Ils recherchent la matière première auprès des industriels : les MAKERS 89 conçoivent des visières de protection…

« Ils fabriquent des visières de protection pour que les professionnels de santé luttent efficacement contre le coronavirus : les « MAKERS 89 contre le COVID 19 » en appellent à la générosité des industriels pour mener à bien leur action…». « Ils fabriquent des visières de protection pour que les professionnels de santé luttent efficacement contre le coronavirus : les « MAKERS 89 contre le COVID 19 » en appellent à la générosité des industriels pour mener à bien leur action…». Crédit Photos : Thierry BRET et MAKERS 89.

L’initiative, très louable, est le fruit de l’étroite symbiose qui s’est développée au fil du temps entre un réseau de bricoleurs bénévoles des « Ateliers des Beaux Boulons » à Auxerre, ceux du collectif « Le Maillet » à Joigny et plusieurs personnes réunies à Sens. Ensemble, et en s’appuyant sur une page Facebook, ils luttent à leur manière contre les effets de l’épidémie en fabriquant des visières de protection destinées aux professionnels de santé…

AUXERRE : Au 08 avril, le bilan des premières réalisations était le suivant : 1 965 visières de protection avaient été produites, 1 233 de ces précieux ustensiles protecteurs avaient été distribués aux personnels soignants des EHPAD de l’Yonne ainsi que dans les centres hospitaliers et aux sapeurs-pompiers. Quant aux demandes qui restaient à fournir à cet instant précis, elles s’élevaient à 1 116 unités.

Depuis le 28 mars, date à laquelle a débuté l’opération, le réseau « MAKERS 89 contre le COVID 19 » (on dirait presque le titre d’un film inspiré par MARVELS !) aura répondu présent par sa généreuse mobilisation.

Composé d’une quarantaine de personnes, ce groupe de bénévoles travaille à la conception de visières homologuées en s’appuyant sur la technologie des imprimantes 3D qui sont ensuite acheminées en direction des professionnels de santé, de sûreté et de sécurité.

A ce groupe initial s’ajoutent celles et ceux qui collectent l’indispensable matière première servant à confectionner les objets, les assemblent et les font parvenir à leurs destinataires. Ce réseau trouve une nouvelle caisse de résonnance en s’amplifiant au quotidien.

 

Un besoin constant de matières premières…

 

Face à la recrudescence des demandes, le réseau doit faire face au manque de réassort, en optimisant son approvisionnement. Comme le précise Loïc VIGNET, l’un des porte-parole de la structure : « Nous avons besoin de plusieurs éléments pour fabriquer ces visières de protection, c’est-à-dire des bobines de filament plastique pour assurer l’impression des supports de visière, des feuilles plastiques transparentes, des élastiques de maintien et autres consommables… ».

Un appel à la générosité a été lancé auprès des milieux industriels et économiques il y a quelques jours par les « MAKERS ». Ils espèrent ainsi avec cette collecte de matières premières récupérer le nécessaire pour assurer la continuité des approvisionnements de ces visières qu’ils destinent à celles et ceux qui luttent d’arrache-pied contre le coronavirus.

 

 

Organisés en cellules opérationnelles, les « MAKERS 89 » s’occupent de la logistique (la collecte des différents ingrédients servant à fabriquer cette visière). Une entité spécifique prend à sa charge la gestion des fournitures en recherchant les professionnels capables de fournir les matières premières. Une autre cellule gère la veille impression. C’est-à-dire qu’elle effectue une surveillance technologique quotidienne pour trouver de nouveaux modèles en lien avec les autres réseaux existants. Les demandes sont traitées par la cellule ad hoc. Elle répond également aux besoins en fonction de l’état des stocks. Le pôle stockage ayant lui la responsabilité de conditionner les supports de visière, les élastiques et les feuilles de plastique en y ajoutant une notice d’utilisation et de montage.

Précisons qu’une cagnotte a été créée. S’élevant à mille euros, elle est reconduite chaque semaine afin de répondre aux nouvelles demandes, aux besoins d’approvisionnement et à l’évolution de la situation.

 

Un prix de revient d’environ un euro par visière !

 

Quant à la communication, elle incombe à la cellule support. Elle a construit des liens étroits avec les médias régionaux qui suivent cette aventure altruiste et solidaire.

Aujourd’hui, les caractéristiques du matériel recherché sont les suivantes : de la bobine de filaments plastiques PLA, ABS ou PETG pour l’impression du support de la visière, des feuilles A4 transparentes pour la visière, des élastiques pour le maintien autour de la tête (x2), des consommables et pièces d’usure pour les imprimantes 3D.

A titre informatif, concevoir de telles visières revient à dépenser pour l’impression d’un support de visière (0,66 euro), élastique pour le maintien autour de la tête (0,10 €), feuille de plastique transparente (0,10 €). Soit un total de 0,86 € !

Auxquels s’ajoutent principalement les frais logistiques et de fonctionnement et d’entretien des machines environ 0,14 €. Soit un prix de revient unitaire d’environ 1 € pour une visière standard. Actuellement, la fabrication est effectuée gracieusement par les bénévoles des « MAKERS ». Le réseau jouera d’ailleurs la carte de la solidarité jusqu’au bout puisqu’il reversera en cas de fonds non utilisé l’intégralité des sommes récoltées à une association en lien avec la lutte contre le COVID 19. Une initiative qui ne manque ni de panache ni de vertu…

 

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