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Les budgets sont en berne : « c’est pas Versailles ici ! »

7 octobre 2018

Gare à la douloureuse ! Elle devrait être très sévère d’ici les prochaines semaines pour nos porte-monnaie déjà fort contrits de restrictions en tout genre. Pour ne pas dire les futurs mois qui se présentent à nous. D’autant que l’enlisement de l’armée russe en Ukraine, un bourbier imaginable qui pourrait être comparable à l’Afghanistan, semble être une évidence après quatre semaines de combats. Un risque de prolongement sans fin de ce conflit qui nous renvoie à nos livres d’histoire où guerre froide et menace nucléaire étaient une litote coutumière dans la propagande belliqueuse des années 50 et 60 entre les deux blocs. A l’Est comme à l’Ouest.

Les économistes ont déjà prédit que les conséquences financières de cet acte irréfléchi et de pure folie du dirigeant autocrate du Kremlin seraient considérables aux quatre coins de la planète. Personne n’y échappera. Nous, non plus, vu de l’Europe. Le coût journalier de la guerre est estimé à 20 milliards de dollars dans le pays agressé !

 

 

Réduire d’un degré la température de son habitat et porter des pulls !

 

A l’identique du premier choc pétrolier de 1973, la situation devrait perdurer très longtemps et mettre à bas bon nombre de systèmes financiers dont ceux des états et des structures entrepreneuriales qui n’y prennent pas garde. Sans omettre le bas de laine des concitoyens, déjà passablement émoussé par les crises successives que cette décennie comptabilise au compteur : celle des Gilets jaunes et celle de la COVID-19. Et on peut se réjouir avec délectation, nous ne sommes qu’en 2022 !

D’ailleurs, le mot d’ordre de nos gouvernants est sans appel. Notre réponse implicative et mobilisatrice à l’envoi de cette armada de 190 000 hommes digne de l’Union Soviétique dans un pays souverain et indépendant qu’est l’Ukraine est très claire. Pour lutter avec efficience face à cela, il suffit de réduire d’un ou deux degrés la température de son habitation, de porter un pull en mohair (youpi, la filière du textile va enfin renaître de ses cendres !), de pratiquer du sport pour dépenser des calories et se réchauffer intérieurement. Voire enfin, de circuler en covoiturage ou en empruntant les transports collectifs pour se rendre sur son lieu de travail. Ou vaquer, en les limitant le plus possible pour cause de déplacements, les autres occupations substantielles !

 

 

Harmoniser les transports en commun : une sinécure même dans sa famille !

 

« Ben voyons ! » dirait quelqu’un de la sphère politique nationale dont la première lettre du patronyme rappelle curieusement le cri de ralliement des héros de la Pravda se véhiculant sur des chars d’assaut ! Si ces artefacts de la résistance économique peuvent s’appliquer, admettons aux bobos parisiens et aux habitants de quelques métropoles bien pourvues en équipements, qu’en est-il de la grande majorité des Français qui ont choisi les aspects bucoliques et champêtres des campagnes !

Trouver un transport en commun digne de cette appellation, assurant des liaisons régulières au moindre coût, par chez nous, relève si ce n’est de la gageure d’un réel exploit ! Quant au covoiturage, n’en parlons même pas !

Il est souvent impossible dans un même foyer de pouvoir harmonieusement planifier ses trajets professionnels dans le couple. En outre, la gestion de votre progéniture à déposer à telle heure précise dans tel ou tel établissement scolaire démontre toute la complexité de pouvoir voyager en groupe au quotidien. Ne parlons pas du voisinage que l’on côtoie ou pas selon les cas de figure dans notre société articulée autour de l’individualisme et de la jalousie à tout crin. Il n’est pas certain que les solutions viennent de là.

Les geeks répondront avec conviction et enthousiasme qu’il existe une kyrielle de plateformes numériques favorisant les regroupements de voyageurs désireux parcourir les trajets ensemble. Oui, sans doute. A condition de ne pas tomber sur une quelconque arnaque et autre vilénie en tout genre comme il en existe de plus en plus sur les réseaux sociaux !

 

 

Vive les joies de la spéculation à outrance qui enrichissent toujours les mêmes…

 

C’est bien connu les malheurs des uns profitent toujours aux autres ; c’est-à-dire à ceux qui tiennent les manettes du pouvoir, n’est-ce pas messieurs les oligarques à la solde indéfectible du dictateur de Moscou qui s’en mettent plein les fouilles avec la hausse exponentielle des cours des carburants, du gaz, des céréales, des matières premières tel que le nickel et l’aluminium et de biens autres choses encore ?

Vive les joies de la spéculation opérationnelle organisée qui ne prive pas ces puissants personnages sans foi ni loi de leurs richesses abyssales ! Ni d’autres spécimens de la même espèce, le plus souvent moralisateurs, qui évoluent pourtant dans le monde libre, du côté des « gentils » !

Et ce ne sont pas les sanctions économiques, servies façon poudre de perlimpinpin chère à notre président de la République, (on gèle les biens immobiliers et autres yachts de ces milliardaires sans les saisir réellement afin de mieux les revendre pour rembourser les actes de guerre…), qui y changeront quelque chose.

 

 

Des formules toutes faites à vocation incitative…

 

Alors pour que les budgets des ménages français ne fondent pas comme neige printanière au soleil, il faut se réapproprier les vieux slogans combattifs des années 70 ; ceux que l’Etat nous bombardait à longueur de journées sur les ondes radiophoniques afin de nous motiver. Le plus célèbre d’entre eux était celui-là : « En France, il n’y a pas de pétrole mais on a des idées ! ». Cela supposait que l’on faisait fonctionner nos neurones pour adapter nos besoins à une conjoncture qui n’était guère flamboyante à l’époque. Cela at-il eu des conséquences heureuses ? La très dure crise économique qui devait suivre avec la fin de la sidérurgie et l’industrie fut considérable.

Nous avons mieux, désormais, à proposer comme formule sémantique à la limite du ridicule dans l’Hexagone : « C’est pas Versailles ici ! ». Pensez-y quand vous éteignez la lumière qui brille inutilement dans la salle de bains, à votre bureau ou dans la cuisine. Economies assurées et pouvoir d’achat garantis à l’avenir, c’est sûr en pratiquant cette bonne méthode de la responsabilité individuelle.

Mais, dites-moi, Versailles, ce n’était pas l’endroit si majestueux, empli de fastes et de prestige, où s’est déroulé le récent conseil européen qui a accouché d’une souris plutôt que d’une montagne dans la gestion de cette crise ?!

 

Thierry BRET

 

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