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Présidentielle : la gauche au pied du mur… des lamentations !

7 octobre 2018

Lucide et réaliste, Stéphane LE FOLL maire socialiste du Mans, dans ses déclarations en cette journée dominicale sur les ondes d’Europe 1 ? Il ne doit pas être très éloigné de la vérité !

Selon lui, « il n’y a pas de projet global ni d’ambitions pour la gauche dans cette échéance présidentielle » qui arrive pourtant à la vitesse d’un TGV lancé en pleine course.  

En disant cela, l’ancien ministre de l’Agriculture de François HOLLANDE pointe d’un doigt rageur, en la taclant sévèrement, la candidate du PS, Anne HIDALGO.

Malmenée dans les sondages depuis qu’elle a confirmé ses prétentions élyséennes auxquelles plus personne ne croit, la première élue de Paris oscille dans les intentions de vote du premier tour entre 3 et 5 % !

Un score dérisoire et qui ne décolle pas, si on le compare au glorieux passé du parti à la rose qui avait jadis dans ses rangs des personnages majeurs de la politique française à l’instar d’un François MITTERRAND, d’un Pierre BEREGOVOY ou d’un Pierre MAUROY. Pour les plus récents de ses représentants, possédant l’étoffe présidentielle.

Ne parlons pas des pères fondateurs du socialisme dont Jean JAURES. Ils doivent tous se retourner dans leurs tombes après un tel coup de Jarnac (l’incohérence et le flou artistique sur les idées) qui condamne le PS à jouer les faire-valoir dans cette élection. Voire de disparaître à court terme de l’échiquier…

A ce jour, si elle maintient sa présence dès la joute initiale en avril 2022, il n’est même pas certain qu’elle puisse atteindre le seuil minimal du remboursement des frais de campagne ! Un palier que pourtant Benoît HAMON, chantre du revenu universel (il avait lui au moins une proposition fédératrice intéressante qui pouvait inciter les plus jeunes à voter pour lui !), avait eu toutes les peines du monde à franchir, terminant avec 6 % des suffrages lors de l’épisode 2017.

 

 

 

 

Le Parti socialiste n’existe plus, place à une sociale démocratie ?

 

 

Et ce n’est pas la volte-face ubuesque et totalement imprévisible de la première Dame de Paris, vécue cette semaine à bord d’un TGV (nous y revoilà, lors d’un trajet effectué entre Paris et Poitiers où elle décidera de faire demi-tour illico pour rentrer dans la capitale avant une annonce médiatique d’importance !), qui devrait encourager les électeurs socialistes et de la gauche en règle générale à se reconnaître dans cette formation à la dérive.

Ce qui fait dire, par ailleurs, à Stéphane LE FOLL, qui avait lui aussi des prétentions à l’investissement des socialistes en 2022, que « le PS n’existe plus et qu’il est nécessaire désormais de penser à la création d’un nouveau parti socialiste ».

Flirtant avec les préceptes de la sociale démocratie. Et de la modernité, de manière sous-jacente, enterrant de facto l’archaïsme originel véhiculé par les « Eléphants » empêtrés dans leurs idéologies ?

Aujourd’hui, l’élu de la Sarthe désavoue complètement la candidature d’Anne HIDALGO. Lui qui s’était présenté face à elle lors d’une primaire qui n’en fut pas une finalement et qui souhaitait un débat comme dans toute association politique démocratique qui se respecte sans avoir obtenu gain de cause. Preuve de la largesse d’esprit de la candidate parisienne !  

Un comble, effectivement, alors que l’élue socialiste tente maintenant de renverser la vapeur, alors que les vents ne lui sont pas favorables, en sollicitant l’ensemble des candidats de la gauche à se retrouver dans une sorte de primaire qui la légitimerait peut-être à la sortie tout en additionnant les voix de ses partenaires. Au nom du sacro-saint principe que le PS doit rester le premier parti de la gauche en France.

 

 

Contre vents et marées. Alors que depuis plusieurs années, La France Insoumise (LFI) et Europe Ecologie Les Verts (EELV) sont passés loin devant lors des différents scrutins nationaux.

Seul le Parti communiste est en deçà des scores médiocres enregistrés par le PS : c’est tout dire ! Il reste au PS, a contrario, le bon ancrage territorial qui s’affiche lors des élections régionales et municipales. Mais, souvent, dans ces scrutins à l’identique des départementales, c’est une affaire de femmes et d’hommes autour de leur charisme qui font la différence, beaucoup plus qu’un simple programme affiché sur une feuille de route.

De la proposition inattendue de la tête de file du PS : il n’y aura qu’une seule réponse à l’unanimité, le refus !

 

 

 

La perte du pouvoir d’achat et le gâchis social ne favorisent plus l’alternance politique…

 

  

Les propos de Stéphane LE FOLL ne sont pas les seuls à avoir fait tremblé l’édifice socialiste après cette curieuse semaine du grand n’importe quoi au niveau des déclarations.

L’ancienne candidate à la présidence Ségolène ROYAL a fustigé la maire de Paris devant ses choix. Idem pour le dernier socialiste à avoir siégé à l’Elysée, François HOLLANDE ! Jamais la gauche n’a été autant divisée à l’approche d’un scrutin aussi capital pour le pays même s’il reste encore cinq mois pour convaincre un électorat plus enclin à se tourner vers l’abstention. Ou pire encore vers les extrêmes…

On est donc très loin de la fameuse Union que recherchent Anne HIDALGO et Arnaud MONTEBOURG, lui aussi candidat déclaré, mais prêt à faire don de sa candidature au meilleur des prétendants placés sans pour autant soutenir les yeux fermés la proposition de primaires voulue par la candidate socialiste…Mais ne sont pas François MITTERRAND, Georges MARCHAIS et Robert FABRE qui veut !

Bref : c’est le capharnaüm le plus obscur pour suivre la ligne stratégique actuelle de cette frange politique française qui a pourtant son mot à dire dans le débat démocratique. Au nom de la pluralité intellectuelle et des idées.

Pessimisme sur le résultat de 2022, et il n’est pas le seul à gauche, puisque les leaders charismatiques que sont Jean-Luc MELENCHON et Yannick JADOT ne jouent pas gagnants pour se qualifier au second tour, Stéphane LE FOLL se projette déjà sur l’avenir. Pensant reconstruire un PS à la sauce sociale-démocrate, beaucoup plus digeste.

Etrange paradoxe qu’il ne l’ait pas pensé plus tôt. Mais, il est vrai qu’Emmanuel MACRON et En Marche sont déjà passés par là en siphonnant les socialistes modérés et progressistes !

Alors que la France a été confrontée depuis cinq ans aux phénomènes de la crise sanitaire, de la flambée des prix, de la dégringolade du pouvoir d’achat, des grèves et revendications sociales à répétition (les Gilets jaunes), des délocalisations, de l’incurie administrative et de la hausse des plans sociaux : la gauche devrait être aux portes du pouvoir sous le couvert de l’alternance si la logique traditionnelle était respectée !

Ce qui ne sera pas le cas ! Car les paradigmes de notre société se sont modifiés…

 

Thierry BRET

     

 

 

 

 

 

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