C’est un véritable « psycho drame » qui se joue à l’heure actuelle au sein de la famille LE PEN. Digne des plus antiques tragédies grecques où les traîtrises n’ont d’égales que les coups de poignard assénés furieusement dans le dos ! L’ambiance doit être sulfureuse lors des réveillons de fin d’année. La propre nièce de la candidate à l’Elysée a choisi de rallier le camp de son adversaire numéro un en matière de souverainisme, un comble ! Déjà que la fille n’était plus en odeur de sainteté auprès du paternel !
BILLET :
Lundi
Un formidable élan de solidarité se met en place dans notre pays et un peu partout en Europe pour venir en aide aux réfugiés ukrainiens. Les propositions d’accueil se multiplient, émanant aussi bien de municipalités que de simples citoyens. Les actions de collecte sont nombreuses. On ne peut que sans réjouir, même s’il est permis de s’interroger sur le fait que d’autres réfugiés par le passé n’aient pas connu pareille hospitalité...Est-ce parce que nous partageons le même type caucasien et qu’il est plus facile de lire sur leur visage le reflet de nos propres peurs que dans ceux d’un Afghan, d’un Syrien ou d’un Irakien… ?

Mardi
Quelques fissures apparaissent toutefois, comme avec ces 250 Ukrainiens bloqués à Calais, faute de visa pour débarquer en Angleterre. Depuis le début de la guerre en Ukraine, Londres a brillé pour son manque de générosité à l’égard de ceux qui fuient les bombes et les combats. Mais fallait-il s’attendre à autre chose de la part de l’ineffable Boris JOHNSON ? Le clown est triste et ne fait même plus rire…

Mercredi
Comme chaque premier mercredi du mois, la sirène a retenti à midi pile. Un exercice mensuel d’une minute et 41 secondes sous l’égide du Système d’Alerte et d’Informations aux Populations (SIAP), visant à vérifier le bon fonctionnement des équipements. Une sirène qui résonnait différemment et douloureusement à Auxerre comme partout en France, en ce 02 mars, septième jour de guerre en Ukraine. Le silence a suivi : il n’en a paru plus assourdissant, avec le sentiment coupable de ne pas savourer le bonheur à son juste prix. Bonheur tout simple de marcher au soleil sous un ciel bleu vide d’avions meurtriers. On ne choisit pas les trottoirs de Manille chantait Maxime LE FORESTIER, on ne choisit pas non plus ceux de Kiev et d’ailleurs… A la loterie de la vie, on naît toujours quelque part, on y meurt aussi.
Jeudi
Toujours prêt à dénoncer la complaisance réelle ou supposée de certains candidats avec le potentat du Kremlin, Jean-Luc MELENCHON est resté fort discret sur le soutien indéfectible apporté à Vladimir POUTINE par son grand ami Nicolas MADURO, président en titre du Venezuela, qui s’est ému des « plans pervers qui cherchent à encercler militairement et stratégiquement la Russie. » Il a refusé de participer hier à l’ONU, au vote de la résolution exigeant le retrait des forces russes d’Ukraine. L’américanophobie et le tropisme sud-américain bien connus du candidat de La France Insoumise l’auraient-ils rendu muet sur la question ?

Vendredi
Son entourage a beau répéter à l’envie que rien n’est acquis et que tout se jouera dans les urnes, Emmanuel MACRON n’est-t-il pas déjà assuré de rendosser pour cinq ans le costume présidentiel ? A la fois chef des armées et en première ligne dans les tentatives de médiation avec la Russie, le candidat président est au cœur du conflit ukrainien. Un engagement qui renforce sa stature internationale et le gratifie après seulement une semaine, de cinq points supplémentaires de satisfaction dans les sondages. Face à la crise secouant la planète, la campagne électorale est-elle encore audible ? Avec pour seul enjeu, l’éclatement du parti LR en cas de défaite de Valérie PECRESSE, la possible disparition des socialistes du paysage politique ou la désignation de celle ou celui qui incarnera la droite extrême ces prochaines années ? Reste qu’une élection nationale sans débat ni confrontation d’idées risque de renforcer un peu plus le clan des abstentionnistes. Avec le risque d’un troisième tour qui se jouerait dans la rue ou sur les ronds-points. Et puis, comme aurait pu dire le grand Pierre CORNEILLE, « A vaincre sans mérite, on triomphe sans gloire »…

Samedi
A l’horreur de la guerre se conjugue depuis quelques jours le sordide. Selon les chiffres officiels, plus de 20 % des 80 000 étudiants étrangers présents en Ukraine, sont issus du continent africain. Des étudiants pris au piège, confrontés au racisme et à la discrimination, empêchés de monter dans les trains ou les bus évacuant le pays par la police ukrainienne ou refoulés à la frontière par des fonctionnaires polonais. Racisme ordinaire ou otages malgré eux de l’ambiguïté d’une grande partie du continent africain à l’égard de ce qui se passe depuis plus d’une semaine en Ukraine, une vingtaine de pays ayant préféré s’abstenir dans le cadre de la résolution adoptée mercredi dernier à l’ONU, exigeant que la Russie « cesse immédiatement de recourir à la force ».
Dimanche
Marion MARECHAL, me voilà ! « Et pas tata, et pas tata… ». La nièce de Marine LE PEN a donc aujourd’hui sans surprise, officialisé à Toulon son ralliement à Éric ZEMMOUR. Un rapprochement qui, en cas de nouvel échec de sa tante aux prochaines présidentielles, vise à la mettre en orbite pour 2027, dans le cadre d’une grande recomposition de la droite et de ses composantes les plus extrêmes. Celle que Philippe de VILLIERS présentait hier comme une «blonde sirène belle et conquérante » (amis misogynes et phallocrates bonjour !), a les dents longues à rayer les parquets. De quoi donner envie à Marine LE PEN de relire André GIDE et méditer sur son fameux « Familles, je vous hais », tiré des « Nourritures terrestres ». Nourritures… ? Cela tombe bien, Marion MARECHAL a aussi un féroce appétit !
Dominique BERNERD