« Sans les femmes, les hommes ne seraient rien ! ». Bing, voilà une vérité de la palisse que les représentants de la gent masculine, un tantinet macho – et ils sont légion si l’on en croit les témoignages de ces êtres graciles et merveilleux – auront du mal à encaisser ! C’est le cas de ce meneur de revue, dans un cabaret, qui aime ses « filles » (devenues bien malgré lui de véritables femmes !), déterminées à revendiquer leur féminisme et leur désir d’émancipation. Un aperçu de « Elles », spectacle à l’estampille de la danseuse et chorégraphe Ava PAVIONI, donné à La Scène des Quais…
AUXERRE: Ce jeudi, par deux fois, sera donné la nouvelle création artistique de la chorégraphe et danseuse auxerroise, Ava PAVIONI, sur la petite estrade de « La Scène des Quais ».
La fameuse péniche cabaret ne désemplit pas en termes de fréquentation, de saison en saison. Le hic, c’est que la billetterie est close car ces deux rendez-vous affichent déjà complet !
Une réminiscence de la programmation de juin où cette représentation avait déjà conquis le public local, soucieux de décrocher le précieux sésame – le billet d’entrée – lui permettant de s’installer confortablement dans l’enceinte fluviale et d’apprécier l’ambiance de ces scénettes, en mode comédie musicale.
Joueuse, Mathilde PELEN, hôte de la péniche culturelle, avait décidé de tenter le coup avec de nouvelles dates en cette fin août. Bingo ! A chaque fois, ce fut le même succès. Une salle qui se remplit à la vitesse de la lumière, même si le public était plongé ensuite dans la pénombre dès que retentissaient les premières notes de ce spectacle agréable et très bien ficelé, conceptualisé façon cabaret.

Des chorégraphies ultra léchées et professionnelles…
Pour celles et ceux qui n’ont pas encore pu découvrir la belle silhouette filiforme et gracieuse d’Ava PAVIONI, accompagnée de sa troupe de six danseuses et un chanteur sur les planches, qu’ils se rassurent ! Mathilde PELEN promet d’y remédier en réinvitant ces artistes, avant la fin de l’année sur sa péniche, peut-être au moment des vacances de Noël !
Pour l’heure, une poignée de connaisseurs eurent droit à une séance de répétition, aux alentours de midi ce mercredi. Idéal pour vibrer aux sons des musiques trépidantes et disco qui agrémentent ce spectacle d’environ une heure, donnant le tourbillon à ces jeunes danseuses virevoltantes et déjà expertes dans leurs mouvements. Maîtrise du rythme, synchronisation parfaite, jeu de scène ultra léché, sourires éclatants sur les lèvres et plaisir manifeste d’être là : rien à dire, à l’école d’Ava PAVIONI, si l’on vient y apprendre les fondamentaux de la danse, ce n’est pas pour faire de la figuration ni s’ennuyer ferme dès que l’on monte sur une scène !
Les puristes auront apprécié les tableaux interprétés sur les airs musicaux de la chanteuse québécoise Diane TELL « Si j’étais un homme » ou de la toute jeune Barbara PRAVI, l’une de nos dernières représentantes à l’Eurovision digne de ce nom pour porter les couleurs de la France vers la victoire, en berne depuis 1977 !

Un crooner de charme, certes, mais désabusé face aux femmes
L’unique garçon de la troupe, apprêté dans son costume sombre, jouait presque les crooners de charme, scotché sur son tabouret, micro en main, sur le standard de James BROWN, « It’s a man’s, a man’s, man’s world ». Un monde d’hommes – accentué par trois fois, tout un symbole, non !? – mais où les femmes sont primordiales car l’homme ne serait rien, mais vraiment rien, sans « elles ».
L’ancienne pensionnaire de « Danse avec les Stars » a donc réussi dans un sans-faute à délivrer son message, c’est sûr. Faisant appel pour tes textes, à l’écriture ciselée de Stelly GAUTHIER et Andréa TUBIANA.
A 30 ans – l’âge idéal pour se révéler sous le feu nourri des projecteurs ! – Ava PAVIONI a franchi un nouveau palier dans l’approche de sa créativité. Et l’envie de s’exprimer librement sur la condition féminine, aujourd’hui encore bafouée dans bien des sociétés patriarcales et rétrogrades. Obscurantistes, avez-vous pensé ?!
« La femme est l’avenir de l’homme » avait écrit jadis Louis ARAGON mis en musique par Jean FERRAT. Avec « Elles » que l’on espère revoir très vite à « La Scène des Quais » ou ailleurs car le spectacle peut se délocaliser, les femmes prouvent qu’elles peuvent s’émanciper en toute liberté et selon leurs desideratas au grand dam de l’homme, englué pour certains dans leurs nébuleuses convictions d’un autre temps…
Thierry BRET
