Loin d’être anodin, l’argument circule depuis fort longtemps parmi les milieux autorisés avec une réelle persistance. Ce n’est donc pas la première fois qu’au détour d’une simple conversation captée au contact d’un représentant de la classe politique ou lors d’une intervention publique à une tribune, que l’on en entend parler.
Si cela s’avérait exact, ce serait un étrange paradoxe que celui-ci ! Alors que les instances régionales ouvrent grands les robinets financiers à chaque séance de la commission permanente pour arroser d’aides bénéfiques de multiples projets dont ceux de l’Yonne, il semblerait, selon les propos qui se répandent çà et là telle une trainée de poudre que le département le plus septentrional de la Bourgogne Franche-Comté serait une fois de plus le laissé pour compte. Il ne récolterait in fine que les miettes du plan de relance !
Ce faisant, ce territoire occuperait derechef la dernière position des départements bénéficiaires de ce plan à grande échelle sur l’échiquier régional (sic) !
L’Yonne n’a pas à rougir de sa dotation…
Réunis ce vendredi 29 octobre à Besançon, les élus régionaux ont pourtant accordé après scrutin une enveloppe de plus de 185 millions d’euros d’aides.
Des subsides concernant en partie le Plan d’accélération de l’Investissement régional (PAIR) mis en place par l’organisme de la tutelle territoriale afin d’annihiler les conséquences néfastes imputables à la crise sociale et économique provoquée par l’épidémie de la COVID-19. Et naturellement, parmi ces aides, l’Yonne qui y figure bel et bien en récupère de manière très légitime les fruits sur certains dossiers.
En outre, à la lecture attentive du dernier compte-rendu d’une dizaine de pages détaillant avec moult précisions la répartition de ces aides régionales décidées ce vendredi, l’Yonne n’a pas à rougir de sa dotation.
Qu’il s’agisse de la formation professionnelle autour de l’attractivité de la filière des métiers du grand âge et du handicap, des structures positionnées dans l’univers de l’ESS (Economie Sociale et Solidaire), des segments agricoles et industriels, du soutien à la commercialisation en vente directe des productions agro-alimentaires locales : la Région confirme sa présence dans l’obtention de cette manne budgétaire au nord de sa zone géographique de prédilection.

Des enveloppes conséquentes destinées à l’aménagement du territoire…
Que dire aussi de l’engagement de l’institution régionale dans des domaines aussi disparates mais complémentaires au niveau des retombées économiques que peuvent l’être le tourisme avec l’aménagement des berges de l’Yonne à la lisière de la Nièvre, les projets péri-pédagogiques en milieu scolaire (les lycées et leur gestion qui restent l’apanage du Conseil régional) ou encore le coup de pouce accordé aux clubs sportifs amateurs ou de haut niveau, très impactés depuis près de vingt mois par une crise sanitaire sans précédent à l’ère moderne.
L’aménagement du territoire, enfin, demeure l’un des chevaux de bataille de l’exécutif territorial. Ainsi, 400 000 euros aideront à la finalisation de la vélo-route reliant le Canal du Nivernais à Avallon et la vallée du Serein. Une autre voie verte, pédestre celle-là, permettant de rejoindre le site touristique de Rogny-les-Sept-Ecluses à l’étang de Moutiers, a reçu l’imprimatur de la Région avec ses 300 000 euros d’aides à la clé afin d’en accélérer son aménagement.
Voilà une décision qui ne peut que satisfaire le président de la Communauté de communes de Puisaye-Forterre, le conseiller régional Jean-Philippe SAULNIER-ARRIGHI !
Le transport et les enjeux liés à la mobilité verte représentent la figure de proue de ce territoire régional qui n’avance pas masqué quant à ses appétences à soutenir toutes les initiatives favorisant l’accueil et l’essor du développement des énergies renouvelables.
La récente inauguration de la station hydrogène à Auxerre et la promotion de son écosystème en témoigne.
Quant aux travaux d’accessibilité des gares ferroviaires dont celle de Sens (de loin la plus fréquentée de l’Yonne avec environ 5 000 passagers effectuant au quotidien la navette vers Paris), leurs études sont en cours en étant financées par l’exécutif régional.

Les élus de l’Yonne peu réactifs pour présenter les dossiers à la Région ?
Alors, si elle existe, où se situe vraiment la faille dans le système qui entretient cette information si persistante ? La réponse, on la subodore déjà.
Elle a été suggérée cette semaine, où s’exprimant face aux élus de Puisaye-Forterre dans le cadre des « Entretiens de CHAMPIGNELLES », le troisième vice-président de la Région Nicolas SORET, en charge du développement économique, n’a pas manqué de faire part de ses observations lucides. Et d’un constat au goût quelque peu amer.
Pour lui, « les élus de l’Yonne ne font pas la course en tête pour l’attribution des fonds du plan de relance… ». Pourquoi ? Par manque d'informations ? A cause de la lourdeur des contraintes administratives ? Où de liens avec les acteurs de l'économie ?
En terme clair, ce sont à eux (et à leurs équipes) de monter et de présenter des dossiers administratifs qui tiennent la route, au vu de leur proximité et de leurs liens directs avec les entreprises locales, afin de les adresser à la Région pour qu’ils entrent ainsi dans la boucle aux financements.
Un sérieux bémol, toutefois : il ne faudra pas trop tarder pour le faire. En effet, la date du 31 décembre est proche. Dès 2022, il sera trop tard. D’autant que compte tenu du contexte électoraliste et des perspectives conjoncturelles incertaines, il est même possible que les subventions soient réduites à peau de chagrin pendant un certain laps de temps.
Il ne resterait alors plus qu’aux élus retardataires que leurs yeux pour pleurer et dire adieu aux aides de la Région…
Thierry BRET