On prend les mêmes et on recommence dans ce jeu de dupes qui se nomme notre existence ! Une fois encore, les citoyens de ce beau pays qu’est la France, championne du monde de l’abondance technocratique inadaptée, de la fiscalité à tout crin, des retards légendaires et multiples à répétition et des incohérences administratives les plus discutables, deviennent les otages de situations ubuesques dont ils ne possèdent ni la connaissance exacte ni la parfaite maîtrise pour s’en sortir.
Subir encore et toujours tels des « moutons de Panurge » que l’on mène à l’abattoir en permanence à grands coups de bâton sur le flanc est donc devenu notre destin sur ce territoire que plus personne nous envie. Triste sort, en vérité !
Le dernier épisode en date de cette longue saga estivale faite de privations de liberté et d’atteintes récurrentes à nos consciences – crise énergétique, alimentaire, sanitaire - concerne l’univers fumeux et obscur de la télévision.
Un marigot obscur où le parisianisme est impérial, et où s’exerce le pouvoir des puissants et des lobbys, sous le sceau de l’argent roi qui dégouline dans toute sa splendeur comme principe de fonctionnement basique.

Le bon vieux temps de l’ORTF, de ses grèves et de sa mire le 01er mai !
Contre toute attente, les adeptes du petit écran – quoi qu’on en dise et quoi qu’on en pense malgré les potentialités offertes par la technologie du numérique demeurent en très grand nombre dans notre pays – ont eu la très désagréable surprise de constater l’absence d’images sur certains de leurs canaux habituels (à savoir l’ensemble des chaînes émises par le groupe TF1) une fois rentrés à la maison après leur journée de travail ou de loisirs pour celles et ceux des retraités qui peuvent encore se les payer, ce vendredi.
A la place des programmes coutumiers et attendus, figurait sur l’écran du téléviseur un sobre panneau figé en guise de mire, évoquant le bon vieux temps où l’ORTF se mettait en grève à dose répétitive au moindre soubresaut social ou suspendait sa programmation quotidienne tout de go le jour du sacro-saint 01er mai.
Privant ainsi des millions de téléspectateurs de leur seul moyen de distraction et de communication, des personnes parfois âgées, malades et handicapées, le plus souvent ancrée dans leur solitude dont on se moquait éperdument…C’était la « télé » à la « papa » ! La grande époque…
Des téléspectateurs qui se sentent cocufiés par ces décisions…
Aujourd’hui, rien n’a vraiment changé dans le très cher paysage audiovisuel français, le fameux « PAF » qui vient de nous bourrer le pif d’un coup brutal asséné ce vendredi, en ne respectant ni ses téléspectateurs, leurs clients, qui leur sont néanmoins encore fidèles – même si la tendance est nettement baissière depuis plusieurs années au niveau de la fréquentation – ni les annonceurs, ces acteurs de l’économie qui font vivre en partie tout le système avec de coquettes enveloppes publicitaires à la clé.
Ecran noir pour nuits blanches pour les férus de LCI !
A la seule différence près, que les abonnés des chaînes cryptées telles que CANAL + ou d’autres paient au prix fort les accès à ces bouquets télévisuels privilégiés et se sentent depuis vingt-quatre heures, et pour combien de temps encore, cocufiés par des décisions arbitraires dont ils ont à subir au bout du compte les foudres. N’y-at-il pas une règle d’or applicable dans les pratiques commerciales qui s’entendent d’ordinaire pour affirmer que les clients ont toujours raison ?
Dans un communiqué de presse, CANAL + fait savoir que « dans le cadre du renouvellement du contrat de distribution de ses chaînes, le groupe TF1 a manifesté sa volonté de revoir profondément ses exigences commerciales à compter du 31 août 2022… ».
En terme clair, les négociations entre les deux parties en présence ne se sont pas bien déroulées. En cause, les « exigences infondées » de la première chaîne jugées déraisonnables pour CANAL +, le distributeur via sa plateforme, qui rappelle que ces chaînes sont accessibles gratuitement et doivent le rester.
Outre TF1, c’est aussi TMC, TFX, TF1 Séries Films et la chaîne d’information LCI qui disparaissent donc des radars ! Un écran noir pour nuits blanches pour les férus de l’information en boucle !

A quand la ristourne sur les tarifs pour être amputé de plusieurs chaînes ?
Une affaire pour laquelle l’Etat était déjà intervenu il y a quatre ans après plusieurs mois de conflit, pour les mêmes raisons, lors de la renégociation du contrat de l’époque.
Mais, au-delà de ces tergiversations épisodiques liées à des histoires de gros sous et de querelles intestines où la rentabilité reste le maître mot, quid de la véritable relation clientèle qui lie tous ces groupes avec les téléspectateurs, leurs clients ?
Voire de leurs annonceurs qui doivent quand même l’avoir très mauvaise au vu de la tournure des évènements !
D’autant qu’il n’est pas prévu visiblement pour les abonnés de CANAL +, du moins à l’instant « t », une ristourne conséquente, côté tarification, alors qu’ils se voient amputés de plusieurs chaînes stratégiques importantes de leur bouquet !
Avant que les choses ne se solutionnent tôt ou tard – croisons les doigts ! -, il serait grand temps au vu du contexte sociétal actuel, soit la succession ininterrompue de mauvaises nouvelles aux conséquences répressives pour le commun des mortels qui vont devoir se serrer la ceinture sur à peu près tout et son contraire, que tous ces acteurs économiques soit disant responsables ne prennent plus d’initiatives aussi honteuses et hasardeuses à l’avenir, en coupant systématiquement le robinet sur tous nos moyens consuméristes.
Faisant des Français de véritables « otages » dans leur propre pays, eux qui subissent déjà de plein fouet comme un boomerang les affres des sanctions économiques de la géopolitique de l’instant…
Thierry BRET