique jusque-là tabou. Il n’y a qu’à écouter les sbires de l’homme fort du Kremlin journellement pour le constater.

L’objectif est donc de faire peur. Evidemment, de dramatiser à outrance la situation. De montrer ses muscles d’humain viril en mettant en avant la puissante armada que l’Armée Rouge possède en la matière !

Près de 6 000 têtes nucléaires prêtes à être défouraillées à n’importe quel moment de la journée depuis un silo enfoui sur un pas de tir aux tréfonds du Caucase ou depuis un sous-marin naviguant en eaux troubles près des côtes bretonnes pour mieux anéantir ces « décadents » d’Occidentaux. Rien que cela !

 

 

 

« Si tu veux la paix, prépare la guerre… disait Jules CESAR…

 

De quoi pulvériser, si ces ogives étaient toutes expédiées en simultanée, la Terre, la Lune et peut-être le système solaire dans son intégralité ! Bref : un Vladimir POUTINE en véritable maître du monde – ce dont il rêve depuis si longtemps – avec son odieux chantage permanent et en prince de ces ténèbres qui ne manqueraient pas de recouvrir l’Univers d’un voile funeste si tel lui en prenait l’envie.

Car, ne l’oublions jamais – et c’est le principe charmant mais obligatoire de la dissuasion – les Occidentaux sont pourvus des mêmes moyens technologiques en matière d’armement, à la virgule près. Donc, gare à leurs réactions !  

Ce qui peut nous rassurer à bien des égards car depuis la fin du second conflit mondial, la paix sur la planète Terre n’a pu être préservée de manière internationale que grâce au nucléaire et à ses atomes dévastateurs.

L’humain ne s’est finalement contenté en guise d’exutoire que de « petits » conflits localisés dans des zones très précises pour tester ses capacités militaires et assouvir ses arrogances belliqueuses sans que cela ne mette en péril inéluctable la survie du globe.

On prête d’ailleurs  à Jules CESAR, la fameuse maxime latine : « si vis pacem, para bellum… » (Si tu veux la paix, prépare la guerre), tellement actuelle en ce XXIème siècle. Une phrase qui inspira, ironie du sort, le fameux fabricant d’armes allemand (DMW) qui repris l’un de ses éléments de langage pour en faire une marque déposée, se rapportant aux armes à feu et aux minutions sorties de ses usines, universellement reconnues, sous l’estampille « PARABELLUM » !

 

 

Un axe du « mal » autour de la propagande nucléaire…

  

Mais, ce désir de feu nucléaire que l’on nous promet tous les quatre matins depuis bientôt neuf mois – il suffit de voir ce que les télévisions russes d’Etat diffusent chaque soir à heure de grande écoute avec des propagandistes aussi grotesques les uns que les autres qui rivalisent ente eux de haine et d’âneries – s’il n’a pas encore été tiré, se propage à la vitesse de l’éclair dans d’autres endroits aussi chauds bouillants de la planète.

A commencer par l’allié inconditionnel de la Russie, la très hermétique Corée du Nord avec la voix « divine » de son leader Kim Jong-Un. Ou l’itinéraire d’un dictateur version enfant gâté, héritier de son grand-père et de son père – il s’est débarrassé en les faisant assassiner de son frère et de ses oncles –, qui ne cesse de jouer au personnage ubuesque du docteur « FOLAMOUR » en permanence depuis sa tour d’ivoire à Pyongyang avec ses généraux de paillettes !

Rien qu’au cours de cette dernière quinzaine, il aura été balancé aux abords de la Corée du Sud et du Japon, jusqu’à survoler l’archipel à la grande peur de ses habitants tétanisés, la bagatelle d’une vingtaine de missiles balistiques qui pourraient potentiellement être chargés d’ogives atomiques.

Quant à l’Iran, autre état sympathique et tolérant à bien des égards pour les défenseurs de la liberté, de l’émancipation des femmes et de la démocratie, il vient de reconnaître, à date, la présence de ses drones meurtriers qui sont fournis à la Russie pour mieux tuer les civils Ukrainiens.

Un partenariat logique avec Moscou puisque tous les spécialistes s’accordent à dire que les Russes fournissent à l’heure actuelle tous les ingrédients nécessaires dont les mollahs ont besoin pour se doter, eux-aussi, de la…bombe A !

Bref, il serait grand temps que ces puissances arrêtent de jouer avec un feu infernal dont ils ne maîtriseraient pas les impacts réels en cas d’utilisation.

Et que leurs dirigeants ou leurs subordonnés de paille cessent de nous « irradier » continuellement avec cette logorrhée apocalyptique de mauvais aloi que les médias en boucle décortiquent du soir au matin et du matin au soir avec tant de délectation…

 

Thierry BRET

 

 

 

 

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