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Le « revenge porn » provoque un séisme à LREM…

7 octobre 2018

Le visage livide, l’œil torve, le ton embué. Ce vendredi 14 février ne s’annonce pas sous ses meilleurs auspices pour l’un des porte-étendards d’ordinaire flamboyant de La République en Marche.

Face aux caméras de télévision, la voix blême, l’ex-secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances Benjamin GRIVEAUX annone avec moult difficultés un discours dont il a planté la ligne d’horizon sous ses yeux. C’est une lettre de retrait. Ni plus ni moins. Celui de sa candidature aux prochaines échéances municipales à Paris.

Une véritable secousse tellurique dans le landerneau de la politique française. Une de plus, pourrait-on dire. Tant ces faits sordides et amoraux s’accumulent et s’entrecroisent depuis de nombreuses années dans notre paysage.

Mais, cette fois-ci, il n’est pas question de corruption ni de quelconque malversation financière de l’intéressé. Les causes évoquées créent pourtant une stupéfaction contagieuse parmi la kyrielle de journalistes de ces médias matinaux en boucle qui ne savent plus à quels saints se vouer pour apporter l’analyse la plus pertinente et la plus juste aux propos épars de l’ancien ministre.

Un mois avant le premier tour du scrutin, La République en Marche perd l’un de ses précieux thuriféraires engagés à la conquête du bastion socialiste francilien qui est incarné par celle ayant succédé à Bertrand DELANOE, l’édile actuelle, Anne HIDALGO.

Dans l’absolu, ce que nous vivons en direct par écran cathodique interposé représente une monumentale claque balancée à la face de l’édifice mirifique d’Emmanuel MACRON. Lui qui avait su patiemment ciseler toute la stratégie à l’endroit de son fidèle lieutenant. Avant que la présence inopportune d’un trublion issu des mêmes rangs ne vienne jeter le trouble au beau milieu de cette campagne déjà rendue opaque dans la capitale grâce à Cédric VILLANI.

Mais, là, devant la mine déconfite de l’homme politique qui tente de reprendre son souffle tant bien que mal, on sent tout de suite que les choses ne sont pas du même tonneau.

 

L’acte volontariste d’un réfugié politique russe…

 

Les faits reprochés sont ailleurs. Graves et pernicieux. C’est simple : ils menacent l’idée même que l’on se fait de la démocratie citoyenne à laquelle nous croyons tous depuis tant d’années et à ce vent de liberté pour lequel nos glorieux aînés se sont battus avec abnégation et courage tout au long de notre histoire.

La diffusion de vidéos intimes à caractère sexuel est à l’origine de ce nouveau coup de semonce adressé à la classe politique. Jetant un peu plus l’opprobre sur celles et ceux qui tiennent les manettes de ce que l’on nomme communément le pouvoir.

La victime de cette atteinte à la vie privée n’est autre que Benjamin GRIVEAUX. Depuis le 01er février, circule en effet sur un site hébergé par les réseaux sociaux des images que la classe politique nationale dans sa quasi-unanimité y compris Jean-Luc MELENCHON a qualifié d’odieuses et d’irrespectueuses.

Qu’y voit-on précisément ? Quelques séquences en plan très serré où l’on distingue un homme pratiquant un acte de masturbation, accompagné de messages graveleux à la limite niveau en dessous de la ceinture…

Bref, un document à charge qui est l’œuvre d’un personnage d’origine russe, dont le nom s’étale ouvertement depuis les faits à la une de toutes les télévisions, un certain Piotr PAVLENSKI, se prétendant activiste et réfugié politique en France.   

Interviewé par les chaînes d’infos, l’homme revendique la diffusion de ces pitoyables images, qui sont la preuve, selon lui, « de l’hypocrisie manifeste de l’ancien porte-parole du gouvernement au plan de la moralité ».

 

Des sanctions passibles de deux ans de prison...

 

Vilipendé et jugé par on ne sait quel individu et au nom de quelle rhétorique, et surtout pour quels avantages à terme, Benjamin GRIVEAUX n’est donc qu’une victime expiatoire supplémentaire de ce nouveau mouvement apparu sur les réseaux sociaux, baptisé le « revenge porn » (la vengeance pornographique).

Pour sa défense, l’ex-prétendant à la mairie de Paris a signifié qu’il poursuivra en justice les auteurs de ces publications violant sa vie privée.

Mais, ce n’est pas tout. Statué par le Code pénal, depuis 2016 date des premières situations analogues en France, le délit de diffusion de documents portant sur des paroles ou des images à caractère sexuel en l’absence d’accord des personnes est passible de deux ans d’emprisonnement et de 60 000 euros d’amende.

Toutefois, il est à préciser pour certains petits malins qui aiment répandre leur boue avec avidité sur les réseaux sociaux que partager le lien du site les rend tout aussi coupables du délit.  

Des éléments dissuasifs à bien prendre en connaissance de cause avant de servir de relais direct aux allégations de cet ordre…

Quant à la politique, une fois de plus, elle sort piétinée par ce nouveau coup du sort. Dont elle se serait bien passée au vu des nombreuses affaires et du climat délétère qui l’entachent déjà…

Thierry BRET

 

 

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