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Le gouvernement rit jaune face à la vindicte populaire…

7 octobre 2018

Un vent de fronde insidieux souffle sur le territoire national. Ce zéphyr turbulent n’augure rien de bon pour l’avenir de notre pays. Ni pour sa sérénité institutionnelle et politique. Et pas davantage au plan économique, vu par le prisme de potentiels investisseurs et de marchés financiers qui détestent le désordre sociétal.

Pourtant, cette colère froide n’émane nullement d’une quelconque idéologie révolutionnaire, suggérée par un gourou de pacotille. Ni d’une orientation stratégique impulsée par un parti politique ayant soif de pouvoir.

Ce vent mauvais, celui de la contestation et du refus à outrance, qui s’abat sur nos têtes, est beaucoup plus sournois et dangereux qu’il n’y paraît. Surtout pour celles et ceux qui en subiront à terme les effets dévastateurs : les représentants de l’actuelle gouvernance. Car, cet air frigorifique, plein de rancœur, est porté par le peuple. S’infiltrant parmi ses couches les plus représentatives, indéfectibles et volontaires.

Rassemblés dans la rue, à battre le pavé ou bloquant les accès névralgiques des cœurs de ville et de leur périphérie commerciale, ces femmes et ces hommes sont aujourd’hui unis avec une abnégation identique. Ensemble, ils sont tous solidaires, de manière irréversible comme les cinq doigts de la main.

Retraités, cadres, ouvriers, employés, chômeurs, étudiants, mères au foyer, fonctionnaires, élus, patrons, syndicalistes…ces éléments tangibles de la tempête qui s’amorce constituent cette population de Français, hâbleurs et réfractaires, modernistes et visionnaires, pédagogues et apprenants, qui se retrouvent depuis peu pleinement attachés à cette nouvelle appartenance : la caste des « Gilets jaunes ».

Inspiré des « Bonnets rouges » bretons qui avaient fait montre en leur temps d’actes de chouannerie contre des décisions politiques devenues depuis obsolètes, ce nouveau mouvement est né d’une simple pétition. Mise en ligne, elle a été véhiculée à très large échelle par les réseaux sociaux.

Le point de convergence de ras-le-bol généralisé aura été démontré au cours de cette journée test du samedi 17 novembre. Celle de toutes les pertinences, celle de toutes les illustrations via près de 1 500 manifestations qui se sont réparties aux quatre coins de l’Hexagone.

Ce vent de révolte a pris racine après les hausses successives du prix des carburants. Il traduit la progression irrésistible, et sans concession, des nombreuses taxes qui sont applicables sur les produits fossiles. Bref, cela fut la goutte d’essence ultime qui aura entraîné le trop plein du réservoir, en vérité.

En guise d’exercice pédagogique, le gouvernement d’Edouard PHILIPPE s’est englué dans la rhétorique habituelle : au nom de la sacro-sainte transition énergétique et de la protection de la planète à tout crin.

Plutôt que de leur apporter des préconisations palpables d’une alternative peu coûteuse et accessible à tous, le chef du gouvernement, à l’instar de son mentor, le président de la République, se sont engouffrés dans la brèche béante offerte par la pénalisation systématique des consommateurs. En agissant derechef là où cela fait le plus mal : le porte-monnaie du citoyen.

Grossière erreur stratégique pour le Premier ministre que d’avoir confondu vitesse et précipitation. Alors que ce dernier est à l’origine de la mesure déjà impopulaire et terriblement drastique de l’application du respect des 80 km/h sur les routes de France !

Au lieu de vendre la peau de l’ours, il faut de prime abord le faire passer de vie à trépas avant toute transaction.

Lorsqu’il a fait ses comptes, après son plein de carburant assuré à la pompe, le peuple des sans grades et des strates polymorphes de la société civile a compris que le gouvernement lui tondait une fois de plus la laine sur le dos. Bien à ras.

Et ce n’est pas le pseudo mea culpa du président de la République Emmanuel MACRON, mis en scène par TF1 et le service de communication élyséen à bord du porte-avion Charles de Gaulle, qui aura convaincu les victimes expiatoires de ce système de transition écologique punitive.

Aujourd’hui, le diesel et le fioul sont voués aux gémonies. Celles et ceux qui l’utilisent en guise de combustible à usage domestique pour chauffer leur maison ou alimenter leur automobile seraient presque qualifiés de sombres assassins de la nature ; si l’on interprétait réellement la portée étymologique de certaines paroles énoncées par des représentants du gouvernement.

Quant aux mesures incitatives et nécessaires qui devraient nous conduire petit à petit vers la pratique d’une mobilité automobile propre (en laissant du temps au temps à chacun d’entre nous afin qu’il puisse se retourner financièrement), elles se sont emballées avec la période estivale.

Serait-ce les effets induits de la dernière canicule ? Serait-ce les troublants résultats des rapports du GIEC qui alertent sur la bombe à retardement que nous sommes en train de léguer à nos enfants en matière d’environnement et de réchauffement climatique ?

Possible ! Toujours est-il que ce processus semble s’être accéléré depuis plusieurs mois. Avec, du côté du gouvernement, cette volonté farouche de circonscrire l’incendie en appuyant très fort sur ce qui nous occasionne le plus de mal : les taxes, en veux-tu, en voilà ! Et par un effet gigogne pervers, le pouvoir d’achat.  

L’écologie punitive s’inscrit désormais comme une sorte de repentir à appliquer dans la douleur pour nous autres Français, pauvres acteurs du consumérisme à outrance, qui avons fait le lit de la hausse effrénée de la combustion au diesel et au fioul tous azimuts depuis des lustres.

Oui, mais grâce à qui, a une certaine époque ? A nos gouvernants, pour sûr ! Aujourd’hui, au grand dam de bon nombre de Français car ils n’y sont pas préparés, on nous assène qu’il nous faut faire machine arrière toute. Mais pas comme le porte-avion sur lequel s’est exprimé le président de la République. Le navire, tel un symbole avéré, poursuit son sillage, sans déroger de son cap initial. Nous laissant là, presque sur le quai du désarroi et de l’aberration par ces annonces approximatives.

Ce ne sont pas les pauvres mesures de ravaudage (4 000 euros distribués sous la forme d’un crédit d’impôt et destinées aux seules classes sociales les plus précaires) qui permettront de s’équiper d’un véhicule hybride neuf ou d’occasion pour rouler propre.

Tout cela confine au grandguignolesque dans l’absolu, comme se plaît à le commenter le chef de l’Etat. Quant aux Français, poussés par ce vent tempétueux de la discorde, il y a belle lurette qu’ils ne croient plus au mythe du Père Noël ni aux habituelles promesses de Polichinelle faites par les gouvernances qui se succèdent de quinquennat en quinquennat…

Thierry BRET

 

  

     

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