S’adapter, agir et rebondir : les entreprises doivent se remettre en ordre de marche avec la confiance…

« Les entrepreneurs doivent reprendre leur destin en main après la dure période du confinement qu’ils ont vécu. Entre méthode et confiance, voici des pistes à suivre pour repartir au plus vite de l’avant avec pragmatisme… ». « Les entrepreneurs doivent reprendre leur destin en main après la dure période du confinement qu’ils ont vécu. Entre méthode et confiance, voici des pistes à suivre pour repartir au plus vite de l’avant avec pragmatisme… ». Crédit photo : Werner HEIBER/PIXABAY.

Vous êtes chef d’entreprise, commerçant ou artisan. Le contexte actuel est déprimant. De toute façon, on n’attend rien des autres. Ce qui arrive n’est que du bonus : les aides de l’Etat, celles de la région…Mettre de l’ordre dans les papiers, c’est d’abord rationaliser les relations bancaires. Une banque à titre privé, en évitant les comptes-joints, et une banque pour la relation professionnelle sont suffisantes. Etat des lieux des priorités…

TRIBUNE : Après, il vaut mieux attendre que la banque de l’entreprise conseille un deuxième établissement financier, compte tenu de la croissance de l’activité. Autre conseil : si ce n’est pas encore le cas, il faut investir à l’aide d’un crédit bancaire d’une durée de trois à cinq ans. Pourquoi ?

Si votre banquier unique est engagé sur un prêt à moyen terme, il sera encore plus motivé pour vous suivre sur la trésorerie (découvert, facilité de caisse…). Le responsable des comptes professionnels ou les responsables d’agence bancaire sont aussi notés sur les contentieux qu’ils ont générés !

Un fondé de pouvoirs est un dirigeant de fait. Il peut être condamné devant les tribunaux, sur les crédits consentis dans le cadre de ses pouvoirs. Vous êtes dirigeant et vous avez accordé votre caution solidaire aux crédits ?

Le plus souvent, ces actes sous seing privé sont absents de l’information des héritiers ! Retenons qu’on hérite aussi des cautions données par nos aïeux, même si elles sont absentes des informations notariées.

Afin de protéger sa famille, il est urgent  d’informer le notaire des cautions signées. L’état des lieux va montrer l’étendue des dégâts commerciaux et financiers, consécutifs à la crise du coronavirus.

Dans un premier temps, l’analyse de la survie possible, permettra d’aboutir à deux conclusions. Soit je peux poursuivre mes activités et en moins d’un an les comptes seront redressés avec un plan de trésorerie à l’appui.

Soit je suis dans l’impossibilité de retrouver une meilleure fortune dans un laps de temps acceptable : la sagesse impose un arrêt immédiat. C’est douloureux mais bien inférieur aux souffrances de la volonté de poursuivre malgré une impossibilité entrevue.

Déposer le bilan devient un acte responsable. Il permettra le plus souvent de rebondir efficacement ! Comment ? Après la crise, continuer l’activité commerciale ou s’arrêter pour assurer une nouvelle entreprise passe par une même démarche : l’étude de marché.

 

L’étude de marché : l’indispensable feuille de route de la vérité…

 

Cette étude sera déterminante pour les stratégies à mener et facilitera les relations bancaires et financières. Le plan de trésorerie constitue l’aboutissement de la stratégie commerciale. II faut partir d’un marché que l’entreprise connaît : sa pertinence passe par le concept de servuction ! Produit/production, service/servuction : le néologisme fut créé par EIGLIER et LANGEARD (consultants marketing du Groupe Accor).

La servuction se définit ainsi : c’est mettre en place la chaîne de montage d’un service avec la même rigueur que la chaîne de montage d’un produit industriel. A cette exception près, que pour un service, le client final intervient à plusieurs moments sur la chaîne !

Quelques clefs pour bien comprendre : il est nécessaire d’élaborer des questionnaires, interviewer les clients et les prospects, synthétiser les réponses, faire évoluer les services proposés.

L’objectif est de trouver ce fameux savoir-faire différentiateur qui permet d’être leader sur son marché, tout en gardant un bon niveau de prix.

Mais, vous vous dites : « je suis un bon professionnel mais incapable d’élaborer des questionnaires pour une étude de marché ? ».

Rapprochez-vous de nos jeunes : ils sont remplis d’enthousiasme, sans peur et sans les contraintes de l’expérience !

Certaines filières de DUT ou de BTS imposent aux étudiants un stage en entreprise afin de valider le diplôme : c’est gratuit. Vous ne devez rembourser seulement que les frais engagés (repas, transport…).

Nos futurs diplômés sont encadrés par des enseignants, souvent des professionnels, tout au long de leur séjour dans l’entreprise. Les écoles de commerce proposent aussi des études de marché : mais attention, elles ne sont pas forcément gratuites.

 

Redéfinir la vocation première de l’entreprise…

 

Puisque c’est le temps de la réflexion avant d’agir, fixons quelques lapalissades : quel est le but de mon entreprise ? Quelles sont les interactions déterminantes avec mon environnement externe (les pouvoirs publics, la concurrence, la zone de chalandise, la météo…) ? Et enfin, quelles sont les interactions internes qui conditionnent une saine gestion (l’unité de l’équipe, la fiabilité de l’outillage, l’accueil…) ?

Le chef d’entreprise, même seul dans sa structure, devient le facilitateur des interactions nécessaires au développement de l’activité. Le commerçant et l’artisan n’échappent pas aux évolutions technologiques, sociologiques, économiques de son environnement : encore faut-il être connecté !

« Je suis seul et j’ai peu de temps à consacrer à ses évolutions ? » : le minimum vital passe par les chambres consulaires. Trois réseaux à la disposition des entreprises : artisanat, agriculture, commerce et industrie.

Ces établissements publics soutiennent le tissu économique local sur les plans de l’information et de la formation. Il faut ajouter les syndicats professionnels, les clubs d’entreprises…

Autant de structures qui facilitent le développement économique et permettent aux dirigeants d’actualiser leurs informations. Et de proposer des produits et des services qui « collent » aux réalités de terrain !

« On n'arrête plus le marketing. On annonce que Nespresso va sponsoriser une adaptation des « Misérables » dont l'héroïne s'appellera « Dosette » ! » Marc ESCAYROL.

Fort de tout cela, gardons le sourire ! Et retroussons nos manches en préservant une indéfectible confiance en l’homme pour l’avenir !

Jean-Paul ALLOU

 

 

 

Articles

Bannière droite accueil