C’était prévisible. La corde a fini par casser. A force de vouloir tirer dessus. En l’espace de deux semaines, le secteur de la sous-traitance de l’industrie automobile vient de prendre deux revers magistraux dans la face au nord de la Bourgogne.

Une de ces gifles violentes (pour ne pas dire un coup de poing fortement asséné) qui laisse longtemps l’empreinte rougeoyante des doigts de celui qui l’administre sur le visage endolori par la souffrance de son bénéficiaire. 

Plongeant dans la stupéfaction, le doute et l’inquiétude celles et ceux qui y apportent leur savoir-faire au quotidien. A défaut, les institutionnels et les représentants de la classe politique, tous médusés par la tournure subreptice des évènements.

 

 

La concurrence déloyale de l’Europe, faite de dumping social…

 

Deux fleurons de ce segment industriel qui a fait la renommée jadis de ce département de l’Yonne subissent des destins quasi similaires, faits de difficultés financières âpres et de concurrence déloyale imputable au dumping social et à la faiblesse du coût du travail, ailleurs.

Leurs noms sont connus de bon nombre de salariés, cadres et ouvriers, qui y exercent le plus souvent leurs compétences en couple dans notre contrée : AUTOMOTIVE LIGHTNING et BENTELER.

Des poids lourds nourriciers et synonymes d’emploi dans un département où la sinistrose industrielle s’est révélée au grand jour dès les premiers soubresauts de la crise sanitaire. Frappant aussi la filiale de l’aéronautique dont on se fait écho régulièrement dans ces colonnes.

Si le premier de ces deux dossiers est suspendu à la décision possible d’un repreneur générant la reprise de l’activité après quelques jours de débrayage, la seconde affaire vire au cauchemar pour les quatre cents collaborateurs de l’enseigne allemande dont l’usine devrait fermer définitivement ses portes. Dès 2022 ? A ce jour, ils sont condamnés à se préparer à aller pointer au chômage en attendant peut-être le retour de jours meilleurs…

 

 

Du personnel à la trappe et jeté comme de vulgaires Kleenex…

 

Sale semaine donc pour le département le plus proche de l’Ile-de-France, qui devrait en capter en toute logique tous les bénéfices en matière d’investissements et qui vient de s’enorgueillir de sa nouvelle contribution à l’essor et au développement de son attractivité entrepreneuriale via l’officialisation de son appartenance à « Territoire d’Industrie » !

Le coup porté au cœur est dur à avaler. Coupant net le souffle à celles et à ceux qui se lèvent tôt le matin pour remplir leurs tâches coutumières besogneuses dans l’intérêt commun : celui de la rentabilité économique (et surtout le profit) de ces entreprises peu scrupuleuses qui se moquent éperdument de leurs ressources humaines (tout juste des Kleenex bons à jeter à la moindre opportunité dans la corbeille du chômage) et de l’attractivité territoriale qui a bon dos désormais.

Sous un prétexte fallacieux (le coût de l’énergie est moindre en Allemagne du fait de l’utilisation à outrance du charbon et de son importante ressource minière), les entrepreneurs n’hésitent pas à délocaliser de l’autre côté de la frontière (en l’occurrence le Rhin dans le cas présent mais ce type de situation a déjà été observé du côté de la Belgique) pour y installer leurs outils de production.

 

 

Et pourquoi ne pas pénaliser les entreprises qui choisissent le charbon ?

 

Normal : nous sommes à l’heure de l’Europe de Schengen, de ses facilités sauf administratives et normatives ( !) avec l’ouverture des postes frontières à tous les étages, que ce soit pour les humains (c’est une autre problématique avec la poussée migratoire déguisée à l’est de l’Europe), que ce soit aussi pour les biens productifs d’un pays changeant de quartiers comme l’on passe d’une case à l’autre au jeu de l’oie !

Quant au bilan carbone lié aux relocalisations de ces sites industriels, on repassera en effet ! Car, privilégier, voire encourager, le charbon pour alimenter les usines, ressource énergétique la plus polluante de la planète alors qu’on nous bassine tous les jours ou presque de manière infantile avec le tri des déchets, la pollution du diesel rejetant trop de particules (ce qui n’était pas évidemment le cas il y a quelques années en arrière pour en vendre davantage !) et la fermeture systématique du robinet d’eau froide pendant le brossage des dents prouve bel et bien que nous vivons dans un monde d’hypocrites et de tartuffes !

Mais tout cela, nous le savions déjà !

 

Thierry BRET

 

 

Les « Entretiens d’Auxerre » organisés par le Cercle Condorcet local fêtent cette année leur vingtième anniversaire. Ils se sont ouverts ce vendredi. Une édition qui mise sur l’optimisme et l’avenir, avec pour thème « Osons rêver ». De quoi redonner un peu de couleurs à la grisaille automnale et ambitionner un avenir étoffé d’espoir…

 

AUXERRE : « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans » poétisait Rimbaud… Mais doit-on se refuser à rêver quand on a trois ans de plus ? Président du Cercle Condorcet d’Auxerre, Sylvain JOLITON a ouvert les débats ce vendredi matin et retracé quelques souvenirs engrangés au fil de ces deux décennies. A commencer par ce repas partagé avec l’Auxerrois Michel MORINAU et le sociologue Michel WIEVIORKA, où fut évoquée pour la première fois l’idée d’un colloque annuel réunissant des intellectuels de tous horizons autour de sujets de société ou philosophiques.

C’est la voix nouée par l’émotion qu’il a évoqué ce douloureux samedi 14 novembre 2015, au lendemain des attentats parisiens, lorsque sur scène comme dans la salle, chacun s’évertuait à tenter de mettre des mots sur ce qui venait de se passer : « quand le chagrin fracasse la pensée, il faut la reconstruire par la parole et échanger dans la confrontation des idées et dans la compréhension du monde… ».

Rappelant que l’idée première de ces entretiens annuels était bien de s’opposer inlassablement à toute forme d’obscurantisme, « que ce soit par la pensée, la culture, la réflexion, l’intelligence, l’émotion, la controverse, la vie tout simplement… ».

 

 

Quand tout est interdit, il est quand même possible de rêver…

 

Oser et rêver : deux verbes à l’apparence antinomique, dont se sont inspirés les élus présents sur scène pour l’ouverture officielle du colloque. A l’image de l’adjointe en charge de la culture à la Ville, Céline BÄHR, pour qui le thème des Entretiens 2021 laisse supposer « que le rêve ne va pas de soi, que l’on pourrait voir ses rêves amoindris ou confisqués. Peut-on vraiment avoir le loisir de rêver quand on mène une vie soumise à la nécessité, peut-on rêver de ce que l’on ne connaît pas ? ». Citant notamment dans son discours la chef étoilée Anne-Sophie PIC et son plaidoyer « pour conjuguer l’insouciance de celle qui rêve et la détermination de celle qui ose… ».

Même accent philosophique pour la conseillère régionale, Isabelle POIFOL-FERREIRA, qui s’interroge sur la liberté même de rêver : « oser, c’est se donner le droit de franchir une barrière, mais quelle barrière franchir alors que le rêve est sans doute la première des libertés ? Quand tout est interdit, quand tout semble impossible, il est quand même possible de rêver… ». Soulignant combien il pouvait être difficile aujourd’hui de revendiquer toute forme d’utopie sans être marginalisé et perçu comme « irréaliste et doux rêveur ». 

 

 

Oser la politique, car ce n’est pas un gros mot…

 

« L’animal politique » qu’est Guillaume LARRIVÉ (dixit l’intéressé lui-même !), se revendique comme citoyen engagé dans la vie de la cité : « oser, nous appelle à ne pas se satisfaire du statu quo, à se résigner au désordre des hommes et des choses et ça me plaît ! Rêver, c’est s’abandonner dans ce continent très obscur de l’inconscient, alors que la cité est par définition le lieu du réel, de la réalité… ». La politique autorise-t-elle le rêve ? Oui, répond le député de l’Yonne, qui rêve « d’un débat public où le relativisme n’est pas dominant, où la dynamique de l’intelligence permet d’admirer, où l’on ne considère pas que tout se vaut et que rien ne vaut rien… ». Appelant à « oser l’Homme, oser la raison, la nuance, oser l’engagement. Rêvons bien sûr, mais dans la cité et faisons de la politique, ce n’est pas un gros mot… ».

Ponctuant les interventions avant le premier débat de la matinée, la présidente du Conseil scientifique des Entretiens d’Auxerre, Valentine ZUBER est pour sa part revenue sur le thème choisi à l’occasion de ce vingtième anniversaire, synonyme d’espoir et de désir d’avenir : « il y a bien sûr les dangers de l’utopie, de devenir mortifère, mais cela n’invalide pas complètement le rêve, qui est aussi le moteur faisant avancer, qui fait progresser, permet les découvertes et aussi une plus grande mobilisation des énergies sociales. Et c’est bien ce que nous recherchons ici à susciter, aux Entretiens… ». 

 

Dominique BERNERD

 

 

 

L’enveloppe financière, validée par les élus de la Région Bourgogne Franche-Comté lors de la commission permanente ce vendredi 19 novembre, est conséquente. Elle se monte à 1,11 million d’euros. Un coup de boutoir supplémentaire pour encourager les producteurs locaux à développer la commercialisation de leurs produits en circuit court…

 

DIJON (Côte d’Or): Vingt-trois professionnels de la filière agricole de notre contrée doivent avoir le sourire ce samedi matin. En effet, les conseillers régionaux, réunis en commission permanente la veille, ont adopté le principe d’une rallonge budgétaire afin de soutenir la commercialisation en vente directe des productions locales.

Soit un total d’1,11 million d’euros délivré dans le cadre du PAIR, le Plan d’Accélération de l’Investissement Régional.

Depuis le début de l’année, ce sont in fine 94 dossiers qui ont été ainsi soutenus par les aides de l’exécutif de Bourgogne Franche-Comté. Plus de 3,7 millions d’euros de subsides visant à favoriser le renforcement des circuits courts, aptes à écouler plus facilement les productions agricoles de la filière.

Une stratégie que la Région encourage vivement depuis plusieurs années et que les consommateurs ont adopté, eux-aussi, avec grand intérêt, soucieux de d’acheter des fruits et légumes du cru. En évitant les intermédiaires.

 

Thierry BRET

 

 

 

La population de la ville de Migennes, durement frappée par l’annonce surprise de la fermeture du site industriel de BENTELER qui condamne 400 emplois à terme est invitée à se mobiliser ce mardi 23 novembre à partir de 13h30. Objectif : protester en faveur de la préservation des emplois dans le secteur de l’automobile. Mais plus globalement dans toutes les autres filières industrielles…

 

MIGENNES: Compte tenu du degré émotionnel que soulève la prise de décision de suspendre toutes activités corporatistes sur le site de BENTELER AUTOMOTIVE, le nombre de participants répondant en faveur de cet appel à la mobilisation devrait être conséquent le 23 novembre aux alentours de 13h30.

C’est en tout cas ce qu’espèrent les syndicats organisateurs de cette manifestation qui partira du complexe industriel rue Raymond Poincaré. Et en premier FO, majoritaire au sein de l’entreprise automobile, qui est à l’initiative de ce rassemblement populaire comme devait le préciser Reynald MILLOT, son délégué général.

Précisons que l’usine de Migennes est bloquée depuis le jeudi 18 novembre à 13 heures. Plus aucun salarié n’assure la production. Les équipes ont décidé de se relayer jour et nuit afin d’exiger le maintien de tous les emplois.

 

 

Quatre cents personnes dont 120 couples sont menacées de perdre leur emploi de manière définitive et de tomber dans la précarité. Sans omettre par effet de ricochet malencontreux les emplois indirects impactés par cette fermeture inattendue.

Pour Reynald MILLOT, il est de la responsabilité des pouvoirs publics de tout mettre en œuvre, en concertation avec les représentants du personnel et leurs organisations syndicales, pour que l’ensemble des emplois soit préservé.

L’Union départementale des syndicats Force Ouvrière de l’Yonne en appelle à tous ses sympathisants et militants pour que la future opération de mardi soit significative de la représentation de leur colère…

 

Thierry BRET

 

 

 

 

 

Le candidat de Debout la France à présidentielle 2022 était de passage dans l’Yonne à la rencontre de ses militants et sympathisants. Après une halte à Villeblevin, et avant de se rendre à Foissy-les-Vézelay, le souverainiste a tenu un point presse à Auxerre pour y présenter son dernier opus où il évoque les grandes lignes de son programme.

 

AUXERRE : C’était également une journée pour convaincre quelques maires supplémentaires de signer pour son projet et lui permettre de viser ainsi les 500 parrainages. Ce qui de l’aveu même de l’intéressé, est loin d’être gagné. Tableau en main, le candidat a fait ses comptes. Il lui manque encore près de la moitié des seize signatures que lui avaient octroyées les maires de l’Yonne en 2017. Une frilosité qu’il attribue à la publication des noms, aux intercommunalités et à un ras le bol généralisé de la chose politique : « d’élections en élections, les maires parrainent de moins en moins. Aujourd’hui, je ne vois même pas comment Eric ZEMMOUR peut imaginer être candidat ! Quant à Marine Le PEN… je vois venir une espèce de bombe démocratique ! Imaginez un Jean-Luc MELENCHON à 10 % dans les sondages, qui n’aurait pas ses 500 signatures ! ».

Nicolas DUPONT-AIGNAN reste mutique quant au nombre exact lui restant à décrocher et se veut prudent : « je pense que l’on va y arriver, mais je peux aussi échouer ric-rac ! ». Mais celui qui entame sa quatrième campagne présidentielle sait bien que le résultat de l’élection dépendra aussi de la mobilisation électorale : « on peut tout promettre, les gens ne nous croient même plus, après vingt ans de promesses trahies ! Un pays dont les habitants ne croient plus en rien ne peut se redresser. La seule condition, c’est de redonner confiance ». Appelant pour cela les Français à se rendre en nombre aux urnes : « Secouez-vous ! Libérez-vous ! Relevez-vous ! Si vous ne votez pas, vous n’en sortirez jamais… »

 

Un treizième mois pour tous financé par la baisse des cotisations sociales…

 

Faisant fi des sondages qui le créditent de 2 à 5 % des intentions de vote, le député de l’Essonne vient de sortir aux éditions L’Archipel un livre de propositions chiffrées : « Où va le pognon ? » où il affirme expliquer concrètement comment mettre en œuvre financièrement ses idées et récupérer au passage les cent milliards d’euros qui selon lui, sont gaspillés par la puissance publique chaque année. Un plan de bataille s’articulant autour de trois priorités : récompenser le travail, aider les entreprises qui relocalisent sur le sol français et rouvrir 20 000 lits supplémentaires dans les hôpitaux, soit un établissement de santé de plus par département, notamment dans les zones désertifiées.

Sur le premier point, 20 milliards d’euros seraient ainsi affectés à l’augmentation des salaires pour une majorité de Français, sous la forme d’un 13ème mois pour tous, financé par une baisse des cotisations salariales.

Autre cheval de bataille, la lutte contre la fraude sociale et les fausses cartes vitales qui circuleraient dans le pays, estimées selon l’ancien maire de Yerres à 1,8 million de cartes surnuméraires, avec à la clé un préjudice qui atteindrait 20 milliards d’euros. Le candidat mise aussi sur un patriotisme économique en baissant de moitié l’impôt sur les sociétés pour toute entreprise réinvestissant ses bénéfices sur le territoire français : « assez de baisser les charges non ciblées faisant des cadeaux aux entreprises qui délocalisent, à l’instar du CICE ».

 

 

Créer des filières pour assurer la survie de l’économie…

 

Reste à convaincre les consommateurs à privilégier dans leurs achats le « made in France » et pour y parvenir Nicolas DUPONT-AIGNAN souhaite la création de filières : « aujourd’hui, le produit est trop cher pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de filières, pas de grande échelle, nous sommes quasiment dans le sur mesure… ». Des filières qu’il aimerait voir renaître également en matière agricole, pour la survie financière des producteurs : « on a voté deux lois EGALIM, elles ne marchent pas, c’est un tissu de bureaucratie ! On peut tout à fait instaurer un prix garanti, sur le lait notamment, avec des quotas et contrôler les importations…. Qu’on ne me dise pas qu’il est impossible de recréer quelque chose qui soit à la fois européen et organisé… ».

L’occasion pour le candidat souverainiste de tirer à boulet rouge sur l’Europe : « on cumule une technocratie, un déséquilibre législatif exécutif et une organisation européenne tentaculaire, on ne contrôle plus rien ! ». Et d’appeler à la renégociation des traités pour redonner plus d’autonomie aux parlements nationaux : « troisième voie entre le FREXIT et l’Europe telle qu’on la subit aujourd’hui… ».

Comme disait le Général : « vaste programme ! »

 

Dominique BERNERD

 

 

 

Articles

Bannière droite accueil