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Assiste-t-on à un nouveau bras de fer opposant le député de la troisième circonscription de l’Yonne, Julien ODOUL (RN), à l’Agence Régionale de Santé (ARS) sur le Sénonais ? Toujours est-il que le parlementaire de l’Assemblée nationale vient de profiter du terme de la manifestation annuelle, « Octobre Rose » qui vient de s’achever samedi, pour en remettre une couche supplémentaire dans son engagement pour exiger le retour de la chirurgie du cancer du sein au Centre hospitalier de Sens.

L’élu de l’Yonne s’est à nouveau fortement opposé à la décision prise par l’organisme régional de Bourgogne Franche-Comté de supprimer l’autorisation nécessaire à l’établissement hospitalier sénonais de pouvoir pratiquer la chirurgie en ses murs, concernant les pathologies cancéreuses du sein.
Une décision injuste et inégalitaire pour le nord de l’Yonne
Déjà le 18 novembre 2025, il interpellait à la tribune du Palais Bourbon la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Stéphanie RIST, sur le bien-fondé de conserver cette offre thérapeutique dans le nord de l’Yonne. Le 21 août 2025, l’Agence Régionale de Santé de Bourgogne Franche-Comté avait retiré, en effet, au Centre hospitalier de Sens l’autorisation de pratiquer la chirurgie oncologique mammaire à compter du 29 décembre de la même année.
Une décision que le représentant du Rassemblement national avait fustigée : « Les patientes atteintes de cancer doivent déjà endurer deux heures de route aller/retour pour accéder à un centre de radiothérapie, faute d’équipement dans le nord de l’Yonne. Cette décision est profondément injuste et prive le territoire d’une prise en charge publique essentielle… ».
Une décision qui avait été prise par la nouvelle directrice générale de l’ARS sans concertation avec les élus locaux ni même avec une visite dans le Sénonais, ce que déplore Julien ODOUL. « Je conteste cette décision, explique le parlementaire, car depuis plusieurs mois, les femmes du nord de l’Yonne ne peuvent être opérées dans leur hôpital public de proximité... ».
Affaiblir l’hôpital public en creusant les fractures sanitaires
Depuis le début de l’année, les patientes luttant contre la maladie avaient le choix d’être orientées vers une clinique privée pratiquant des dépassements d’honoraires, sans aucune alternative publique. Grâce à un accord établi avec le centre hospitalier de Troyes (Aube), une quarantaine de patientes ont ainsi pu bénéficier du suivi médical nécessaire par un chirurgien sénonais. Le reste des soins étant proposés sur place. La reprise engagée en octobre 2024 avait déjà permis de réaliser, en onze mois, 85 % du nombre annuel d’interventions demandé, avant que l’annonce de la perte de l’autorisation ne freine brutalement cette dynamique…
« En agissant ainsi, poursuit Julien ODOUL, l’ARS accentue les inégalités territoriales en affaiblissant l’hôpital public et en creusant les fractures sociales et sanitaires. Le service public ne peut plus exercer ses missions… ».
Saluant le travail et l’abnégation des équipes médicales de Sens et de Troyes qui ont favorisé la poursuite des soins dans le public, le député de l’Yonne septentrionale souhaite maintenant préparer le retour des opérations chirurgicales à Sens. « On ne décide pas de l’avenir d’un service hospitalier avec une simple calculatrice. Il faut regarder les besoins des patientes, les compétences des soignants et les progrès de l’équipe. Se fonder uniquement sur les chiffres des années passées, c’est risquer de casser une activité qui redémarre. ».
Vers un retour des opérations chirurgicales du cancer du sein à Sens ?
Conséquence : Julien ODOUL vient d’adresser deux courriers datés du 30 octobre à destination du ministère de la Santé et à la direction générale de l’ARS BFC. « Les soignants ont fait leur part. La ministre et l’ARS doivent maintenant prendre leurs responsabilités et permettre le retour de la chirurgie oncologique mammaire à Sens. Les équipes sont prêtes, les femmes malades attendent. ».
Arguant dans ses propos, que les dangers de décisions prises en oubliant la réalité du terrain obligeaient des femmes malades à se déplacer ou à supporter des frais en clinique contraignants, à freiner les soignants dans leur travail et à affaiblir un hôpital public qui n’a déjà pas besoin de cela, au vu du contexte économique…
Le 12 mai 2026, le ministère de la Santé rappelait dans une réponse au parlementaire de l’Yonne que « la réforme nationale des autorisations d’activité de traitement des cancers entrée en vigueur en 2022 visait à améliorer durablement la qualité et la sécurité des prises en charge en cancérologie en tenant compte de l’expertise médicale requise et des enjeux d’accès aux soins… ».
Une réforme intégrée au Projet Régional de Santé, révisé en 2023, et porté par l’Agence Régionale de Santé. L’organisme assure depuis un suivi de la mise en œuvre de cette organisation en contrôlant l’effectivité des parcours de soins, de la continuité des prises en charge et de l’accès réel des patientes à l’offre autorisée. Une réponse qui à l’époque n’avait pas convaincu le député Julien ODOUL. Ce dernier avait lancé une pétition en décembre dernier sur la plateforme « Change.org » afin de dénoncer ce qu’il qualifiait alors de « trahison du service public ».
Thierry BRET
