Après l’hommage rendu mercredi dernier à Pierre SOULAGES, peintre du noir et de la lumière, la couleur est restée d’actualité cette semaine. Il aura suffi de quelques mots ce jeudi en fin d’après-midi pour enflammer les bancs de l’Assemblée nationale. Des mots « singuliers » que son auteur affirme être « pluriel », comme si l’appel lancé à « retourner en Afrique » trouvait une virginité dans le fait de se conjuguer avec un « s »…
BILLET: C’est lors d’une question au gouvernement, évoquant le « drame de l’immigration clandestine » que le député insoumis Carlos MARTENS BILONGO s’est vu ainsi interpeller par son homologue du Rassemblement national, Grégoire de FOURNAS.
Devant la vague d’indignation qui a suivi, l’élu de Gironde a fini par présenter ses excuses, affirmant en guise de respectabilité, que sa diatribe visait les migrants secourus en Méditerranée et non l’orateur du jour, dont le péché originel affirme-t-il, la main sur le cœur, n’est absolument pas sa couleur de peau !
Le député RN n’en est pas à son coup d’essai et semble afficher une obsession sur l’Afrique à travers les réseaux sociaux, lui qui en janvier dernier sur Twitter, appelait à « expulser tous les Maliens de France », suite au renvoi de notre ambassadeur au Mali. Oubliant de s’interroger dans la foulée par qui les remplacer pour ramasser les poubelles parisiennes à leur place !
Il y a longtemps que les cadres du RN s’insurgent contre les ONG venant notamment à travers l’association « SOS Méditerranée », au secours d’hommes, de femmes et d’enfants. « Être né quelque part, c’est toujours un hasard… chantait dans les années 80 Maxime LE FORESTIER, que l’on soit de « Manille ou d’ailleurs ». Des mots qui résonnent encore douloureusement aujourd’hui. Au guichet de la vie, on ne sait jamais le bateau que l’on prendra un jour…
« Chassez le naturel, il revient au galop… »…
La politique de la cravate et du « politiquement correct » semble avoir volé en éclat ce jeudi dans les rangs du Rassemblement national, au grand désespoir sans doute de son ancienne présidente, Marine Le PEN, elle qui avait tant fait pour la dédiabolisation de son parti en le revêtant d’un costume de respectabilité.
« Chassez le naturel… » : il revient toujours au galop ! En guise de conclusion, ces mots entendus il y a peu, à Chablis lors de la Fête des Vins, où parmi les intronisés du jour dans la Confrérie des Piliers chablisiens, figurait le préfet de l’Yonne, Pascal JAN. Ses qualités d’éminent juriste et de professeur agrégé l’ont conduit à enseigner antérieurement dans plusieurs universités étrangères dont Athènes, Québec, Mexico et Ouagadougou…
D’où cette réflexion amusée et gourmande d’une sommité locale : « Ouagadougou… ? Y’a du monde par-là ? ». Oui, il y a du monde, paraitrait même qu’on les appelle des Hommes !
Dominique BERNERD