La fin de campagne approche pour Irène EULRIET et Jean-Pierre RAOUT. Ils se présentent sous l’égide de la majorité départementale droite, centre et indépendants, sous le nom « Unis pour l’Yonne ».
AUXERRE : Quels messages avez-vous envie de faire passer dans cette dernière ligne droite de la campagne ?
Irène : Cette campagne fut forte en rencontres et en discussions vraiment très intenses qui ont fait jaillir pleins d’idées de part et d’autre. C’est un exercice très intéressant et sympathique. On a une vision de ce que l’on souhaite faire, de certaines attentes. Il y a des projets qu’on n’a pas forcément mis en avant mais qu’on a pensés aussi comme les habitats partagés, entre l’aide à domicile et la maison de retraite. C’est complétement dans la logique des choses.
Et par rapport aux bibliothèques ? Quelle compétence ?
Irène : La lecture publique est une compétence obligatoire du Département. J'ai travaillé sur le sujet en allant à la rencontre des bibliothécaires de l'Aillantais. Ces bibliothèques fonctionnent avec du bénévolat. Elles sont en attente d’une certaine relève et sont dans des formats qui intègrent plus ou moins le numérique avec peu de mises en réseau. Les bénévoles, eux, se plaignent d'avoir un lectorat moins important. L’idée est de pouvoir accompagner ces bibliothèques vers la mise en commun de certaines actions. A Senan, par exemple, ils viennent de finir l'informatisation ce qui veut dire un portail commun avec Aillant-sur-Tholon et Villiers-sur-Tholon. Ils ont déjà fusionné. Donc, les prochaines étapes pourraient être des actions pratiques comme une carte de bibliothèque commune, un tarif commun, le fait d’emprunter un ouvrage dans un endroit et le rendre dans un autre, à voir ce qui est faisable. Il faut procéder un pas après l'autre mais c'est vrai que ça serait bien pour le canton de réussir à faire ça.

Qu’entendez-vous par le réseau de chaleur en filière bois ?
Jean-Pierre : Le Département a la compétence sur les collèges. On parle du projet sur le collège de Charny où il y a quand même une réfection avec la suite, notamment de la chaufferie. Nous allons essayer d’adopter une chaufferie avec des plaquettes bois, issus des forêts locales et pour créer vraiment un réseau de producteurs et de fournisseurs locaux. Cela serait une autre forme de circuit court, d’autant plus qu’il y a largement autour de Charny du bois de manière à fournir l’ensemble en grande disponibilité. Par la suite, si ce projet-là se construit, on pourrait faire de même pour la Communauté de communes Charny-Orée de Puisaye pour leurs bâtiments publics mais aussi la possibilité de donner au lotissement proche de pouvoir se brancher. Et ainsi faire une chaufferie collective à Charny. Afin de mieux sortir des énergies fossiles.
Autre circuit court, l’alimentation ?
Créer des filières ? Oui, on a commencé avec deux plateformes « Agrilocal » et « J’veux du local ». On accompagne financièrement aussi la Chambre d’Agriculture, et surtout on a voté le recrutement de deux personnes pour travailler sur ce sujet spécifique. Mais, c’est surtout en lien avec les territoires donc le conseil départemental avec les mairies et les intercommunalités que l’on met tout en œuvre.

Un mot sur les transports solidaires ?
Irène : Le Conseil départemental ne possède pas la compétence transport, c’est la Région et les communautés de communes comme en Puisaye-Forterre.
A contrario, le département peut intervenir juste au titre des solidarités. Donc là il y a vraiment quelque chose à faire, pour les demandeurs d’emploi, les personnes en perte d’autonomie, en trouvant un système totalement en lien avec celles et ceux qui ont la compétence. Mais ça, c’est une idée, qu’on a depuis un moment mais c’est un vrai travail de dentelle.
Votre rôle à vous deux, concerne principalement le canton qui représente quelles communes ?
Le canton dans ses nouvelles limites avec l’intercommunalité d’Aillant, la commune nouvelle de Charny, Paroy-sur-Tholon, Chamvres, et Sépeaux Saint-Romain. On a tout de même trois EPCI différents : Aillantais, Puisaye-Forterre et Jovinien. Ce qui veut dire qu’on ne peut pas travailler aujourd’hui de manière partenariale avec les intercommunalités. En tant que conseiller départemental, il faut instaurer un dialogue équivalent en qualité avec les trois structures même si on a des petits morceaux.
Où en est le projet de la fibre ?
C’est le Département qui en est chef de file. Il y a eu deux phases. La première a été concrétisée avec un marché de conception-réalisation pour déployer la fibre sur financement public. Il y avait une combinaison de plusieurs financeurs, à partir de fonds départementaux, intercommunalités, régionaux, l’Etat et l’Europe.
Le correctif que je voulais apporter par rapport à ce qui a été dit sur le prix des prises (à 33 € ou 100€) est que cela correspond à la participation des intercommunalités dont il est question. Ce n’est pas du tout l'abonnement de la population.
Ces 100 € avaient été évalués au début de la première phase de déploiements et le prix a réussi à être ramené à 33 € parce qu’on est passé sous financement privé dans la deuxième phase via la délégation de service public (DSP).
En fait, c'est à l'issue du vote de la délégation de service public et grâce à l'apport de fonds privés que les coûts de la première phase ont pu être partagés et qu'ont été votés les 33 euros.
Toute cette démarche était commune. A chaque étape, les élus ont ajusté les appels de fonds en fonction des accords qui étaient trouvés avec les uns et les autres.
Personnellement, oui j’ai voté la DSP. Mais pour conclure, on est en train de parler d'une répartition budgétaire entre intercommunalités et Conseil départemental, ce n’est pas du tout le un prix d'abonnement.
De toute façon, c’est le produit des taxes et des impôts qui finance toutes les collectivités, que ce soit les intercommunalités ou le département. C'est quand même l'argent public finalement qui sera mobilisé. Pour conclure, le débat porte juste sur la façon dont on se répartit la facture.
Parlez-moi de votre binôme ?
Jean-Pierre RAOULT voulait se présenter depuis 2020. Retraité, adjoint d’une petite commune, cet ancien chef d’entreprise avait envie de s’investir au service de son département. Il a beaucoup de choses à apporter. Il a trouvé en moi son alter égo, pour s’associer dans la majorité départementale, ayant des valeurs communes. Notre association semblait également évidente. Avec une répartition des tâches comprenant leurs suppléants qui sont des personnes vers lesquelles les habitants pourront aussi se tourner si nécessaire...
Propos recueillis par Maryline GANDON