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Ils sont neuf à briguer les deux sièges de sénateurs de l’Yonne. Pourtant, dimanche 27 septembre, inutile pour les Icaunais de chercher leur carte électorale : seuls 1 115 « grands électeurs » sont appelés aux urnes. Qui sont-ils ? Comment désigne-t-on un sénateur ? À quoi sert-il vraiment ? Et qui sont les candidats en lice ? À quelques jours du scrutin, Presse Évasion vous explique une élection souvent méconnue du grand public.
Une élection sans bureaux de vote ouverts à tous, sans longues files d’attente et sans passage aux urnes pour la grande majorité des habitants. Les élections sénatoriales ont une particularité : elles se déroulent au suffrage universel indirect.
Dans l’Yonne, 1 115 électeurs sénatoriaux auront la responsabilité, dimanche 27 septembre, de choisir les deux sénateurs qui représenteront le département pour les six prochaines années. Neuf candidats sont officiellement en lice.
Mais derrière un scrutin qui peut sembler réservé aux initiés se cache l’élection de parlementaires dont le rôle est loin d’être secondaire.
Qui sont les « grands électeurs » ?
Ce sont principalement des élus locaux.
Le collège électoral sénatorial rassemble des parlementaires, des conseillers régionaux, des conseillers départementaux, mais surtout des conseillers municipaux et des délégués désignés par les conseils municipaux.
Ce poids particulièrement important des communes n’est pas un hasard : le Sénat est chargé par la Constitution de représenter les collectivités territoriales.
Dans un département comme l’Yonne, le scrutin sénatorial est donc aussi une photographie particulière de la représentation des territoires. Petites communes, villes moyennes et principales agglomérations participent toutes, selon des modalités différentes, à la constitution de ce collège électoral.
Pourquoi seulement deux sénateurs dans l’Yonne ?
Le nombre de sénateurs attribué à chaque département dépend de sa population.
L’Yonne dispose de deux sièges. Le département comptant un ou deux sénateurs, l’élection s’effectue au scrutin majoritaire et non à la proportionnelle.
Les grands électeurs peuvent voter pour autant de candidats qu’il y a de sièges à pourvoir, donc deux dans l’Yonne. Le panachage est autorisé : ils ne sont pas obligés de choisir deux candidats faisant campagne ensemble.
Au premier tour, pour être élu, un candidat doit recueillir la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de voix au moins égal au quart des électeurs inscrits.
Si les deux sièges ne sont pas pourvus, un second tour est organisé. La majorité relative suffit alors : les candidats ayant obtenu le plus de voix sont élus. En cas d’égalité, le plus âgé l’emporte.
Un sénateur, ça sert à quoi ?
Le Sénat est l’une des deux chambres du Parlement, avec l’Assemblée nationale.
Ses 348 sénateurs sont élus pour six ans et le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans.
Les sénateurs examinent et votent les lois, peuvent déposer des propositions de loi et des amendements, contrôlent l’action du Gouvernement et participent à l’évaluation des politiques publiques.
Le sénateur n’est donc pas uniquement le représentant de son département à Paris. Il participe pleinement à l’élaboration de la loi nationale.
Mais la spécificité du Sénat reste son lien avec les territoires. La Constitution lui confie expressément la représentation des collectivités territoriales.
Communes, intercommunalités, départements, finances locales, services publics ou encore décentralisation occupent ainsi une place importante dans le travail sénatorial.
Dominique Vérien et Jean-Baptiste Lemoyne, les deux sénateurs sortants
Avant de découvrir les neuf candidats, rappelons qui représente actuellement l’Yonne au Palais du Luxembourg.
Jean-Baptiste Lemoyne est sénateur de l’Yonne depuis 2014, avec une interruption liée à ses fonctions gouvernementales. Il siège aujourd’hui au groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants. Ancien membre du Gouvernement, il est candidat à un nouveau mandat.
Dominique Vérien siège pour sa part au Sénat depuis 2017. Membre du groupe Union Centriste, elle préside la délégation sénatoriale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Elle sollicite également un nouveau mandat.
Les deux sénateurs sortants remettent donc leur siège en jeu.
Les neuf candidats dans l’Yonne
La liste officielle des candidatures comprend neuf noms. Les nuances politiques indiquées sont celles attribuées administrativement par les préfets à partir de la grille établie par le ministère de l’Intérieur.
Jean-Baptiste Lemoyne
Sénateur sortant, Jean-Baptiste Lemoyne est âgé de 49 ans. Élu une première fois en 2014, il a également occupé plusieurs fonctions gouvernementales, notamment au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères puis comme ministre délégué chargé du Tourisme, des Français de l’étranger et de la Francophonie.
Il se présente cette année sous la nuance Renaissance.
Pascal Blaise
Pascal Blaise est conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté et conseiller municipal d’Auxerre.
Il portait également les couleurs du Rassemblement National lors des dernières élections municipales à Auxerre.
Il se présente aux sénatoriales sous la nuance Rassemblement National.
Gilles Pirman
Maire de Saint-Clément, Gilles Pirman est également vice-président du Conseil départemental de l’Yonne et vice-président de la Communauté d’agglomération du Grand Sénonais.
Il connaît déjà ce scrutin puisqu’il était candidat aux élections sénatoriales de 2020.
Il se présente cette année sous la nuance Les Républicains.
Dominique Large
Dominique Large est secrétaire départemental de Debout la France dans l’Yonne et collaborateur parlementaire du député Daniel Grenon.
Sa candidature est enregistrée sous la nuance Droite souverainiste.
Marie-France Ghersi Burier
Marie-France Ghersi Burier est secrétaire départementale du Parti communiste français dans l’Yonne.
Elle se présente aux élections sénatoriales sous la nuance Parti communiste français.
Sa candidature est notamment menée en coordination avec celle de l’écologiste Taoufik Kor, même si les suffrages seront comptabilisés individuellement pour chaque candidat.
Taoufik Kor
Figure de la vie politique migennoise, Taoufik Kor est conseiller municipal de Migennes et conseiller communautaire.
Il conduisait une liste lors des dernières élections municipales à Migennes.
Sa candidature aux sénatoriales est enregistrée sous la nuance Les Écologistes.
Thibault Béthencourt
Âgé de 32 ans, Thibault Béthencourt fait partie des nouveaux visages de ce scrutin sénatorial.
Sa candidature est officiellement enregistrée sous la nuance Divers.
Elsa Joliton
Enseignante, Elsa Joliton porte la candidature de La France insoumise dans l’Yonne.
Elle mène une candidature distincte des autres représentants de gauche engagés dans ce scrutin.
Dominique Vérien
Sénatrice sortante, Dominique Vérien siège au Palais du Luxembourg depuis 2017.
Membre du groupe Union Centriste, elle préside la délégation sénatoriale aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes.
Elle est candidate à sa réélection sous la nuance Union des Démocrates et Indépendants.
Les sénatoriales en cinq questions
Est-ce que tous les Icaunais peuvent voter dimanche ?
Non. Contrairement à l’élection présidentielle, aux législatives ou aux municipales, les sénateurs ne sont pas élus directement par l’ensemble des citoyens.
Dans l’Yonne, 1 115 grands électeurs participeront au scrutin.
Combien de sénateurs seront élus ?
Deux sénateurs représentent l’Yonne.
Neuf candidats briguent cette année ces deux sièges.
Pour combien de temps sont-ils élus ?
Un sénateur est élu pour six ans.
Le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans.
Peut-on voter pour deux candidats de sensibilités différentes ?
Oui.
Dans l’Yonne, le panachage est autorisé. Un grand électeur peut donc choisir deux candidats différents, indépendamment de leur appartenance politique.
Les suffrages sont comptabilisés candidat par candidat.
Un sénateur représente-t-il uniquement les élus locaux ?
Non.
Le sénateur est un parlementaire. Il vote les lois qui concernent l’ensemble du pays et contrôle l’action du Gouvernement.
Son mode d’élection et la mission confiée au Sénat lui donnent cependant un lien particulier avec les communes et les collectivités territoriales.
Un rendez-vous discret mais important
Les élections sénatoriales n’ont certainement pas la visibilité d’une présidentielle, de législatives ou d’élections municipales. Elles restent pourtant un rendez-vous important de la vie démocratique.
Dimanche 27 septembre, 1 115 grands électeurs devront départager neuf candidats pour attribuer les deux sièges de sénateurs de l’Yonne.
À l’issue du scrutin, deux élus représenteront pendant six ans le département au Palais du Luxembourg.
Une élection indirecte et parfois difficile à décrypter, mais dont les conséquences concernent directement la représentation de l’Yonne et de ses collectivités au Parlement.
Emma Miredin

