Drôle de semaine sainte pour Emmanuel MACRON ! Le Président de la République a en effet essuyé revers sur revers au cours de ces sept derniers jours, tant au niveau de l’actualité internationale qu’au plan de la politique intérieure. Un véritable chemin de croix, fait de désillusions et de doutes. Des évènements survenus en nombre juste avant la fête de Pâques et de quoi la gâcher : sera-t-elle synonyme de résurrection quant à la suite de son mandat en matière de positivisme ?
Malmené dans les sondages d’opinion depuis le renouvellement de son bail élyséen – il plafonne à date à 28 % d’opinions favorables, encore loin devant le pitoyable score enregistré jadis par François HOLLANDE qui était tombé dans les limbes avec 18 % -, le patron de l’exécutif hexagonal souhaitait profiter de son séjour pékinois de 72 heures – il s’est rendu ensuite à Canton – pour oublier ses tracas quotidiens provoqués dans la lointaine France, à onze heures d’avion de distance.
Les tribulations d’un président français en Chine : entre illusions et espoirs déçus !
On ne peut pas dire que ce long périple asiatique fut de tout repos pour le chef de l’Etat qui allait à la rencontre de son homologue chinois, Xi JINPING, avec la ferme intention de faire plier quelque peu les positions inflexibles du « mandarin » dans son soutien sans faille à la Russie de Vladimir POUTINE. Une manière d’aborder le futur entretien entre « Guerre et Paix », en quelque sorte pour les amateurs de littérature russe !
Pour bien faire passer les messages et les rendre plus audibles à l’unisson du continent européen qui est loin d’être solidaire par ailleurs sur le sujet (n’est-ce pas M. ORBAN ?), Emmanuel MACRON avait opté pour l’accompagnement, celui de la responsable de l’institution de Bruxelles, Ursula Von Der LEYEN.
A la différence près, que la présidente de l’UE n’eut droit qu’à un seul face-à-face avec le président de l’Empire du Milieu – son visage et son attitude sur le cliché officiel sont sans équivoque quant à la froideur et la distance de l’entretien ! - alors que le président français multiplia les échanges avec davantage d’égard de la part de son hôte.
Sans doute, pour Xi JINPING et la culture chinoise, est-il plus légitime et plausible de discuter des affaires du monde, surtout quand elles se détériorent comme jamais, entre représentants de la gent masculine !

Indéfectible Xi JINPING : son seul soutien va à la Russie de POUTINE…
Lors de la conférence de presse finale, réunissant les deux interlocuteurs à distance très respectable – cela ressemblait presque aux entretiens qu’aura eu Emmanuel MACRON avec Vladimir POUTINE assis à cette interminable table de bois blanc au Kremlin ! -, et au-delà des apparences courtoises et exagérément amicales, il est très vite apparu pour les observateurs de la sphère géopolitique que les communiqués communs n’apportaient aucun signe d’évolution tangible quant à la position de la Chine sur le dossier ukrainien.
Pékin reste et demeure indubitablement un indissociable allié de Moscou. A la baguette sur bon nombre de sujets…
Pour preuve, naturellement, il n’y eu aucune critique ni reproche fait à la manière d’une admonestation au maître du Kremlin, trop content d’assister tout puissant de sa tour d’ivoire à l’échec de la mission de bons offices tricolore. Tel que lui-même l’avait fait déjà comprendre à son interlocuteur lors des fameux et inutiles échanges téléphoniques entre Paris et Moscou, appels qui se sont tus de manière définitive depuis le mois de septembre…A croire qu’il n’y a désormais plus d’abonnés sur la ligne…rouge ?
Quand Ursula Von Der LEYEN se prend une béquille…
Ce n’est pas mieux pour Ursula Von Der LEYEN qui a pris elle aussi dans la face un sacré râteau ! Elle qui avait sorti sa botte secrète de sa mallette diplomatique en mettant l’accent sur l’indépendance et la souveraineté de Taïwan – après tout, entre l’Ukraine et Taïwan, les deux dossiers brûlants actuels, autant faire le plein de rodomontades avec le président Xi en direct ! - ; preuve qu’elle a bien été entendue et comprise par l’autocrate aux nerfs d’acier : à peine installée à bord de l’Airbus devant la ramener vers l’Europe, que Pékin mettait déjà sur pied durant trois jours – elles sont en cours au moment où se rédigent ses lignes – de grandes manœuvres maritimes et aériennes en déployant toute une armada guerrière à quelques encablures des côtes de l’île de toutes les convoitises. Poussant Taipeh dans ses derniers retranchements côté alerte rouge, là-aussi, car l’île devrait être « encerclée » à l’issue de ces manœuvres militaires qui sont beaucoup plus qu’intimidantes…

Une "période de convalescence nécessaire" selon Elisabeth BORNE…
Alors qu’il se débattait pis que pendre pour faire entendre la raison au président chinois de ne pas soutenir mordicus l’inflexible agresseur de l’Ukraine, le séjour exotique du président français fut, en même temps – une expression qui lui est très chère – contrarié par sa propre garde rapprochée : j’ai nommé la Première ministre Elisabeth BORNE.
Non contente de balancer une banderille aiguisée et abrupte à la photogénique Marlène SCHIAPPA – cette dernière a osé poser toute habillée sur la « une » du magazine de charme « Playboy » que les jeunes de vingt ans ne doivent pas connaître et accordé une longue interview dans les colonnes du média défendant les valeurs de la cause féminine, on ne voit pas vraiment où se situe le problème ? -, la pensionnaire de Matignon a cru bon s’aventurer dans la réflexion pertinente, en souhaitant une « période de convalescence » à la France.
C’est-à-dire dans son jargon de technocrate de procéder à une pose salvatrice avant de poursuivre les réformes du pays et un désir d’apaisement après avoir usé et abusé de l’article « 49.3 » lors de cette période particulièrement indigeste pour nos concitoyens !
Pensant bien faire, sans doute dans le but de calmer le jeu après le cuisant échec de la rencontre avec l’intersyndicale qui n’aura pas excédé les cinquante-cinq minutes, montre en main d’après les neuf représentants syndicaux déçus de la tournure des évènements ce mardi.

Deux sondages d’opinion défavorables à l’action présidentielle…
La réponse élyséenne ne se fit pas attendre depuis la Chine et ses fuseaux horaires décalés ! Ce fut un « non » cinglant de la part du « pauvre » Emmanuel MACRON qui venait de prendre un refus, lui-même, catégorique mais avec le sourire, du moins on l’imagine, de la part de son hôte chinois ! Une manière pragmatique d’appliquer le principe des vases communicants…
Dès son retour à Paris, le Président de la République a eu connaissance des deux derniers sondages du moment qui ont dû l’affecter un peu plus : l’hypothétique victoire à date de l’opposante Marine LE PEN si une présidentielle se déroulait ces jours-ci (55 % des suffrages favorables au second tour si tant est que la figure du RN daigne un jour tenir ce rôle à risques) et le baromètre de l’instant, concernant l’appréciation de sa gouvernance par le peuple – la foule ?! – français : 28 % de bonnes opinions, soit une poursuite de la chute de sa popularité dans les enquêtes d’opinion.
Bref, Emmanuel MACRON doit profiter de ce long week-end pascal pour brûler un cierge et faire une prière en espérant un retour en grâce de ses actions politiques auprès de ses compatriotes. Tout est possible avec ces fêtes de Pâques, porteuses d’espérances comme chacun le sait et aussi, synonymes de résurrection !
Thierry BRET
