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Les indépendants : les "cocus" sacrifiés sur l’autel de la crise ?

7 octobre 2018

Dans le décompte morbide qui dénombre au quotidien les malheureuses victimes de la crise sanitaire imputable à la pandémie de la COVID-19, l’Hexagone devra rajouter celles qui auront payé un lourd tribut social et économique in fine. C’est désormais une évidence.

La barre des 50 000 décès devrait être franchie d’ici peu. Voire, sans doute dépassée. Bien au-delà de toutes les prévisions les moins pessimistes des observateurs qui ne cessent d’additionner et analyser à l’infini leurs statistiques en compulsant les données derrière leur bureau.  

Pour autant, le flux des laissés pour compte augmente. Jour après jour. Grossissant les rangs de ces mécontents et réfractaires aux mesures gouvernementales qui ne veulent plus souffrir en silence.

Surtout celles et ceux de ces personnes, issues de l’entrepreneuriat. Avec en première ligne, les acteurs des TPE/PME et sociétés individuelles dont beaucoup de têtes vont tomber de manière inéluctable dans la corbeille en osier des condamnés. Dès 2021.  

« Sacrifiés au nom de la crise sanitaire ? » : c’est sûr ! Ils y pensent tous ou presque ces entrepreneurs indépendants qui se sentent floués, à l’abandon.

Ils sont révoltés car ils ne bénéficient pas des mêmes traitements de faveur et des largesses financières si avantageuses dont profitent, grand bien leur fasse, certains grands patrons du secteur industriel, des transports ou de l’agro-alimentaire. Il existerait donc deux poids et deux mesures parmi les strates économiques dans notre cher pays ?

 

Plus de justice sociale et d’équité au niveau des droits…

 

Déjà lésés par le système socio-économique en période conjoncturelle normale, les indépendants ne veulent plus être les grands oubliés de service. Ces sempiternels « cocus » de la fiscalité qui paient plein pot et au centime près les charges et cotisations sociales alors qu’ils ne peuvent prétendre à rien en cas de perte de leur outil de travail.

Les indemnités chômage, les indépendants n’en connaissent pas les applications rassurantes si par mésaventure ils doivent dès demain mettre la clé de leur boîte sous le paillasson de la liquidation judiciaire !

Ou se situe réellement l’équité dans cette France dite « fraternelle et égalitaire » qui promeut les initiatives entrepreneuriales à outrance, alors que leurs représentants financent comme il se doit le système de protection sociale dont ils ne profiteront jamais ?

Qu’ils soient artisans, commerçants, professions libérales, intervenants dans des métiers et filières aussi disparates que le bien-être/loisirs, la communication, le coaching, les services, l’évènementiel, les métiers de bouche, l’hôtellerie/restauration… : tous réclament davantage de justice sociale et une véritable équité au niveau de leurs droits.

 

Les aides, les entrepreneurs s’en moquent, ils veulent juste travailler !

 

Mais, force est de constater que les mesures prises par le gouvernement en cette période de restriction et de confinement ne plaident pas dans le bon sens. Incompréhension et illogisme dans le choix des fermetures (en dernier lieu les stations de sports d’hiver qui vont voir pointer au chômage plus de cent mille saisonniers sans compter les dépôts de bilan de nombreux commerces et artisans) et l’insuffisance des aides financières ne satisfont pas les intéressés.

D’ailleurs, de ces aides, ils s’en moquent éperdument ! La plupart ne les demandent pas car elles ne font que décaler dans le temps des échéances financières supplémentaires à supporter : ils veulent juste rouvrir leur outil de travail !

Celles et ceux qui se revendiquent, entre autres, de la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME), de l’Union des Métiers de l’Industrie Hôtelière (UMIH), de France Active (Syndicat des métiers de l’évènementiel).

Partout dans l’Hexagone, leurs adhérents se sont rappelés au bon souvenir de l’Etat en descendant dans la rue cette semaine pour faire entendre leurs voix sur le parvis d’un hôtel de la préfecture.

 

Se mobiliser dans la rue pour infléchir les positions du gouvernement…

 

Et faire part ainsi de leur courroux contre l’attitude du gouvernement qu’ils qualifient « d’irréfléchie » afin de les priver de leur outil de travail et de leur gagne-pain.

Dans les cortèges, ces femmes et ces hommes sont exténués, dépressifs, au bord de la crise de nerf et du burn-out, en pleurs parfois mais très déterminés à se battre bec et ongles pour obtenir des résultats tangibles. Des résultats qui amélioreraient enfin leur existence.

Leurs entreprises, ils les ont obtenues et développées avec leurs tripes, à la sueur de leur front et de leurs mains, en y injectant leur « pognon ». Des motifs suffisants pour se mobiliser sur la voie publique et tenter d’infléchir les positions d’un gouvernement arc-bouté sur ses certitudes.

Les entrepreneurs indépendants préviennent : « Certes, il y aura 50 000 personnes disparues à déplorer au sortir de la crise épidémiologique en France. Mais, combien d’entreprises issues des TPE/PME et sociétés individuelles passeront de vie à trépas après cette crise économique sans précédent ? ».

Le chiffre estimé est déjà abyssal. Sans omettre les innombrables répercussions physiques et psychologiques qui en découleront auprès de ces sacrifiés inutiles de la crise…

Thierry BRET

 

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