La radio des articles
Lisez autrement : écoutez cet article.
Le préfet de l’Yonne interdit le rassemblement prévu samedi 24 octobre à Auxerre, faute de service d’ordre et de respect du délai de prévenance, et restreint les manifestations dans certains secteurs d’Auxerre et de Sens. Près d’une centaine de policiers et des gendarmes seront mobilisés, tandis que les événements sportifs et associatifs sont maintenus.

« J'invite tous nos concitoyens à respecter la loi. » Le message du préfet de l’Yonne est sans ambiguïté. Réunis en conférence de presse, les représentants de l’État, des forces de l’ordre et le maire d’Auxerre ont détaillé les mesures prises pour ce samedi 24 octobre.
Première décision : l’interdiction de l’unique demande de rassemblement déposée, prévue de 14 à 15 heures au rond-point de Paris. En cause, une déclaration déposée hors du délai classique de prévenance, l’absence de service d’ordre et un emplacement jugé inadapté.
« Zéro service d'ordre », a lancé le préfet, rappelant que l’organisateur avait reconnu ne disposer d'aucun dispositif d'encadrement.
Des arrêtés interdisant les manifestations dans des périmètres délimités des centres-villes d’Auxerre et de Sens ont également été pris pour la journée du 24 octobre. Ces mesures visent à prévenir d’éventuels débordements, alors que le préfet redoute un phénomène de contagion après les tensions observées dans d’autres territoires.
Un cadre fixé pour préserver la sécurité et la vie locale
Le préfet ne le cache pas : contrairement à d’autres territoires, l’Yonne n’a pas connu de scènes de chaos comparables à celles observées ailleurs en France. Les manifestations lycéennes de la semaine précédente se sont globalement déroulées dans le calme.
Il a également rappelé qu’il existait une procédure précise pour manifester, inscrite dans un cadre légal, et qu’il avait eu l’occasion de recevoir les lycéens pour leur expliquer comment procéder pour que tout se passe bien.
Mais le risque de contagion existe. « Il y a toujours un phénomène de mimétisme. On ne peut jamais totalement l'écarter. »
Interrogé sur le risque d’attiser les colères en interdisant une manifestation, le préfet a défendu sa décision en invoquant plusieurs motifs : le non-respect du délai de déclaration, l’absence de service d’ordre et le choix d’un lieu jugé inadapté. Il a toutefois distingué les revendications légitimes des comportements violents.
« La manifestation permet d'appeler l'attention », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité du dialogue.
Une délégation intersyndicale sera d’ailleurs reçue en préfecture à l’occasion de la mobilisation annoncée le 5 novembre.
Mais sur les dégradations, le ton se durcit : « Tout ça touche des gens qui sont une majorité silencieuse, qui attendent de l'État qu'il les protège. »
Et lorsqu’il évoque les policiers, gendarmes et pompiers pris pour cible, le représentant de l’État se montre particulièrement ferme : « Ce sont des métiers de conviction, ce sont des métiers de vocation. »
« Il ne faut pas se tromper de combat. »
Un dispositif de sécurité renforcé
Près d’une centaine de policiers et des gendarmes seront mobilisés dans le département. Le dispositif doit toutefois permettre aux forces de l’ordre de poursuivre leurs missions quotidiennes, des accidents de la route aux cambriolages, sans oublier les violences intrafamiliales.
Aux côtés du préfet, le maire d’Auxerre a pris acte de la décision, rappelant que les précédentes mobilisations locales s’étaient déroulées pacifiquement. La municipalité avait néanmoins anticipé les risques en sécurisant le mobilier urbain, les chantiers et les abords du rond-point de Paris.
La décision du préfet apparaît ainsi fondée sur plusieurs éléments précis : l’absence de service d’ordre, le non-respect du délai de prévenance, le choix du lieu de rassemblement et la nécessité de préserver les autres activités prévues dans le département. Elle ne remet pas en cause le droit de manifester, mais rappelle que celui-ci s’exerce dans un cadre légal destiné à protéger les participants comme les autres citoyens.
Le préfet, lui, assume une ligne de fermeté, sans vouloir donner l’image d’un département sous tension.
Les événements sportifs et associatifs maintenus
Car ce week-end, l’Yonne ne se résume pas aux tensions sociales.
À Chablis, le marathon et les festivités qui l’accompagnent mobiliseront organisateurs, bénévoles et forces de sécurité. À Auxerre, l’AJA doit également disputer son match à domicile.
Autre rassemblement d’importance : près de 3 500 scouts et encadrants sont attendus dans le secteur de Vézelay. Un événement d’une tout autre nature, mais qui nécessite lui aussi un dispositif de sécurisation.
Autant de rendez-vous préparés de longue date que le préfet entend préserver.
« On ne peut pas, parce que des gens n'auraient pas déclaré ou auraient décidé [...] de mettre la pagaille, démobiliser les forces et m'obliger à demander à des élus ou à des organisateurs d'annuler des événements prévus de longue date. »
« La vie continue dans le département », rappelle-t-il.
Reste désormais à savoir si les appels à rassemblement qui circulent sur les réseaux sociaux seront suivis d’effet samedi.
