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Santé : le renoncement aux soins des Français progresse…

7 octobre 2018

Un Français sur trois ne fréquente plus désormais la salle d’attente d’un praticien. Preuve que la situation économique de nos compatriotes ne tend pas à l’amélioration. Car, derrière ce renoncement, il faut y voir plusieurs sources de carence. Budgétaires, de prime abord, en particulier pour certains types de soins. En premier lieu, ceux qui concernent la spécialité dentaire. Mais, ceux se rapportant à la vue sont tout aussi excessifs.

En outre, face à des délais d’obtention de rendez-vous qui frisent souvent le ridicule, parfois l’insurmontable dans le cadre d’une urgence (de neuf à douze mois dans le meilleur des cas), nos concitoyens en incompatibilité chronique avec la patience (celle-ci a tout de même ses limites) jettent bien souvent l’éponge.

En règle générale, faute de moyens financiers à un instant « t », l’accès aux soins se diffère de quelques mois. Or, les enquêtes menées par la Caisse Primaire d’Assurance maladie (CPAM), tant au plan national que régional, démontrent que ces quelques mois d’attente se substituent en une période de carence quasi définitive au bout d’un certain délai.

Ironie des choses, en vérité ! Alors que l’espérance de vie des femmes et des hommes de ce pays atteint des records de longévité, alors que les progrès de la médecine sont au firmament de leur réussite depuis plusieurs années, la France ne permet plus à un quart de sa population de pouvoir subvenir à des notions élémentaires de l’existence : se soigner. Sombre constat d’une évolution positive de la société !

Cette dégradation latente de la situation concerne dorénavant l’ensemble des strates catégorielles de notre population. Les actifs éprouvent la pire des difficultés à pouvoir honorer des rendez-vous médicaux coïncidant avec des emplois du temps particulièrement garnis. La désertification des médecins généralistes dans les campagnes les prive de possibilités de pouvoir accéder aux soins le samedi, jour de temps libre où l’on peut vaquer des occupations autres que professionnelles.

Mais, la couverture insuffisante, notamment au niveau de la complémentaire santé, la méconnaissance du système de santé ou l’éloignement géographique constituent une armada de raisons valables qui rebutent de plus en plus nos concitoyens à effectuer des recherches. Pourtant, vitales pour leur devenir.

Conséquence : le port de lunettes ne devient plus une priorité absolue. Certaines personnes se contentent de poser sur leur nez des bésicles aux verres rayés et dépolis par les affres du temps. Avec les risques imaginables que cela comporte lorsqu’elles s’installent au volant de leur automobile…

D’autres rechignent à se faire examiner la dentition. Les consultations peuvent requérir jusqu’à plusieurs mois d’attente avant de pouvoir extraire la dent qui provoque de sérieuses douleurs. Quant à la pose d’un appareillage dentaire à base de prothèses, elle nécessite un tel budget que la patientèle n’hésite plus à se passer de manière catégorique de ces attributs nécessaires à la qualité de vie.

Qu’en advient-il de situations plus dramatiques avec le besoin de soins vitaux pour lutter et éradiquer certaines pathologies ? Mystère !   

Devant cette recrudescence de renoncement aux soins qui affole le cénacle politique, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie déploie, à l’heure actuelle sur l’ensemble de l’hexagone, un dispositif de lutte contre cette désaffection volontaire qui n’a rien d’un épiphénomène.

Testé en phase pilote sur le département du Gard, ce processus de retour aux soins accompagné est aujourd’hui élargi à la France entière. Dans  l’intérêt des assurés sociaux. D’ailleurs, les premières tendances statistiques permettent d’observer la pertinence de ce processus. Chaque semaine dans le pays, c’est une moyenne de 325 personnes qui est ainsi prise en charge par la Caisse Primaire d’Assurance maladie. Soit un total de 35 433 assurés.

Parmi les accompagnements réalisés, près d’un dossier sur deux a abouti à une réalisation de soins. Plus de douze mille assurés ont vu leurs droits ouverts tandis que plus de six mille d’entre eux bénéficiaient d’une orientation adaptée à leurs besoins parmi le système de soins.

Enfin, 4 480 personnes ont eu recours à un montage financier salutaire et près de 1 400 ont pu profiter de l’intervention de partenaires.

Ce dispositif expérimenté depuis 2016 fait aujourd’hui florès sur le territoire. Et la Caisse Primaire d’Assurance maladie veille au grain. Mais au-delà de l’initiative, ce délitement sanitaire au plus haut degré atteste que d’importantes lacunes sociétales et comportementales s’accumulent comme des nuages noirs dans le ciel français. Précédant un avis de tempête qui pourrait avoir un jour des conséquences funestes pour celles et ceux qui précipitent une partie de la population vers l’exclusion…

Thierry BRET

  

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