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Caisse Primaire d’Assurance Maladie : le président Paul GIRARD clôt son mandat par d’ultimes réflexions…

« C’est un grand monsieur de la Sécurité sociale et de l’Assurance maladie qui vient de quitter ses fonctions de président du Conseil de la CPAM de l’Yonne fin mars. Paul GIRARD n’en restera pas trop éloigné cependant. L’ancien salarié de la CCI de l’Yonne offre une ultime vision de cet organisme et de la l’évolution de ce système de protection qui fait toujours florès en France 70 ans après sa création… ». « C’est un grand monsieur de la Sécurité sociale et de l’Assurance maladie qui vient de quitter ses fonctions de président du Conseil de la CPAM de l’Yonne fin mars. Paul GIRARD n’en restera pas trop éloigné cependant. L’ancien salarié de la CCI de l’Yonne offre une ultime vision de cet organisme et de la l’évolution de ce système de protection qui fait toujours florès en France 70 ans après sa création… ». Crédit Photos : Denis LIVET (CPAM Yonne).

L’une des dernières apparitions publiques du président du Conseil de la Caisse de l’Yonne, aux côtés d’officiels, et notamment du maire d’Auxerre, Guy FEREZ, a eu lieu le 24 mars lors de la pose de la stèle commémorative, rue du Moulin, où se situe le siège de la Caisse primaire d’assurance maladie départementale. Mémorisant deux des fondateurs nationaux de la Sécurité sociale, Ambroise CROIZAT et Pierre LAROQUE, le dépôt de cette plaque aura été l’un des derniers gestes symboliques effectué par le président qui achevait quelques jours plus tard son mandat de responsable territorial…Un dernier tour de piste exécutif qui nécessitait de glaner les pensées de ce serviteur de la CPAM de l’Yonne investi depuis 1997…

AUXERRE : Le 29 mars 2018 demeurera une date importante pour Paul GIRARD. L’ancien salarié de la Chambre de Commerce et d’Industrie de l’Yonne devait mettre un terme à sa fonction de président de la Conseil de la caisse, après un dernier mandat. Une aventure personnelle passionnante, débutée en 1997, date de sa première nomination. Qui aura pourtant été interrompue de 2010 à 2015, avec la désignation de Murielle BIGOT.

« Nonobstant, j’étais toujours membre du Conseil, précise-t-il, j’ai assuré de nouveau la fonction en 2015 jusqu’à aujourd’hui… ».

Un coût de fonctionnement parfaitement maîtrisé…

Revenant sur son parcours et sur l’institution qu’il a défendue pendant des années, Paul GIRARD ne cessera pas pour autant son indéfectible soutien à la Sécurité Sociale, et plus précisément à l’Assurance Maladie à travers la CPAM de l’Yonne.

« La CPAM compte vingt-deux membres pouvant siéger dans diverses commissions. Historiquement, le Conseil est lié au plan Juppé de 1995. En fait, poursuit Paul GIRARD, il faut distinguer deux époques dans l’histoire de la Sécurité sociale. La première porte sur les « Trente Glorieuses », une période qui ne rencontrait pas de problèmes majeurs et accordait une certaine liberté aux professions libérales. La seconde époque apparaît avec les difficultés économiques et les crises. Il s’agissait de mieux contrôler l’argent dépensé. Le déficit de la Sécurité sociale a mis en cause la gestion du système. Fallait-il envisager une gestion avec des assurances privées ? La rentabilité entre en ligne de compte. En réalité, le système est très bien géré puisque le coût de fonctionnement des organismes est seulement de 1,4 %. Un chiffre qui est très faible. Pour un budget de plus de 200 milliards par an, cela représente moins de 3 milliards de frais de fonctionnement. Par exemple, les organismes complémentaires ont un coût de fonctionnement supérieur… ».

Est-ce à dire que l’Assurance Maladie fonctionne bien ?

« Oui, répond l’intéressé, c’est le système de soins qui est défaillant. Il y a encore des soins non justifiés. Les intérêts économiques en jeu sont très importants. L’affaire du « Médiator » est une illustration du sujet avec le combat du Dr Irène FRACHON. D’ailleurs, je vous conseille de visionner le film « La fille de Brest ». L’Assurance Maladie a connu de profondes évolutions, une adaptation en réponse aux besoins de la société… ».

Un système qui se doit d’être régulé

Puis, évoquant l’inauguration de la stèle déposée le 24 mars près du siège de la CPAM, Paul GIRARD a voulu rendre un hommage aux fondateurs de ce système de solidarité qui existe depuis le dernier conflit mondial.

« Il était important de se souvenir par le biais de cette cérémonie d’Ambroise CROIZAT, alors ministre du Travail, sous le gouvernement d'union nationale, qui prit la décision politique de la création de la Sécurité Sociale, et à Pierre LAROQUE, haut fonctionnaire qui en fut le premier directeur général. Depuis ces soixante-dix ans, certes, l'institution a bien connu des péripéties, crée d'abord comme universelle, elle s'est peu à peu scindée en branches : recouvrement, famille et maladie. Trois régimes obligatoires qui se sont ainsi structurés autour des salariés, des professionnels du monde agricole et les indépendants. Pendant les « Trente Glorieuses », elle est alimentée exclusivement par les cotisations des entreprises et des salariés. C'est l'époque de la gestion de l'abondance, où augmentation des cotisations et la diminution des remboursements s'accordent pour assurer l'équilibre du régime. C'est durant cette période et dans un souci de santé publique, que la Caisse a créé deux œuvres, aujourd'hui encore actives, le Centre d'examens de Santé, et le centre Armançon pour la maladie alcoolique implanté à Migennes. A partir de 1975, avec la crise du pétrole, c’est la rupture avec le modèle économique précédent. Le « Trou » de la Sécu va conduire à une insinuation permanente de l'incapacité d'un système public à gérer cette institution. Il faudra attendre vingt ans pour que la distribution des soins à travers le pays soit prise en compte. Le déficit conduit l’Etat à adopter le « Plan Juppé ». L'Assurance Maladie est passée d'une tentative de gestion de l'équilibre à un véritable intérêt pour la gestion du risque et sur les coûts de distribution des soins, publics et privés. Le système doit être maîtrisé et régulé. Le Parlement sera amené à voter les montants des dépenses annuelles à ne pas dépasser… ».

Les attraits de l’évolution technologique et les carences des déserts médicaux…

Devenue un symbole de communication, la carte Vitale s’apparente à une clé électronique. Ce que deux cents banques ont mis plus de trente ans à réussir, l’Assurance Maladie a su relever le défi pour 45 millions d'assurés sociaux en un peu plus de dix ans.

« Cette fameuse carte Vitale permet aujourd’hui un remboursement sous cinq jours aux assurés, constate Paul GIRARD. Avec l’informatisation, la délocalisation des traitements des dossiers devient possible. La référence n'est plus géographique. Ces technologies autorisent une véritable « uberisation » du travail administratif des Caisses. La CNAM peut ainsi confier des missions, ou les retirer, aux caisses en fonction de leur performance. Ce qui peut être lourd de conséquences pour les emplois de la Caisse dans l'Yonne. Quant à la régulation et la distribution des soins, ce sont un enjeu actuel. Le système libéral a montré ses limites pour la médecine de ville, laissant des pans entiers de notre géographie rurale, mais aussi urbaine en déserts médicaux, c'est-à-dire sans accès aux soins. Nous ne manquons pas de médecins en France, la comparaison avec les densités des pays de l'OCDE le montre, mais nous manquons cruellement d'un outil de régulation permettant d'envoyer le personnel médial là où il y a des assurés sociaux à soigner. Compte tenu de l'intérêt marqué par les jeunes générations de médecins pour le statut de salarié, le Conseil de la CPAM, à l'instar du Conseil départemental de la Saône-et-Loire, a souhaité voir se créer une brigade de remplacement pour pallier aux déserts médicaux de notre département. Les ressources de la Sécurité sociale, qui dans l'esprit des fondateurs CROIZAT et LAROQUE, étaient exclusivement des cotisations, sont confrontées à la mutation des formes du travail. Elles évoluent, en faisant déjà appel depuis des années à une Contribution Sociale Généralisée (CSG) qui pèse de plus en plus dans les ressources. Comment devront contribuer les industries de l'Internet ? Les moyens doivent permettre d'assurer un accès aux soins à tous et des soins de qualité… ».

84 % de satisfaction parmi les assurés Icaunais

Quant à la branche maladie, elle se voit retourner aux fondamentaux de ses créateurs. En effet, récemment, le régime des travailleurs salariés a réintégré en son sein des régimes qui s'étaient historiquement dispersés : les mines, les cultes, les étudiants (une économie d’environ 260 euros pour chaque étudiant chaque année), la MGP et depuis le 1er janvier, le régime des indépendants (RSI).

Des éléments qui engendrent un commentaire de Paul GIRARD : « Ce clin d'œil à nos pères fondateurs valide de nouveau leur idée force d'un régime unique et universel, pourtant historiquement combattu par les particularismes corporatistes. La CPAM de l’Yonne poursuit son évolution dans sa politique de l’accueil avec la prise de rendez-vous qui a conduit à une augmentation du taux de satisfaction chez les assurés : il est de 84 %. Cela permet d’éviter les papiers oubliés (photocopies ou documents) et la file d’attente. Quant aux comptes, Ameli et ameli.fr, ils offrent des réponses à domicile… ».

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