La honte. Indicible et odieuse. Celle qui vous colle à la peau à jamais et qui ne s’enlève pas. Même à grands coups de pseudo artifices médiatiques pour tenter de faire passer la pilule. La France devrait avoir honte de la manière dont elle gère et traite ses animaux. Domestiques comme sauvages. L’Hexagone multiplie les poncifs à ce propos, collectionnant une fois encore les titres sans gloire de champion mondial et européen du mauvais traitement animalier.
Souhaitez-vous un exemple ? Un Français sur trois, possesseur d’un animal dit de compagnie, l’abandonne le long des routes dès que l’été fut venu. Placé au fond d’une poubelle, laissé pour compte aux abords d’un parking de grande surface ou ignoré de tous sous la chaleur caniculaire d’une véranda sans nourriture alors que les maîtres se pavanent sur le sable chaud de la plage, le sort de nos amis à quatre pattes est devenu pitoyable dans le pays des Droits de l’Homme !
Pourtant, les campagnes de sensibilisation prolifèrent comme des petits pains chaque année sur les écrans cathodiques de nos postes de télévision. Rien n’y fait. Tous les étés, les services de la Société protectrice des Animaux (SPA) croulent sous la gestion calamiteuse des dossiers de ces nouveaux venus, chats et chiens, qui viennent grossir le nombre de pensionnaires dans des espaces sous-dimensionnés pour recevoir autant de protégés.
Que dire de celles et ceux qui font montre de leur véritable cruauté sur ces animaux qui ne demandent rien à personne et ne sont là que pour endurer et souffrir ! Les aspects sordides des faits divers ont fait étalage de la bêtise humaine, ce prédateur pour les autres et pour lui-même, à maintes reprises cet été.
Les atrocités de l’été s’étalent à la une des médias…
Des parcs animaliers ont vu certains de leurs enclos saccagés par des irascibles personnages s’en prenant à leurs occupants. Ainsi, un inoffensif rhinocéros en captivité a été tagué par une poignée d’abrutis de la pire espèce une journée qui n’était pas tout à fait ordinaire. Au grand dam des surveillants du zoo, pantois.
Sur un registre similaire, que penser de ces attaques systématiques des animaleries dans les magasins spécialisés. A grand renfort d’images délictueuses et stupides, certains détruisent tout ce qui se présente devant eux, pour leur seul plaisir iconoclaste de faire le buzz sur les réseaux sociaux. Ce qui est devenu la lancinante obstination de toute une frange de la population possédant deux de QI dans le cerveau. Il est tellement facile de s’en prendre à des bestioles innocentes qui n’iront jamais déposer une main courante auprès des forces de l’ordre…
Ne parlons pas de celles et ceux qui s’enorgueillissent de réaliser des cartons en Afrique ou en Asie lors de safaris où les appareils photographiques sont à proscrire, juste au moment de la pose devant le trophée sanguinolent d’un lion ou d’un primate.
Certains, et on ne peut qu’applaudir sans aucune retenue, à force de tout dévoiler de leur vie privée chasseresse à l’extrême se sont même fait virer de leur travail : trop de déshonneur planait au-dessus de l’enseigne qui les employait !
Toutefois, une chasse régulée et parfaitement maîtrisée peut être nécessaire afin de juguler la prolifération d’espèces envahissantes qui occasionnent d’irréversibles dégâts. On pense aux agriculteurs qui n’ont pas besoin de cela. Mais, que cela soit pratiqué dans les règles de l’art de l’esprit cynégétique et non à l’emporte-pièce !
L’exutoire vivant de la cruauté enfantine…
L’animal n’est donc pas le meilleur ami de l’homme. Il ne représente que son faire-valoir, parfois son exutoire dans sa dérive passionnelle à la destruction et ce plaisir de lui faire du mal.
Offrir de jolis chatons à des gamins turbulents au moment des fêtes de fin d’année n’est pas le cadeau idoine. Les pauvres matous, fragiles et juvéniles, ne peuvent rien contre la maltraitance parfois perverse, infligée par des gosses qui ne connaissent ni leurs limites ni leurs forces. Erreur fatale des parents qui se sont trompés de cadeau, devenu avec le temps trop embarrassant.
Ce sont les mêmes qui, dès la première opportunité venue (bravo l’exemplarité) se délesteront de l’encombrante bestiole en l’abandonnant devant la grille d’un refuge ou pire, au beau milieu d’une forêt en proie à une mort certaine. La honte, vous dis-je jusqu’à la lie.
Championne du monde et d’Europe de l’abandon animalier : un titre peu glorieux que l’Hexagone traîne depuis si longtemps dont on aurait pu se passer…
Thierry BRET