Drôle d’idée d’avoir choisi l’une des stations balnéaires les plus courues de l’été pour y tenir un sommet international ! C’est à croire que les organisateurs de cette rencontre réunissant les sept plus grandes puissances de la planète (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon) n’y entravent que couic sur les us et coutumes de nos compatriotes ni sur la connaissance de leurs agendas estivaux.
Biarritz, l’été, est synonyme de farniente, de détente, de surf, de féria, de sorties, et de relâche. Chez les aoûtiens, et ce jusqu’au 31 de ce mois, les vacances priment avant toute autre chose sur tout le reste ! N’en déplaise aux esprits chafouins qui voudraient faire rentrer le plus vite possible nos concitoyens dans leurs pénates et les remettre le cœur à l’ouvrage bien avant l’heure.
Certes, la Côte basque et tout particulièrement la ville de l’impératrice Eugénie jouissent d’une renommée mondiale depuis des lustres. Elles n’ont d’ailleurs pas attendu l’avènement de ce G7 pour le faire savoir à qui mieux mieux. Pour autant, la date de ce congrès qualifié de la plus haute importance par ses concepteurs se justifiait telle à pareille époque et en ce lieu ?
On peut raisonnablement en douter lorsque l’on s’interroge sur l’efficience de ces grands raouts diplomatiques et de leurs retombées usuelles. Sans parler de l’impressionnant dispositif mis en exergue qui confine la cité des Pyrénées Atlantique dans une zone de no man’s land très discutable.
Mobilisation sans borne des forces de l’ordre et des services de sécurité…
Plusieurs dirigeants de la classe politique se permettent même d’en douter. A commencer par le leader charismatique des écologistes, Yannick JADOT. Ce dernier ne s’est pas fait prier pour le claironner haut et fort parmi les médias parisianistes qui l’ont interrogé cette semaine à ce propos.
Déjà, mesdames messieurs les vacanciers tardifs de cette fin de saison, si vous aviez prévu de vous la couler douce sur le sable fin de la magnifique plage bordant le littoral atlantique ce week-end du 25 et 26 août dans cette ville, c’est râpé !
Fort heureusement, Biarritz ne connaît pas l’insurrection. L’agglomération chère à Daniel BALAVOINE où le chanteur repose en paix est en état de siège depuis plusieurs jours.
Difficile de dénombrer avec exactitude le nombre de représentants des forces de l’ordre et des services sécuritaires qui sont mobilisés sur cette opération digne des Douze Travaux d’Hercule. La fourchette la plus plausible oscille entre 13 à 15 000 militaires. Et ces chiffres ne concernent uniquement que la partie émergée de l’iceberg.
Il serait judicieux d’y ajouter, personnalités de poids oblige dont le tourbillonnant Donald TRUMP et son corollaire britannique Boris JOHNSON, les arcanes sous-jacentes des forces spéciales de sécurité, du ballet inhérent aux réseaux d’espionnage et de contre-espionnage, du GIGN, du RAID, du MI 5, de la CIA et autre FBI !
Il ne manquerait plus que la présence du KGB et du Mossad (leur omnipotence est souvent visible) pour que ce tableau de la vigilance accrue soit au complet…
Il est vrai que le G7 depuis ses débuts n’est pas seulement un cadre informel de discussion où sont abordés les items qui préoccupent les grands de ce monde (réchauffement climatique, nucléaire iranien, protection de l’environnement, inégalité entre les plus riches - c’est-à-dire ceux qui sont autour de la table – et les plus pauvres, conviés avec parcimonie à ces retrouvailles).
La France est à l’initiative du G7…
Par le passé, le groupe des sept pays les plus forts économiquement a su poser des jalons concrets comme la création du GAFI (groupe d’action financière), à ne pas confondre avec les GAFA, la Banque de reconstruction et de développement, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ainsi que le programme MUSKOKA, ayant pour vocation de réduire la mortalité maternelle et infantile dans les pays du tiers-monde.
Depuis ses origines, en 1975 où il fut accueilli pour la première fois au château de Rambouillet, le concept à l’initiative de la France se retrouve sur un rythme de croisière, à raison d’une séance annuelle.
Mais, revenons-en à Biarritz et à ses valeureux habitants qui risquent d’y perdre leur basque élémentaire durant ces quarante-huit heures trépidantes.
Deux zones tampon de la ville leur seront totalement interdites. Les riverains du sommet international n’ont eu d’autres alternatives que d’aller voir ailleurs s’ils y étaient, badges à l’appui pour se mouvoir sous très haute surveillance.
Quant aux touristes en goguette dans les parages, leur salut est venu de leur anticipation à quitter au plus vite ce secteur devenu impraticable. Car leur rappelant trop tôt le retour à la réalité du quotidien !
Enfin, et pour couronner le tout, les altermondialistes qui se greffent systématiquement telles des ventouses à ces évènementiels titanesques afin de mieux manifester, tiendront dans le même temps leur anti-sommet à Hendaye. A quelques encablures de là.
Entre état de siège et pagaille organisée : dans les deux cas, il ne fera pas bon circuler sur la côte basque ce week-end en ce retour massif des vacanciers.
Bison Futé avait sans doute vu rouge en amont de ces journées ; il risque de broyer du noir après coup !
Thierry BRET