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Nucléaire : jeu de dupes et espérance en Extrême-Orient…

7 octobre 2018

Alors que les tensions entre deux des principales puissances nucléaires mondiales s’avivent – le sempiternel problème du Cachemire qui oppose l’Inde au Pakistan-, on attendait mieux de la rencontre entre le président américain, Donald TRUMP, et son homologue nord-coréen, Kim JONG-UN à Hanoï. La capitale vietnamienne était le théâtre de cette série d’entretiens historiques qui réunissaient les ennemis d’hier autour de la table des négociations.

Mais, malgré les sourires de façade et les poignées de main de circonstance, le dialogue a finalement tourné court. Et selon, toute vraisemblance, de manière beaucoup plus accélérée et abrupte que la normale. Dommage, en vérité, car le président des Etats-Unis avait bien la ferme intention de ne pas repartir du continent asiatique sans obtenir quelque chose de tangible à se mettre sous la dent. A défaut, l’éventualité d’une promesse, toujours envisageable, autour d’un accord sur le dossier nucléaire de la péninsule.

C’est donc bredouille que Donald TRUMP a précipitamment regagné la Maison Blanche après ce long périple qui l’a conduit loin de sa base arrière. Là où en parallèle, se jouait, hasard du calendrier, un autre chapitre de l’histoire mouvementé de cette présidence peu commune avec la confession de son ancien avocat, Michael COHEN. Celui-ci ne s’est pas privé de laver le linge sale en famille et de déballer à grand renfort d’arguments lourds et croustillants un témoignage à charge contre l’irrévérence du successeur de Barak OBAMA.

Ces éléments irrespectueux que le puissant président américain ne pouvait contrôler à distance, l’ont-ils obligé à boucler ses valises plus tôt pour rentrer au pays ? Peut-être. Sans doute agacé par la tournure des évènements qui se profilaient de l’autre côté du Pacifique, le milliardaire président ne s’est pas appesanti plus longtemps au Vietnam en jouant des prolongations fortuites.

Toutefois, on peut reconnaître à raison que Donald TRUMP tente par tous les moyens de renouer les fils de ce dialogue morcelé avec le dictateur nord-coréen. Et en cela, c’est déjà une belle victoire que l’on peut lui accorder à lui et à ses équipes administratives. Ses prédécesseurs n’ayant jamais pu faire aussi bien malgré quelques tentatives avortées sous l’ère de Bill CLINTON.

Celui qu’il qualifie volontiers de « très bon ami » souhaitera-t-il le revoir de sitôt après ce semi-échec ? On l’a bien compris, les enjeux de ces quelques heures de contact direct ont démontré le peu de latitude que peuvent posséder les négociateurs lors de ces échanges bilatéraux stériles. D’un côté, le président américain veut le terme définitif du programme nucléaire de la Corée du Nord. En face, la levée totale des sanctions économiques des Etats-Unis et une réhabilitation sur le devant de la scène internationale motivent le bouillant Kim.

Or, si les deux parties sont a priori en concordance sur le contenu de ces exigences, c’est plutôt sur la méthodologie et la temporalité à y parvenir que le bât blesse très sérieusement. La Corée du Nord souhaite la levée globale des sanctions économiques de manière immédiate. Tandis que les Américains désirent la graduer et la conditionner aux progrès observés sur le dossier de la dénucléarisation.

Les points d’achoppement n’ont pas tardé à apparaître au fil de ce sommet qui n’a pas été encore qualifié de la dernière chance par ses instigateurs. Assagis, calmes, détendus, et ne dévoilant aucun signe ostensible d’une quelconque contrariété, les deux chefs d’Etat ont fait profil bas, par rapport à leurs échanges belliqueux et puérils de l’année 2017.

Là où ils se promettaient de se détruire mutuellement à grands coups de bombes atomiques, Kim et Donald ont semblé se respecter, minimisant même lors de la traditionnelle conférence de presse, cette absence de signature officielle qui aurait pu rendre le sourire aux plus vaillants des observateurs. Les plus optimismes pensent que le processus de négociations n’est pas perdu pour autant. Et qu’il est indispensable de se montrer patient et malin.

D’autres, en revanche, optent pour une stratégie de l’attentisme qui servirait en fait la cause des deux irréductibles présidents. Kim JONG-UN ne doit perdre la face, question de principe familial, aux yeux de son peuple en concédant trop vite le retrait de son programme nucléaire aux Américains.

Quant à Donald TRUMP, toujours embourbé dans quelques délicats dossiers dont celui de la construction du mur à la frontière du Mexique (ce qui lui a valu de bloquer le système administratif durant plusieurs semaines lors du « shutdown »), il doit se refaire une virginité pré-électorale. L’investiture à la présidence du pays est pour demain ; les Américains devant choisir leur représentant présidentiel en 2020.

Le point positif, au final, et après ce relatif fiasco diplomatique, reste que le fil ténu du dialogue n’est pas rompu entre les deux monstres sacrés de la politique mondiale. Et que tout espoir est encore permis pour qu’enfin un jour s’achève l’un des plus vieux bras de fer de la planète entre deux peuples, Nord-Coréens et Américains, qui ne s’apprécient guère…

Thierry BRET

    

    

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