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Joe BIDEN tape du poing : l'Oncle Sam sort de sa léthargie ?

7 octobre 2018

On le disait gaffeur, un tantinet sénile et plus du tout dans le vent. Très éloigné des préoccupations internationales afin de mieux se concentrer sur le seul univers américain et ses problématiques sociétales récurrentes. Un peu à l’image de son prédécesseur, le truculent et incontrôlable Donald TRUMP, voire à un degré moindre de celle du besogneux Barack OBAMA. Oui mais voilà. Il aura suffi que ce conflit inattendu éclate dans la vieille Europe pour que le président américain sorte enfin de sa réserve en tapant du poing sur la table. Enfin.

Et sur ce registre, Joe BIDEN, n’y va pas avec le dos de la cuillère ! Ne ménageant ni les effets en termes de communication, la rendant la plus solennelle et martiale possible, ni dans les expressions employées en s’adressant directement à son homologue russe, le traitant ainsi de « boucher ». Une « insulte », en temps ordinaire, pour la noble caste de ces professionnels de l’artisanat qui proposent sur leurs étals de la viande label Rouge mais qui ne sont pas destinataires de ces quolibets ! Mais, un mot qui in fine est très approprié pour qualifier l’action militaire du dictateur de Moscou depuis plus d’un mois en Ukraine.

 

 

Anticiper la suite des relations internationales avec la Russie…

 

Pris dans sa verve prophétique et combative, le président américain de passage en Pologne, premier rempart territorial de l’OTAN à l’Est, pour un voyage officiel de quarante-huit heures au plus près du terrain de la guerre, a dit tout haut ce que beaucoup de nos gouvernants pensent tout bas : « POUTINE ne peut plus rester à la tête de cet immense pays qu’est la Russie ».

Positionnant déjà sur l’échiquier des relations internationales, la possibilité d’un renversement du régime tyrannique du voisin de l’Est (ce qui est loin d’être évident en l’état actuel des choses même si la contestation contre le locataire du Kremlin gagne de jour en jour toutes les strates de la société russe y compris chez les militaires) et l’anticipation des futures relations bilatérales entre les deux puissances.

Avec son discours prononcé à Varsovie, lieu de chargé de symboles historiques contre le communisme, Joe BIDEN a mis l’index, plutôt le majeur en le tendant bien droit à la face de son adversaire, sur le point sensible de l’anticipation relationnelle à venir avec la Russie : la crédibilité honnie de Vladimir POUTINE dans le monde.

 

 

L’échec cuisant de POUTINE qui se voyait en pacificateur en Ukraine…

 

L’objectif des Occidentaux avec l’armada de sanctions économiques qui se sont abattues sur le pouvoir et ses différents cercles rapprochés (les oligarques), est de placer les dirigeants de ce pays totalitaire en position de faiblesse mondiale.

Un peu sur le volet des avantages financiers que l’on ne prête qu’aux riches, mais surtout en termes d’image en faisant de ces cibles distinctives des parias avec lesquels il ne faudra plus jamais compter.

Un savant calcul, certes très hasardeux mais guère probant pour le moment, qui pourrait en revanche porter ses fruits si par mégarde le conflit russo-ukrainien venait à s’embourber (ce qui semble être de plus en plus le cas après cinq semaines de combats) dans le temps. Ou à s’élargir ce qui ferait du « libérateur » de l’Ukraine un digne successeur de Joseph STALINE (son idole de toujours), à défaut d’Adolf HITLER. L’emblématique figure de proue du nazisme dont POUTINE a su adopter les mêmes méthodes aussi abjectes.

On sait depuis le début de cette guerre d’une sauvagerie comparable à celle de la Tchétchénie et de la Syrie que la théorie de POUTINE était d’envahir l’Ukraine et de mieux l’annexer à l’instar de la Crimée en un laps de temps record. Une poignée de jours à peine, coincés dans l’entre-deux période des Jeux Olympiques de Pékin. Sa trêve à lui, en somme !

 

 

L’argent comme vecteur déterminant dans cette guerre…

 

Or, par atavisme, suffisance, orgueil, stupidité et excès de zèle d’un seul personnage de sinistre facture, la conquête de l’Ouest de la Russie via les frontières de l’Ukraine se solde à ce jour en un retentissant échec pour une armée démobilisée qui ne progresse plus et se contente de pilonner sans relâche et à distance des cibles civiles à l’aide de ses missiles destructeurs.

Ou de faire appel à sa bande de vils mercenaires qui ne répondent qu’à la seule solde de l’argent pour faire le sale boulot sur le terrain : celui de l’extermination génocidaire. Un bémol toutefois dans cette obscure stratégie de bas étage, ces principes où l’argent coule à flot peuvent aussi se retourner contre son auteur puisqu’à ce jour  plusieurs contrats, émanant d’oligarques russes en dissidence avec le Kremlin, visent la tête du « boucher » de Moscou ! Pour des montants si astronomiques que même les cosmonautes russes embarqués à bord d’un Soyouz ne pourront jamais touchés : soit une manne de dix millions de dollars !

En réaffirmant l’unification sans faille de l’Alliance Atlantique si « les Russes venaient à toucher le moindre centimètre carré de l’un des pays de l’OTAN », Joe BIDEN ne peut être plus clair dans les messages probants qu’il délivre au reste du monde, la Chine comprise ! L’Oncle Sam amorce enfin son retour en première ligne en qualité de gendarme de la planète, garant de nos libertés et de nos démocraties.

On peut regretter cependant que de tels discours n’aient pas été tenus lors des décennies précédentes de la part de Washington qui a sombré dans une triste léthargie. S’ils l’avaient été martelés comme moyen de dissuasion, c’est sûr : POUTINE et ses sbires n’auraient jamais bougé le moindre orteil depuis leur tour d’ivoire…

 

Thierry BRET

 

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