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Ombre et lumière : la double face de l’Amérique inquiète…

7 octobre 2018

Nation aux disparités saisissantes, les Etats-Unis viennent une fois de plus de nous dévoiler leur véritable visage contradictoire cette semaine.

D’un côté, il y a la lumière, la liberté d’entreprendre, les grands espaces et cette irrésistible envie de se prouver par n’importe quelle idée, à la limite parfois du saugrenu, de tenter l’impossible pour se distinguer des autres. Etre toujours à la pointe de la conquête du monde, voire au-delà…

Au nom d’un sacro-saint patriotisme qui flirte le plus souvent avec une forme de nationalisme bon ton, au protectorat impitoyable qui a fait au fil de ces décennies que ce conglomérat d’états très disparates les uns des autres soit devenu la première puissance mondiale. Talonné à couteau tiré par une Chine aux dents de plus en plus acérées…

L’exemple de SPACE X est à la fois remarquable. Car nous autres Européens sommes toujours à la traîne de quelques longueurs vis-à-vis de notre principal allié mais véritable concurrent dans cette guerre économique qui occupe désormais tous les esprits.

L’homme va retourner dans l’espace dans des conditions matérielles et technologiques novatrices qui laissent augurer d’immenses possibilités scientifiques à l’avenir.

Les Américains ont promis de se rendre à nouveau sur notre satellite lunaire d’ici 2024. Un préalable indispensable pour y construire une base devant accueillir les équipages d’astronautes destinés à se poser sur Mars. Cela est programmé pour les années 2040 si toutes les conditions sont réunies.

Vu de notre microcosme, on ne peut qu’applaudir et encourager ces prouesses humaines et technologiques mises en exergue pour y parvenir. C’est aussi le signe de cette volonté farouche qui offre une nouvelle indépendance à ce pays, précurseur dans la conquête spatiale. Et cette fois-ci, il s’émancipera des Russes pour pouvoir l’accomplir…

 

Un retour en arrière de plusieurs décennies…

 

De l’autre côté, il existe les zones d’ombre. Ces fameuses forces obscures qui louvoient en permanence entre le bien et le mal  au nom du puritanisme, et qui s’insinuent dans les moindres strates de la société. L’une de ses criantes apparences s’appelle le racisme. Ordinaire, puisqu’il s’étale jusque dans la rue aux regards de tous.

Un homme, de couleur, l’a appris à ses dépens dans la ville de Minneapolis. Il se nommait Georges FLOYD. Il ne présentait pas les caractéristiques d’un bandit de grands chemins. Jusqu’à ce jour-là, où ce quadragénaire s’est retrouvé au mauvais moment et au mauvais endroit.

Pris à partie par les forces de police pour une sombre histoire d’excès de vitesse et de suspicion de trafic, l’homme a été éjecté manu militari de son véhicule avant d’être plaqué au sol sans ménagement par quatre gorilles en uniforme.

Les images de ce qui en résultera par la suite ont fait depuis le tour du globe. Elles ont engendré d’innombrables manifestations de violence dans la plupart des mégalopoles de l’Etat, comme ce pays chantre de la démocratie et des libertés en connaît depuis des lustres.

Nous renvoyant aux pires périodes de la ségrégation et de la haine raciale des années 50/60 où les émeutes et autres scènes de lynchage fomentées par le Ku Klux Klan s’affichaient à la une des quotidiens internationaux.

Mais, revenons à cette sombre année 2020. Ce qui est profondément abject dans cette captation visuelle via un smartphone indiscret d’un témoin, c’est d’avoir vu et entendu les cris de détresse de cet homme implorant la mansuétude de ces policiers impassibles. Juste pour le laisser respirer.

Droits dans leurs bottes de « cow-boys » intraitables, les policiers n’entendront pas les suppliques bouleversantes de la victime, se contentant non pas d’agir au nom de la justice mais prononçant déjà la sentence : la peine de mort.

 

L’auteur de cet acte odieux arrêté pour homicide involontaire…

 

Car, c’est bien de cela dont nous avons été les témoins involontaires et impuissants : la mise à mort d’un homme pris sous la tenaille d’une brute de  la pire espèce qui n’aura eu de cesse d’appuyer de plus en plus fort son genou sur la gorge de sa victime, poussée à l’agonie par asphyxie…

Les trois autres policiers (ils n’étaient pas tous blancs), stoïques et insensibles, ont laissé cette scène de meurtre gratuit se poursuivre sans bouger le moindre petit doigt.

Même les invectives houleuses d’une foule en nombre autour d’eux ne pourront malheureusement changer le cours des choses.

Et modifier ainsi l’horrible destinée du pauvre Georges FLOYD qui succombera quelques minutes plus tard dans l’ambulance le transportant inconscient à l’hôpital.

Barak OBAMA ne tardera pas à réagir avec véhémence. L’ancien président s’est indigné de ces nouveaux actes de violence commis envers les Afro-Américains. Donald TRUMP, quant à lui, se contentera d’adresser un tweet laconique et ironique comme il sait les pratiquer avec délectation depuis le bureau ovale.

Entre-temps, les quatre policiers ont été limogés. L’auteur de cette bavure funeste a été arrêté et placé en détention pour homicide involontaire…Les émeutes succèdent aux émeutes avec leur lot de nouvelles victimes et de dégâts considérables. Le feu est mis aux poudres jusqu’à la prochaine bévue ?

En 1982, Johnny HALLYDAY interprétait « Mon Amérique à moi » en hommage à ce pays des libertés où tous les rêves étaient possibles. Depuis soixante-douze heures, c’est sûr : ce n’est plus « notre Amérique à nous … ». Un pays où l’on peut mourir impunément dans la rue à cause de sa couleur de peau…

 

Thierry BRET

 

 

 

 

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