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Ralliements : querelles et trahisons à en donner le tournis !

7 octobre 2018

Communément, on appelle cela une « prise de guerre ». Un terme plutôt mal venu au vu du contexte international actuel, je vous l’accorde. Mais, indéniablement, ce fait stratégique se renforce au fur et à mesure que le temps presse et nous rapproche du premier tour de l'élection présidentielle, le 10 avril.

C’est un jeu de chaise musical inhabituel et on ne peut plus surprenant pour les suiveurs de cette échéance électorale capitale qui nous revient tous les cinq ans. Un drôle de jeu qui pousse les citoyens à se poser de multiples interrogations sur le bien-fondé de la politique surtout quand celle-ci est devient de plus en plus politicienne. En s’éloignant le plus possible des notions de philanthropie dans les esprits !

 

Un cas d’école où les actes ne sont pas assumés jusqu’au bout : celui d’Eric WOERTH…

 

Voyez plutôt ! Ancien ministre du Travail et du Budget sous l’ère de Nicolas SARKOZY, le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale Eric WOERTH vient d’apporter son soutien, non pas à la candidate légitimée au soir du congrès du 04 décembre de sa propre famille des Républicains dont il fut le secrétaire général, mais au Président de la République Emmanuel MACRON !

Une onde de choc qui a secoué le cocotier de la droite et du centre droit ! Plus qu’une défection, c’est une fin de non-recevoir absolue, façon joli soufflet administré au visage de Valérie PECRESSE que vient de porter là, en estocade, le député de l’Oise, devenu rebelle à sa cause et à sa famille originelle.

Lui qui dézinguait à boulet rouge il y a peu encore les actions du locataire de l’Elysée vient de nous rappeler que l’opportunisme règne en bonne et due forme dans cette sphère de l’intelligence et du calcul millimétré au cordeau qui se nomme le pouvoir. Au service des intérêts personnels ?

Ah, cet « esprit de famille » dont les ténors de la droite, du centre et de la gauche réunis, sans omettre ceux des formations souverainistes qui s’y mettent aussi en nous rabattant les oreilles à chaque meeting et autre intervention audiovisuelle, demeure un docte principe dans la France d’aujourd’hui !

Un esprit de famille qui, hormis pour les puristes et celles et ceux qui croient encore aux vertus de la loyauté indéfectible (ils sont en voie d’extinction comme certaines espèces animales) a bon dos et ne tient plus qu’à un fil dans ces multiples péripéties de girouette se mouvant sous tous les vents et les selon les opportunités !

Car, bien sûr, quand on tourne casaque à ses convictions primaires, il faut en assumer ses actes. Ce que n’a pas manqué d’oublier de faire l’ancien maire de Chantilly en ne démissionnant pas de la présidence de la commission des finances de l’Assemblée nationale, habituellement occupée par un représentant de l’opposition !      

Depuis, les députés de gauche comme de droite et d’ailleurs, membres de ladite commission, protestent à qui mieux mieux contre le refus du député de l’Oise de descendre de son perchoir.

Devraient-ils se mettre en grève au nom du sacro-saint principe de l’esprit d’équilibre démocratique à respecter au sein des institutions nationales ? Ou doivent-ils démissionner en bloc afin de faire préserver les droits de l’opposition ?

Pour l’heure, la situation, peu médiatisée, est ubuesque au plus haut niveau au sein de la vénérable commission (l’une des plus importantes à œuvrer au Palais Bourbon) parce que le député de l’Oise ne déroge pas de sa ligne stratégique.

Il a fait entendre qu’il ne rendrait pas les armes en quittant le poste pour lequel il a été désigné en 2017. Et s’est fendu d’une phrase qui a provoqué l’ire de ses collègues députés : « je ne soutiens pas le premier mandat d’Emmanuel MACRON, j’ai dit que j’allais soutenir le deuxième mandat du chef de l’Etat… ».

Effectivement, une nuance linguistique qui a toute son importance dans la résultante ce  ces faits !

 

 

Trahisons à tous les étages dans le paysage politique national…

       

Mais, ces querelles et trahisons en tout genre entre ces personnes de bonne compagnie qui évoluent dans le même sérail politique, ne sont pas à l’apanage des seuls Républicains.

D’ailleurs, leurs militants attendent toujours un geste de soutien public de leur ancien leader, le charismatique Nicolas SARKOZY, très silencieux et qui n’a pas pipé mot après sa rencontre avec une Valérie PECRESSE qui peine à retrouver de l’élan dans les sondages, suite à son meeting parisien raté, tant au plan de la communication que de l’oralité.

A gauche, les coups bas assassins entre amis de « trente ans » prolifèrent à profusion depuis plusieurs semaines. C’est Ségolène ROYAL qui porte sa préférence sur l’un de ses ennemis héréditaires de toujours, Jean-Luc MELENCHON, appelant au vote utile !

Le leader de La France Insoumise trouve enfin grâce à ses yeux, elle qui l’a combattue si longtemps. Un revers cinglant destiné à la socialiste Anne HIDALGO qui n’avait pas besoin de cela pour sortir la tête de l’eau et émerger des limbes abyssales dans lesquelles l’ont fait plongées la candidature inopinée de Christiane TAUBIRA et le rejet des Français, par sondages interposés, de la voir endosser le rôle de chef de l’Etat !

C’est le cas de l’ex-égérie du mitterrandisme, Elisabeth GUIGOU qui adresse un message fort à La République en Marche en soutenant Emmanuel MACRON. L’ancienne ministre de la Santé, Marisol TOURAINE, vient de faire de même.

 

 

Que dire des départs façon « on quitte le navire qui flotte sur les eaux bleu marine » de toute une escouade de seconds couteaux qui officiaient jusque-là au Rassemblement National ? Exit Damien RIEU ! Exit Nicolas BAY ! Exit Gilbert COLLARD (un peu moins second couteau car disposant d’une aura médiatique plus importante), partis naviguer sur la mer des Sargasses (?) de « Reconquête ! », le nouvel appareil du polémiste inattendu pouvant jouer un rôle dans la sphère politique, Eric ZEMMOUR ! Un candidat qui à date se plaint de ne pas recueillir le nombre de parrainages nécessaires d’ici le 04 mars et pourrait être absent des joutes électorales !

Ce « mercato » électoraliste, digne de l’intersaison footballistique, donne le tournis ! On y perdrait presque son latin au vu de certains ralliements de circonstance ! Sauf pour le président, pas encore candidat officiel, qui au vu de tous ces atermoiements et autres coups de poignards, gagne la mise au final.

Une certitude : en faisant éclater toutes les barrières des partis traditionnels au nom de la porosité pluraliste depuis 2017, Emmanuel MACRON a recomposé un paysage politique qui ne peut que lui être profitable dans sa quête à la réélection. En siphonnant les deux formations traditionnelles de ses membres influents (LR et PS). En déstabilisant ces partis fondamentaux au point de les précipiter dans leur chute ?

 

Thierry BRET

 

 

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