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Strasbourg : c’est Noël et nos libertés qu’on assassine…

7 octobre 2018

Comme l’a commenté de façon lapidaire le chef de file des Républicains, Laurent WAUQUIEZ, sur Tweeter, dès l’annonce de la neutralisation de Chérif CHEKATT par les forces de l’ordre : « C’est un terroriste de moins… ». Certes. Il n’y avait pas d’autre éloge funèbre à prononcer à l’encontre de cette petite frappe de bas étage, devenue entre-temps un obscur porte-flingue à la solde du radicalisme islamiste. Mais, pour autant, après l’odieux forfait qui a été commis au centre-ville de Strasbourg, ce sont autant de nouvelles victimes innocentes (déjà quatre décès en sachant que plusieurs blessés luttent contre la mort) à ajouter à la déjà trop longue liste de personnes disparues au nom de causes idéologiques d’un autre âge.

Telle une bête sournoise tapie dans l’ombre et sortant de sa tanière, la terreur a donc ravivé sa flamme destructrice au pire moment de notre existence. Alors que l’Hexagone n’en finit pas d’être englué dans un marasme social dont nul ne connaît véritablement la manière d’en sortir, le terrorisme se remémore à notre mauvais souvenir dans sa forme la plus cauchemardesque. En frappant au hasard d’une rue ou devant un restaurant de pauvres gens qui ne cherchaient des noises à quiconque.

Cruelle destinée que celle de ce ressortissant afghan, parfaitement intégré depuis plus de vingt ans parmi la société française. Ce père de famille, garagiste de son état, avait fui le transgressif régime coranique, à base de charia, des Talibans. Lui qui redoutait la guerre et ses sombres desseins en qualité de messager de la paix, a été abattu d’une seule balle dans la tête, tirée à bout portant par son assassin. Il portait l’un de ses fils dans ses bras, afin de le protéger du mieux possible du tueur.

Cruelle destinée, également, que celle de ce touriste d’origine thaïlandaise qui, en compagnie de son épouse et de ses enfants, profitaient de quelques répits professionnels amplement mérités pour visiter la France et ses richesses patrimoniales. L’incertitude des mouvements sociaux et surtout l’invraisemblable chaos qui a régné plusieurs samedis de suite dans la capitale l’avaient incité à jeter son dévolu touristique, loin de Paris. Par le poids emblématique que jouent la ville de Strasbourg en Europe et la présence de son universel marché de Noël, le malheureux asiatique se trouvait en Alsace, à l’heure fatidique de l’attentat et au mauvais endroit.

Cruelle destinée, enfin, pour ce jeune confrère italien, venu couvrir en sa qualité de journaliste les séances plénières du conseil européen. Bénéficiant d’un moment de détente, il n’a pas hésité à découvrir les fastes et les splendeurs enluminés de la magnifique cité alsacienne à l’approche des festivités. Il tombera sous le feu nourri de l’auteur de ces drames inhumains. Victime d’un fanatisme cynique et irrévérencieux envers l’Humanité.

Bien sûr, on ne peut que saluer l’abnégation, le courage et le travail de fourmi besogneux des forces de l’ordre dans le déroulé de l’opération. Les commandos du RAID et du GIGN ne plaisantent pas avec ces intrus aux manières barbares et rudimentaires qui en veulent à nos libertés. La traque contre le terroriste aura été implacable. Retranché dans son quartier, l’homme n’avait d’autre alternative que de se soumettre en ayant la vie sauve. Ou de plier de façon définitive les armes à la main. Ce clone de Mohamed MERAH, icône parmi les délinquants radicalisés, aura connu un destin similaire. Sans, pourtant, en faire un héros dans l’éternité…

Bien sûr, le monde politique aura à l’unisson, le temps de l’hommage national rendu aux malheureuses victimes et aux blessés collatéraux, fait une pause dans les combats démocratiques du quotidien.

Quelques écervelés, dénués de tout discernement et d’intelligence, auront, quant à eux, évoqué par le prisme des réseaux sociaux la sempiternelle piste du complot. C’est certain : Emmanuel MACRON avait tout intérêt à pactiser avec le diable (les djihadistes) pour éviter que les médias se focalisent un peu trop sur le futur acte V des « Gilets jaunes ». Ce sont les mêmes qui s’évertuent à propager leur « fake news » sur la toile. Ils ne croient pas à la destruction des « Twins Towers » de New-York (attentat du 11 septembre) ni à la présence de l’homme sur la Lune, le 21 juillet 1969. A les entendre, l’astronaute américain Neil ARMSTRONG doit se retourner dans sa tombe !

Mais, de vraies questions se posent dans cette nouvelle affaire de Strasbourg. Loin d’être farfelues, elles se réfèrent au rôle précis et à leur emploi des fameux « fichiers S ». Dont les exégètes de la presse juridique ne cessent de décortiquer chacune des lignes pour comprendre le sens et la fonction véritables de ces documents.

Enfin, quand on analyse le pédigrée juridique de Chérif CHEKATT, brillantissime pensionnaire des tribunaux correctionnels depuis une quinzaine d’années des deux côtés de la frontière franco-germanique, avec 27 condamnations à l’appui obtenues à l’âge de 29 ans, on ne comprend pas qu’il ait été encore en liberté. Même sous une relative surveillance contrôlée, en ce funeste jour de décembre 2018 !

Il y aura un temps, une fois l’émotion populaire retombée, que la Justice explique vraiment ses carences et ses failles dans un tel dossier…

Thierry BRET

  

   

   

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