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Société : des bleus au cœur, des Bleus dans l’âme…

7 octobre 2018

Il ne s’agit pas de tergiverser ! Qui aurait raisonnablement misé le moindre kopek sur l’équipe de France de football avant qu’elle ne débute la Coupe de Monde au Qatar ? La retrouver en finale, dimanche après-midi de ce très attendu 18 décembre, face à l’Argentine, même si dans le for intérieur d’un Didier DESCHAMPS qui possède l’art et la manière de cultiver l’art oratoire à sa façon, constitue déjà un réel exploit !

Personne parmi les bookmakers bien intentionnés et autres commentateurs avisés, même si l’équipe tricolore intégrait la liste restreinte des grandissimes favoris, n’avaient imaginé un tel scénario, aussi favorable à la bande à « Dédé » et à ses petits protégés.

D’autant que les rencontres préparatoires – une insipide Ligue des Nations de second rang côté enjeu qui ne passionne guère les foules – ne furent pas vraiment à la hauteur de leurs ambitions ces dernières semaines.

Seconde de sa poule, alors qu’elle en était la détentrice au terme de la saison précédente, la France avait assuré son maintien parmi l’élite des douze nations du concert européen, seulement à la dernière journée de la compétition, après avoir connu deux revers notoires face au canard noir des Bleus, le Danemark.

Comme quoi, il ne faut donc jamais se fier aux apparences : elles sont du reste souvent trompeuses ! On ne voyait pas cette France version 2022, pâle ersatz des champions du monde 2018, aller très loin dans la compétition quadri-annuelle. Tout juste une extraction délicate des poules avant de buter sans doute dès les huitièmes de finale…

Surtout que la France est toujours confrontée, toutes disciplines confondues et ce depuis fort longtemps, à la sacro-sainte épreuve de pouvoir assumer pleinement le statut de favori. Et de le revendiquer haut et fort !

 

 

61 % de Français résolument pessimistes de nature : un sport national ?

 

A de rares exceptions près (les handballeurs des équipes nationales, des cyclistes notoires à la Bernard HINAULT ou à la Jacques ANQUETIL, l’athlète Guy DRUT, les judokas Teddy RINER ou David DOUILLET, le biathlète Martin FOURCADE, voire quelques autres spécimens fort heureusement), les sportifs Français tombent parfois de très haut lors de ces rendez-vous capitaux alors que la victoire et le titre leur étaient dûment promis !

Question de mental, dit-on le plus souvent. Cet aspect psychologique des choses qui ferait toute la différence selon les esthètes en la matière et priverait de gloire des sportives et sportifs aux qualités évidentes qui n’en seraient pas suffisamment dotés.    

Un mental qui fait parfois cruellement défaut aussi à nos concitoyens lambda, celles et ceux qui agissent au quotidien dans l’univers glauque et terne d’un milieu professionnel complexe, parmi les strates du monde associatif, de la vie civile, politique, institutionnelle, ordinaire, en somme.

Bref, un mental en berne tous les jours qui donne de l’urticaire ou de l’eczéma à s’en arracher le derme et provoque des reflux gastriques à n’en plus finir !

 

 

Or, il est vrai que ce mental, bon nombre de Français ne le possèdent plus en eux depuis longtemps. Engoncés dans leurs difficultés journalières, pécuniaires, sanitaires, d’employabilité, de crise énergétique. La loose, en somme.

C’est simple : 61 % de nos compatriotes intègrent la caste des pessimistes de nature et se bourrent à longueur de journée de gélules et autres cachets anxiolytiques pour soigner les maux de l’âme. Les bleus au cœur, en somme…

 

 

Envisager 2023 sous de meilleurs auspices grâce à ce mental qui nous fait tant défaut !

 

Alors, cette série de succès obtenue par la première des équipes hexagonales ayant le plus de fans et de soutiens – la France, c’est bien connue recèle 75 millions d’entraîneurs potentiels pour diriger les Bleus ! – tombe à point nommé.

Circonstance bénéfique : elle se situe juste avant ce Noël si particulier aux 19 degrés de température dans les résidences collectives, à la nécessaire restriction pour cause inflationniste et au funeste contexte à l’international où les frappes des missiles russes pleuvent sur l’Ukraine comme de simples gouttes de pluie aux conséquences dévastatrices pour tout un peuple, y compris l’ensemble de l’Humanité.

On ne boudera donc pas notre joie de voir cette équipe de vingt-cinq joueurs aux origines modestes, à la couleur de peau disparate, aux pratiques religieuses différentes nous procurer un tel bonheur et ce plaisir.

Même si l’engouement populaire aurait été démultiplié à la période estivale, conditions climatiques oblige, provoquant de grands raouts à l’extérieur.

Ces Bleus procurent un bien fou à l’âme comme l’attestent les chiffres record de téléspectateurs ayant suivi leurs matchs lors de ces pérégrinations moyenne-orientales. Près de trente millions de Français scotchés derrière la lucarne de leur téléviseur ou sur un écran d’ordinateur : si ce n’est pas une bonne thérapie de groupe pour récupérer du mental, cela lui ressemble un peu, non ?

Alors quel que soit le résultat définitif, au terme de cet après-midi dominical du 18 décembre – que le meilleur gagne selon la formule consacrée ! -, la France et les Français devraient s’inspirer de ce mental si nécessaire pour remporter des succès sur l’abnégation, le pessimisme ambiant, la sinistrose permanente et la dureté de l’existence afin d’envisager 2023 sous de meilleurs auspices.

C’est tout le bien que l’on peut souhaiter à nos compatriotes en ces veilles de fêtes de la Nativité et du Nouvel An…

 

Thierry BRET

 

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