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MELENCHON : l’insoumission au-delà de la justice…

7 octobre 2018

Parangon de vertu en matière de suffisance et de posture médiatique, le colérique président de la France insoumise (FI) a, comme à l’accoutumée, omis de se taire en des circonstances où il aurait été préférable de faire profil bas. Alors que les fourches caudines de la justice tentent de le rattraper dans le cadre de sombres histoires de surfacturation lors de la campagne présidentielle et de cas d’emplois fictifs, une marotte coutumière qui se propage allègrement dans les sphères politiques de l’Hexagone, Jean-Luc MELENCHON a commis le dérapage incontrôlé de trop. Un de plus dont il a le secret, manifestement.

Bien qu’orchestrée par ses soins au plan de la communication, la présence de moult caméras et de mobiles qui ont filmé sans discontinuer la perquisition des locaux de sa formation politique, aura eu l’effet inverse. Tant au niveau de sa cote de sympathie (elle a enregistré une baisse vertigineuse) que de sa crédibilité à représenter un jour le pouvoir suprême. Mêmes les fidèles de la première heure ne s’y retrouvent plus.

Abondamment relayées par les médias, ces images ubuesques d’un président de parti en proie à un emportement vif et excessif, à peine contenu face à un juge d’instruction et des policiers qui demeurent stoïques, a jeté un froid polaire sur l’exemplarité du personnage.

Entre menaces et invectives, gesticulations et bousculades de cour de récréation, les observateurs de l’actualité politique ne cessent depuis cet épisode peu glorieux de notre représentativité politique d’en faire leurs choux gras, via de nombreuses manchettes et chroniques interrogatives.

On ne peut que les comprendre. Peut-on résolument accordé sa confiance à un homme expérimenté de la stature de l’ancien député socialiste, depuis reconverti vers le populisme bon teint, pour gouverner tôt ou tard la France ?

Arguant de son immunité de parlementaire dont il revendique avec beaucoup de véhémence et de vociférations sa pleine appartenance, Jean-Luc MELENCHON se situe-t-il, et au nom de quels principes vertueux, au-delà des lois ?

Dans l’une de ses multiples interviews, données à brûle pourpoint depuis sa poussée de fièvre publique, où l’élu de Marseille tente d’effectuer un sérieux rétropédalage, il place les représentants politiques et les journalistes sur un piédestal commun en matière de privilèges et de particularismes. Une déclaration qui, au lieu d’apaiser les tensions, a aspergé un peu plus d’huile brûlante sur un feu déjà bien nourri. Et exacerber en conséquence un certain nombre d’éditorialistes.

L’intelligentsia médiatique pourrait rétorquer qu’au moindre écart avec la justice, les représentants de la presse ne bénéficient ni de passe-droit ni d’une quelconque immunité dans le cadre d’une affaire justiciable. Ce n’est déjà visiblement pas le cas avec le dirigeant de la France insoumise. Quel citoyen lambda aurait pu agir de la sorte vis-à-vis des forces de l’ordre sans se retrouver ipso facto au fond d’une cellule, placé en quarantaine ?

Mais, le show tragicomique du virulent député des Bouches-du-Rhône ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Dès le lendemain, avec sa morgue et arrogance habituelles, il a usé de moqueries malveillantes envers une consœur de la presse radiophonique. La pauvre a eu à subir les affres courroucées de l’homme public. Imitant, sans l’art et le talent d’un Laurent GERRA, l’accent méridional de la professionnelle qui en bafouillait sa question. Pire, et devant la plupart de ses confrères qui n’ont point bronché, cela dit, Jean-Luc MELENCHON s’est payé sa tête en la qualifiant, sans nuances, de nullité professionnelle, voire de personne inculte dans la pratique linguistique !

Ce qui, in fine, ne sera pas le cas des citoyens Français. Grâce à cette nouvelle démonstration de prise de parole ratée, nos compatriotes ont pu ajouter à leur vocabulaire une locution que ces derniers auront toujours la possibilité de placer avec intelligence et finesse lors d’une partie de « Scrabble ».

« Glottophobie ». Où avec clarté au plan de la signification : la pratique discriminatoire lorsqu’une personne s’exprime avec un accent.

D’ailleurs, une députée de La République en Marche (LREM), Laetitia AVIA, ne décolère pas depuis. Elle a cru bon de déposer, en faisant montre d’une extraordinaire réactivité, une proposition de loi contre les discriminations linguistiques qui ont donc éclaté au grand jour dans ce pays à la suite de cette passe d’armes mémorable. Il est vrai que les parlementaires n’ont que ce genre de sujets sérieux à se mettre à l’heure actuelle sous la dent pour réformer le pays !

Quant à Jean-Luc MELENCHON, qui ronge son frein en fausse condescendance et modestie depuis cette perquisition mouvementée, on ne peut que lui suggérer à l’avenir de changer de circonscription.

Etre élu à Marseille sans en supporter l’accent méridional qui fleure bon le soleil, la chaleur et les cigales, est un comble pour un futur serviteur de l’Etat, peuchère !

Thierry BRET

     

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