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Manifestation : le gouvernement hausse le ton…

7 octobre 2018

Le dix-neuvième round de la confrontation, opposant les « Gilets jaunes » aux forces de l’ordre aurait pu devenir le combat de trop pour la représentativité internationale de notre démocratie. En optant pour le déploiement des militaires du groupe d’intervention « Sentinelle » aux abords des points névralgiques de la capitale, le gouvernement a donc choisi de faire preuve de fermeté face à l’irréversible.

Après coup, la stratégie s’est finalement avérée payante. Non seulement, les heurts ont été sporadiques au cours de cette journée si redoutée. Mais en outre, les casseurs qui hantaient les rues de la capitale depuis plusieurs semaines ont été réduits au silence.

Car, tout le risque de cette nouvelle échéance revendicative était là. Si ces milliers de manifestants, les Gilets jaunes, bénéficiaient au début de leur mouvement d’une réelle cote de sympathie de l’opinion publique, les choses se sont progressivement inversées au fil du temps.

Est venue se greffer petit à petit une gangrène, beaucoup plus perfide et sournoise, devant prendre les traits de casseurs sans foi ni loi. De manière incontrôlable.

Les anarchistes, marginaux et autres nihilistes de tout poil, telles des hordes de loups affamés, ont lâché  leur vindicte qui s’est muée en haine contre la société bien-pensante depuis plusieurs semaines dans les rues des métropoles.

Bousculant au passage les codes et habitudes de milliers de personnes qui, à Paris, mais aussi à Bordeaux, Toulouse, Lyon ou Strasbourg, n’osaient plus sortir de chez eux le samedi après-midi de peur de subir les affres de cette minorité d’irresponsables.

Au vu de l’évolution croissante de cette vague de contestation désordonnée, le pire était donc à craindre dans ce feuilleton aux multiples épisodes qui se joue chaque fin de semaine dans l’Hexagone.

Depuis peu, il est devenu évident que la France représentait un véritable terrain de jeu peu commun, une sorte de point de convergence attrayant pour ces « forces obscures » qui veulent casser du bourgeois et des représentants des forces de l’ordre à tout crin.

Est-ce cela que l’on nous promet avec l’harmonisation de l’Europe ? La constitution de groupuscules aux idéologies révolutionnaires qui agiraient en toute impunité au gré des troubles qui se fomenteraient ici et ailleurs sur le Vieux Continent…

Naturellement, le droit de grève est inaliénable. L’Histoire avec un grand « H » nous renvoie aux conflits sociaux de la seconde moitié du XIXème siècle qui accouchera quelques décennies plus tard du très salvateur Front Populaire. Dont profitent toujours nos concitoyens grâce aux congés payés et autres avantages sociaux. Mais, il y a mouvement revendicatif, légitimé, déclaré, mobilisateur dans le pacifisme et le respect d’autrui et ces gesticulations abjectes de personnes hors cadre qui consistent à déclencher un incendie pouvant être fatal pour une jeune mère et son enfant.

Ou de détruire après l’avoir saccagé l’un des fleurons de l’art de vivre à la française, « Le Fouquet ‘s », vitrine inconditionnelle de la gastronomie à l’international et « repère de riches et suppôt du capitalisme mondial » !

Que dire de la trentaine de kiosques à journaux évaporés en l’espace d’un après-midi dans un nuage de fumée, qui enlève le pain de la bouche d’ouvriers et d’employés n’ayant plus que leurs yeux embués pour pleurer ?

Que penser de ces automobiles qui se consument à chaque coin de rue, finissant leur vie en épaves encore fumantes emmenées par les services de la fourrière ?

Avant d’allumer leurs brûlots et de les jeter en pâture devant les caméras de la presse télévisée, ces professionnels de la casse à outrance et du tabassage en règle ont-ils pensé aux personnes qui se saignaient aux quatre veines pour rembourser leur crédit à la consommation, nourrir et élever leur famille, vivre de leurs menus plaisirs ? 

La France ne doit pas être la serpillière de l’Europe où des membres de l’ultra gauche, de l’ultra droite, de l’ultra des ultras (on ne sait d’ailleurs même plus à quels saints se vouer en termes d’identification de ces hooligans patentés) viendraient s’essuyer les pieds à leur bon vouloir et à leur guise à chaque week-end ?

La présence de l’armée de terre dans les rues des grandes villes françaises  n’apparaît pas comme absurde ni choquant pour garantir le respect des libertés individuelles.  

Les Français sont habitués à voir évoluer des hommes arborant l’uniforme depuis plusieurs années. La répétition du plan « VIGIPIRATE » depuis 2015 les a rendus coutumiers de cette vision rassurante. Et puis, le président de la République, lui-même, est monté au créneau lors d’une conférence de presse à Bruxelles. Il devait rappeler que l’armée n’a pas vocation à maintenir l’ordre dans le pays.

Bien sûr, et cela intègre le jeu de la politique politicienne, quelques voix de stentor se font fait écho de cette sollicitation a minima des forces armées.

Les leaders charismatiques de la France Insoumise ou du Rassemblement National ont endossé leurs vêtures d’opposants naturels à toute initiative gouvernementale, doutant de la pertinence et de l’efficience de cette idée.

Du côté des Gilets jaunes, leurs porte-voix originels se sont faits un peu plus discrets que la normale sur le sujet. Même s’ils continuent leur combat contre le pouvoir en place, en souhaitant toujours le départ du pensionnaire de l’Elysée et l’instauration du RIC (Référendum d’initiative citoyenne), avant la proclamation de la VIème République…

Toutefois, une question que chacun pouvait se poser à l’approche de cette première veillée d’armes militarisée était la suivante : quelles seraient les attitudes des uns et des autres lorsque leurs forces en présence seraient en vis-à-vis ?

Heureusement, les réponses furent données à l’issue de ce samedi de tous les dangers pour la liberté d’expression, la sécurité de la nation et la démocratie.

Certes, la hausse du coût du procès-verbal, de 30 euros à 138 euros, voulue par le Premier ministre Edouard PHILIPPE, applicable à celles et ceux qui seraient pris en flagrant délit contestataire dans les mailles du filet, n’aura pas suffi véritablement à dissuader les émeutiers à arpenter les rues. Même Eric DROUET en aura été la « victime », devant régler la facture !

Mais, la présence très discrète des militaires de la force « Sentinelle » a sans doute modifier la donne dans cette joute hebdomadaire. Du moins pour ce dix-neuvième épisode. Armons-nous dorénavant de patience pour en apprécier significativement les effets d’ici quelques semaines…

Thierry BRET

     

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