62 % de nos compatriotes se préparaient à vivre dès le 01er février les inconvénients d’une nouvelle période de confinement. La troisième, en l’espace de quelques mois et peut-être la plus dure à venir pour lutter avec efficience contre la propagation des fameuses variantes du virus.
Certes, ce n’est pas la situation à laquelle ils aspiraient le plus mais ils ne voyaient pas comment la chose put être différée autrement.
Compte tenu de l’abondance des messages alarmistes qui étaient distillés depuis plusieurs jours par les représentants du corps médical.
Le Conseil scientifique l’avait déjà validé en haut lieu parmi ses orientations prioritaires ; la multitude de consultants spécialisés s’en inspirait dans leurs énièmes débats contradictoires occupant des heures durant les antennes audiovisuelles des chaînes en boucle.
Bref, c’était une évidence. L’Hexagone allait être confiné de manière drastique dès le mois prochain. La chose était d’ores et déjà entendue dans les chaumières.
Successivement, le ministre de la Santé et le Premier ministre rivalisèrent la semaine dernière à grand renfort d’interventions médiatiques à qui mieux mieux afin de nous préparer au pire. Une méthode Coué vantant les mérites de l’impossible !
Le moral, déjà bien entamé au fond des chaussettes, les Français se résignaient donc à se morfondre davantage à leur domicile, digérant vaille que vaille cette litanie de mauvaises nouvelles imputables à la circulation de ce coronavirus dont on ne voit toujours pas le bout. Presque douze mois après le début de cette crise sanitaire sans précédent.
L’intervention publique de Jean CASTEX, ce vendredi 29 janvier programmée à la hâte sur le coup de 20h30, aura chamboulé tous les codes constructifs de la communication de crise. On s’attendait à de la grande dramaturgie audiovisuelle, on aura juste eu droit à un sursaut d’orgueil offrant un léger répit !
Hormis quelques ajustements complémentaires, la feuille de route du chef du gouvernement prône ni plus ni moins que de pratiquer l’attentisme. L’attente, vertueuse si on la combine avec la patience, face à l’évolution galopante de la pandémie correspond-elle à une prise de risque parfaitement maîtrisée pour le président de la République ?
Poursuivre le couvre-feu en réduisant les espaces de liberté…
Soucieux de préserver les intérêts économiques des entreprises, de maintenir le pays en état de fonctionnement à travers son système éducatif auprès des jeunes générations, Emmanuel MACRON a choisi d’abattre la carte de la différence avec l’application de cette stratégie.
En ce sens, il ne suit pas le concert des nations européennes qui privilégie aujourd’hui un renvoi systématique de leur population vers un confinement dur et strict.
Pourtant, le couvre-feu à 18 heures ne semble guère probant au niveau de ses résultats, dixit Olivier VERAN. Qu’importe ! On le poursuit malgré tout en réduisant les lieux de fréquentation usuels comme peuvent l’être les grandes surfaces commerciales de plus de 20 000 mètres carrés qui offraient jusque-là une soupape d’aération bienveillante à nos concitoyens en manque de libertés.
A ceci près que ce sont encore plusieurs milliers de commerces implantés dans les galeries marchandes qui vont en faire les frais en envoyant dès lundi leurs collaborateurs au chômage partiel.
Un choix qui se démarque du conseil scientifique…
Quant aux contrôles aux frontières, avec les états de l’Union européenne mais aussi ceux d’ailleurs, ils se renforcent enfin. Il aura donc fallu tout ce temps pour mettre ce dispositif en réelle phase de concrétisation. Tests PCR et attestation de déplacement à l’appui.
Peut-être aurions-nous pu éviter, voire ralentir si ce processus avait été respecté le doigt sur la couture du pantalon depuis le début de la crise, la présence des variantes de la COVID-19 originaires du Royaume-Uni et de l’Afrique du Sud sur notre sol ?
Mais, mieux vaut tard que jamais, précise l’adage ! En choisissant de jouer la montre à travers cet attentisme maîtrisé parce que les taux d’incidence de la maladie le permettent encore, le président de la République adresse deux messages forts à ses concitoyens.
D’une part, il leur accorde toute sa confiance dans leur responsabilité à s’assumer et à prendre leur destin en main dans cette lutte quotidienne contre la pandémie. Grâce à la protection collective et responsable contre le seul fléau. Comme un peuple unit dans le même combat qu’il livre face à l’envahisseur. C’est sa vision personnelle de la guerre menée contre l’épidémie.
D’autre part, il se démarque de l’influente sphère médicale qui jusque-là lui dictait la marche à suivre dans la gestion de cet épineux dossier depuis des mois. Impulsant ainsi une vraie dimension politique à sa prise de décision.
Même si elle est largement contestée par les représentants des autres partis qui souhaitaient un retour au confinement en février. Les mêmes qui, hier encore, y étaient farouchement opposés !
Thierry BRET