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La semaine 23 par monts et par mots… : chronique de la haine ordinaire où l’effroi touche l’innocence à Annecy…

12 juin 2023

La violence, toujours et encore. Gratuite, qui frappe à l’aveugle de manière inéluctable. Du plus petit au plus grand. Que l’on ait vingt-deux mois, trois ans ou 77 printemps au compteur. Sans crier gare et semble-t-il sans être expliquée. Des bords du lac d’Annecy nous viennent ces images empreintes d’une horreur indescriptible qui désormais peuvent s’abattre dans n’importe quel endroit de la planète, gangrénée par cette haine ordinaire que l’homme voue à l’homme. Son meilleur prédateur, en somme…

 

TRIBUNE :

Lundi

La planète footballistique ne tourne pas rond, comme le démontrent une fois encore ces scènes d’une grande violence en marge de la rencontre entre l'AC Ajaccio et l'Olympique de Marseille, de samedi dernier. Point d’orgue de la soirée, l’agression d’un père de famille, accompagné de son gamin de huit ans, à qui l’on arrache son maillot avant de le brûler, au seul motif qu’il porte les couleurs du club olympien ! Si depuis, au vu des caméras de surveillance, il semblerait que contrairement au scénario ayant circulé sur les réseaux sociaux, l’enfant n’ait pas été visé directement, l’on imagine aisément le traumatisme subi. Au nom du « sport », comment accepter que certains individus au doux nom de « supporters », deviennent hystériques au simple fait que des personnes ne partagent pas la même dévotion envers l’équipe qu’ils sont venus soutenir… ? Ajaccio n’a pas le monopole de la violence et de la bêtise, puisque quelques temps après, c’était au tour d’un journaliste de France 3 de se voir agressé par des marseillais « en rut » ! Du haut de ses huit ans, Kenzo mène aujourd’hui un combat courageux contre le cancer du cerveau qui le frappe… Aucun risque pour tous ces imbéciles de connaître le même sort, la maladie ayant bien du mal à trouver trace dudit organe !

 

Mardi

« Vous n’êtes peut-être pas super nombreux mais ce sont les meilleurs qui sont là aujourd’hui… ». Moins d’un millier de personnes dans les rues d’Auxerre en cette quatorzième journée d’actions contre la réforme des retraites. En ce jour anniversaire du « D-Day », pas de débarquement massif à l’horizon, juste les fidèles, présents pour certains depuis la première manifestation du 19 janvier, partagés entre résignation et l’espoir d’un rebond du mouvement à la rentrée. La sono s’égosille, évoquant une loi « immonde », une loi « injustifiable ». Sur un tee-shirt, ce message, « non à l’oppression, oui à la pression » … Il est vrai qu’avec cette chaleur, une petite « mousse » serait la bienvenue ! « On se sera quand même bien amusé » ponctue une habituée des cortèges… Rire pour ne pas pleurer ?  

 

 

Mercredi

Il s’appelle Pierre de MAILLARD, prêtre traditionaliste de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) à Saint-Germain-de-Prinçay en Vendée. Il vient d’être condamné à vingt ans de réclusion pour viols et agressions sexuelles sur 27 mineurs. Il y a quelques semaines, un curé du nord, aumônier au sein d’établissements scolaires, se voyait pour sa part, condamné à huit ans de prison pour viols sur mineure… Avec toujours ces mots salvateurs et rassurants, « plus jamais ça ! ». Et le triste constat du contraire, avec des prédateurs en robe noire toujours prompts, sous le masque de l’Eglise, à prendre à la lettre ces paroles christiques, « Laissez venir à moi les petits-enfants… ».

 

 

 

Jeudi

Aire de jeux, bébé de 22 mois, couteau Opinel… L’horreur à allier ces quelques mots transpire dans le simple fait de les écrire et l’effroi qui a saisi toute la nation après le drame d’Annecy est bien réel. Saura-t-on un jour ce qui a poussé ce Syrien en situation régulière en France, après avoir obtenu le statut de réfugié politique en Suède il y a une dizaine d’années, décrit par des témoins comme marginalisé, mais « calme et discret », à s’attaquer ainsi aveuglement à des enfants et des passants… ? Avec dès l’annonce de l’attaque, les mêmes récupérations politiques de tous ces « vautours » toujours prompts à dégainer pour délivrer leur message et taxer l’exécutif de laxisme, faisant de tous les réfugiés des assassins en puissance. Certains ont dû éprouver quelque déception en apprenant que l’individu revendiquait appartenir aux Chrétiens d’Orient, plutôt que relever du terrorisme islamiste… Débat dérisoire face à un acte inqualifiable et odieux, qu’il soit marqué du signe de la croix ou du croissant !

 

Vendredi

Le « stagiaire » du service communication aurait-il encore frappé à la mairie d’Auxerre… ? Dans le livret présentant la saison 2023 à l’Abbaye Saint-Germain, l’on apprend que le 15 juin prochain, le cinéaste Jean-Paul RAPPENEAU sera l’invité du mois des « Conservations » (sic) de l’Abbaye. Une coquille reprise sans sourciller dans le programme estival de la Communauté d’agglomération. Sans doute qu’à trop « converser », l’on en oublie la relecture des documents… A moins que ce ne soit un hommage au réalisateur auxerrois, qui vient de fêter ses 91 printemps et sans nul doute, bien « conservé » !

 

 

Samedi

Ils sont une soixantaine de médecins libéraux des Ardennes, soit le tiers des généralistes du département, à entamer un bras de fer avec l’Assurance maladie, en augmentant leurs tarifs de consultation de 5 euros, mécontents de la proposition faite en avril dernier d’une hausse générale de 1,50 euro à compter de novembre. Certains décidant même de se déconventionner et d’appliquer le prix de leur choix, avec pour conséquence une non prise en charge des consultations et un remboursement par l’Assurance maladie limité à 61 centimes d’euro. Si la colère des officiers de santé est légitime, le fait de faire supporter aux seuls patients cette hausse « sauvage » dans un département frappé par la désertification médicale est injuste et révoltant. La santé n’a pas de prix et les patients n’auront d’autre choix que de s’acquitter de la somme demandée. Le bras de fer annoncé a déjà ses perdants…    

 

 

Dimanche

Elles sont nées il y a plus d’un siècle, à l’issue de la première guerre mondiale et il n’en reste plus guère aujourd’hui... Bien ancrée dans le paysage du paisible village d’Escamps, cette borne Michelin en béton armé et aux incontournables plaques de lave émaillée, semble défier le temps, telle une sentinelle des campagnes guettant l’automobiliste égaré. Une présence rassurante, même à l’heure du GPS et de « Google Map »…

 

Dominique BERNERD

 

 

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