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Port du masque : un zéro de conduite pour la technocratie

7 octobre 2018

Le gag. Puis, la reculade. Avec au final, l’incompréhension coutumière qui fait sienne dans ce pays si cocardier où l’art de retourner sa veste est devenu monnaie courante au fil de ces décennies. Il suffit de se remettre en boucle entre deux oreilles la chanson de Jacques LANZMANN, « L’Opportuniste », écrite en 1968 et interprétée avec ironie par Jacques DUTRONC, pour se remémorer les vertus pernicieuses de cette discipline franco-française. Celle qui se rapproche le plus de l’indécise marche d’un âne (animal intelligent de surcroît !)  : un pas en avant, deux pas en arrière !

Finalement, ce sont les joggers et les cyclistes de la capitale qui rigolent de ces vicissitudes amusantes après la décision prise par la préfecture de Paris de supprimer l’arrêté promulgué la veille par ses soins, obligeant les sportifs à arborer le masque de protection en toute circonstance y compris dans l’effort.

Vendredi soir, péremptoire, l’ordre de banaliser le port du masque dans tout Paris concernait, outre ces deux catégories d’usager de l’espace public, les piétons et les motocyclistes.

Seuls « les usagers circulant à l’intérieur des véhicules à moteur » étaient dispensés de ces nouvelles mesures de protection pour limiter la propagation de ce virus si pervers et naturel qu’il empêche la planète de tourner sur elle-même.

Une décision qui ne faisait pas l’unanimité, loin de là. La Ville de Paris la qualifiant de totalement « absurde ». Ce qui en dit long sur l’état des relations entre les deux corps institutionnels qui gèrent la destinée de la capitale !

On pensait cette décision drastique entérinée définitivement. Oui mais voilà, il n’aura fallu que quelques heures de tractations entre la mairie de Paris et la préfecture pour que cette nouvelle restriction des libertés individuelles ne voie son application capoter dans la confusion la plus totale.

 

L’incohérence absolue pour les motards…

 

Faisant machine arrière toute, la préfecture de police a tout bonnement ôté de la liste des bénéficiaires de ces mesures restrictives les joggers et les cyclistes. A la bonne heure. Mais, au grand dam des piétons qui doivent se plier à cette interdiction de circuler librement à visage découvert. Cela, on peut encore l’admettre et le comprendre puisqu’ils peuvent ne pas respecter les principes de la distanciation physique ô combien salvatrice dans certains endroits.

Mais, qu’en est-il exactement des motards ? Pour eux, il n’y aura pas d’autre alternative que de valider stricto sensu cet arrêté aux contours évoquant le flou artistique absolu. D’où l’ire des adeptes des deux-roues, excédés par une mesure coercitive qui rend le pilotage d’une grosse cylindrée proprement impossible.

Imaginez le tableau ! Munis de leur casque, déjà encombrant à porter, les motards devront s’affubler d’un masque chirurgical ou en tissu sous leur visière. Provoquant un contexte où l’air saturé de gaz carbonique rendra très vite l’ensemble irrespirable. Sans omettre la buée qui couvrira progressivement ladite visière si celle-ci est refermée. Ce qui est par ailleurs vivement recommandé en matière de sécurité routière. Bref : ce sont les conditions idéales pour aller se fracasser la tête la première contre le moindre obstacle venu aux abords d’une route…

En revanche, la préfecture de Paris indique que les « usagers circulant à l’intérieur des véhicules particuliers, camionnettes ou poids lourds sont dispensés de cette obligation de port du masque… ».

 

Une décision qui pourrait gagner l’ensemble du territoire…

 

Mais, alors, une question liminaire se présente à nos esprits retors : si plusieurs personnes peuvent partager les sièges de ces véhicules et être potentiellement contaminées en mettant en danger la santé des autres occupants desdits véhicules, y aurait-il davantage de risques de transmettre le coronavirus seul sur son gros cube en plein vent ?

Compte tenu de la réponse évidente qui aurait fait sourire Monsieur de Lapalisse s’il se l’était posée, il semble bien que les technocrates qui nous abreuvent d’ordres et de contre-ordres en tout genre sur ce domaine sanitaire si particulier n’y ont pas pensés !  

D’où cette prise de décision qui flirte le ridicule, mais en France on le sait parfaitement, il y a belle lurette que le ridicule ne tue plus !

Reste à savoir maintenant si ces nouvelles obligations liberticides vont s’appliquer à l’ensemble de l’Hexagone. Les départements de l’Ile-de-France sont déjà dans l’obligation de s’y conformer depuis ce samedi. Les grandes métropoles, dans l’œil du cyclone depuis cet été, n’en sont pas très loin. Les autres régions sont dans les starting-blocks pour y être soumises.

Et, chemin faisant, Emmanuel MACRON évoque au détour d’une conférence de presse une éventuelle remise sous cloche de la France en manque de confinement.

Vive la rentrée : elle s’amorce déjà sous ses meilleurs auspices, en effet !

 

Thierry BRET

 

 

 

 

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