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Depuis quelques jours, leurs cris résonnent au-dessus des villages de l’Yonne. En levant les yeux, les Icaunais découvrent d'impressionnantes formations d’oiseaux dessinant des V dans le ciel. Ce sont les grues cendrées, en pleine migration automnale. Près de 30 000 auraient été observées au-dessus d’Auxerre le 27 octobre. Mais d’où viennent-elles et où vont-elles ?

Un voyage de plusieurs milliers de kilomètres
Avec une envergure pouvant atteindre 2,40 mètres, la grue cendrée figure parmi les plus grands oiseaux migrateurs d’Europe.
Chaque automne, elle quitte les régions du nord et de l’est de l’Europe, notamment la Scandinavie et l’Allemagne, pour rejoindre des territoires plus accueillants.Certaines passeront l’hiver dans le sud-ouest de la France, d’autres poursuivront jusqu’en Espagne, voire en Afrique du Nord.
Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas seulement le froid qu’elles fuient, mais surtout le manque de nourriture. Les grues se nourrissent notamment de graines, de végétaux et de petits animaux.
Pourquoi volent-elles en V ?
Ce ballet aérien n’a rien d’un hasard ! En adoptant cette formation, les grues profitent des mouvements d’air produits par leurs voisines. Une astuce naturelle qui leur permet d’économiser leur énergie.
L’oiseau de tête fournit davantage d’efforts. Les positions changent donc au fil du voyage.
Quant à leurs puissants « krou-krou », ils servent à communiquer et à maintenir le groupe uni, parfois sur plusieurs kilomètres.
Pourquoi traversent-elles l’Yonne maintenant ?
La migration s’étend généralement d’octobre à novembre. Les grues attendent des conditions météorologiques favorables, notamment des vents porteurs, pour reprendre leur route.
L’Yonne se situe sur l’un des grands couloirs migratoires européens. Les oiseaux peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres en une journée, avec des haltes pour se nourrir et se reposer.
Un spectacle à ne pas manquer
D’autres passages sont possibles dans les prochaines semaines. Pour les observer, nul besoin de jumelles : leurs cris annoncent souvent leur arrivée bien avant qu’elles apparaissent dans le ciel.
Si certaines se posent dans les champs, mieux vaut garder ses distances pour ne pas perturber leur repos.
Alors, entre deux rendez-vous, pensez à lever les yeux. Au-dessus de nos campagnes, des milliers de voyageuses poursuivent une aventure vieille de plusieurs millénaires.
Un spectacle gratuit, éphémère et une belle leçon de nature !
