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Xénophobie : la France connaît une poussée de fièvre…

7 octobre 2018

L’épidémie galopante du coronavirus n’est pas la seule à faire monter le mercure dans les thermomètres. La température progresse à une vitesse affolante pour constater le comportement pour le moins curieux qu’ont nos compatriotes à l’heure actuelle à l’égard des autres ; c’est-à-dire de celles et ceux qui ne sont pas des Français de souche.

Une information émanant du ministère de l’Intérieur, rendue publique il y a peu, n’a pas eu l’heur de retenir plus longuement l’intérêt des médias nationaux. Trop occupés, sans doute, à disserter sans relâche sur les phases évolutives et les circonvolutions complexes du nouveau fléau viral qui sévit tout autour de la planète.

Et pourtant, en matière d’inquiétude et de sueurs froides qui glissent au creux du dos, la dépêche statistique de la place Beauvau n’est pas du genre à nous faire sauter de joie au plafond !

Le message est simpliste mais suffisamment clair à la compréhension et à ses conséquences funestes : au cours de l’année 2019, les faits racistes et xénophobes ont progressé de 130 % dans l’Hexagone.

Un bond en avant phénoménal qui survient après deux années de repli et qui traduit le climat anxiogène dans lequel vit notre pays depuis pas mal de temps déjà.

Bien sûr : l’interprétation des chiffres demeure une science emplie de subjectivité. Certains penseurs diront qu’il ne faut pas tout prendre à la lettre. Et que ce pourcentage quelque peu expansionniste n’est qu’une annotation supplémentaire portée dans un dossier administratif de plus.

Pour autant, cela laisse pantois et suscite réflexion. La première question qui nous vient à l’esprit reste toujours cette véritable ritournelle de l’interrogation sociologique profonde : sommes-nous racistes en France ?

 

Sourire et rire : à proscrire plus que jamais de ce pays !

 

Il est vrai que si nous pouvions sourire, voire rire de tout il y a quelques décennies de cela à propos des Blacks, des Blancs et des Beurs (sans omettre les histoires sur les Juifs et les blagues belges !), force est de constater que notre nation manque aujourd’hui cruellement d’humour dans cette période trouble.

Les carrières de nos grands comiques, porte-voix révélateurs luttant contre les absurdités et les ignominies de l’obscurantisme vil, n’auraient sans doute jamais fait carrière dans ce début de vingt-et-unième siècle qui sent les relents nauséabonds de la haine ordinaire et du mépris gratuit envers les autres.

Coluche, Desproges, Le Luron, Elie Kakou : tous seraient restés dans les limbes de l’ignorance et de l’impopularité avec leurs textes, sketchs et autres postures amusantes à ne surtout pas mettre entre toutes les oreilles !

Dans cette époque où l’interdit est roi, sourire et rire deviennent presque des actes outrageants, voire outranciers pour le commun des mortels. Il faudrait même pratiquer cet art de la « déconne » en cachette, tapis dans l’ombre et bien à l’abri du regard des autres. C’est-à-dire les sinistres…

Les autres, justement. Celles et ceux qui ne sont pas comparables à nous. Qui ne pensent pas comme nous. Qui ne doivent pas vivre comme nous et surtout chez nous ! Cette augmentation de faits racistes et xénophobes s’est traduit par des actes répréhensibles précis faisant l’objet de procès-verbaux en France.

Le ministère de l’Intérieur a relevé plus de mille cas répartis aux quatre coins de l’Hexagone qui ne peut plus se cacher derrière son petit doigt.   

Pour être dans l’exactitude : 1 142 faits ont ainsi été comptabilisés par les services ad hoc du ministère contre 496 pour la seule année 2018. On apprécie le grand écart qui existe entre ces deux dates et cela n’est guère rassurant pour l’avenir.

L’analyse du rapport provenant des services de Christophe CASTANER renvoie à un chiffre. 977 : soit un code d’identification, ramenant à une catégorie bien spécifique, celle baptisée, « menace ».

 

Se réapproprier la tolérance et de l’amour de son prochain…

 

Si l’on parcoure le document avec curiosité : on ne peut manquer de s’attarder sur les délits à caractère antisémite. Pas de surprise : la statistique n’est pas bonne eu égard à la référence datant de 2018. 687 actes litigieux contre 541 l’année précédente. Soit une hausse de 27 % en l’espace de douze mois.

Les actes antimusulmans, même s’ils enregistrent une hausse relative entre les deux dernières années de comparaison, restent bas : 154 faits qui se décomposent en 63 actions et 91 menaces. Mais, c’est tant mieux, ce ne sont que les biens religieux et pas les humains qui sont visés par ces gestes barbares d’autrefois.

Quant aux actes anti-chrétiens, ils sont toujours plus nombreux dans le pays. L’Intérieur le rappelle dans son rapport : il y a eu 1 052 gestes malfaisants qui se traduisent par des dégradations de lieux religieux ou des menaces.

A quelques encablures de la Journée nationale contre le racisme et l’antisémitisme, le 21 mars, il serait de bon ton que celles et ceux qui vivent en France se réapproprient en leur âme et conscience les principes vertueux et salvateurs de l’amour de son prochain et de la tolérance.

Ne pas s’enrichir des différences de l’autre représente déjà une aberration en soi ; mais en outre, lui chercher des noises pour mieux l’asservir et le détruire correspond à la plus grande stupidité que l’homme a pu créer sur Terre.

D’ailleurs en matière de destruction de l’espèce humaine, laissons cela au microscopique coronavirus qui s’en chargera bien tout seul…

 

Thierry BRET

 

 

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