@thierrybret
Il n’est pas certain que les annonces faites ce vendredi après-midi par le président de la République Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse d’après réunion exceptionnelle avec les représentants de la classe politique hexagonale viennent redonner le sourire et la pêche aux Françaises et aux Français. Celles et ceux qui auraient eu la possibilité de l’écouter sur les ondes radiophoniques ou de le regarder derrière leur écran de télé, juste après le déjeuner. Ce qui n’est pas le cas de la majorité d’entre eux, fort logiquement accaparés sur leur lieu de travail ou vaquant à toutes autres louables occupations. Il vaut mieux s’exprimer à 14 heures à l’heure de la sieste plutôt que de le faire en participant au journal de 20 heures, nettement plus fréquenté par les téléspectateurs en manque de nouvelles informations !
Bref, la situation catastrophique que vivent nos concitoyens aux abords des stations-services, à l’humeur chafouine lorsqu’ils voient défilé à toute vitesse le prix de leur achat de carburant, n’est donc pas prêt de se résorber. Le contexte est avant tout international et imputable à la géopolitique, dixit le locataire de l’Elysée, la problématique ne dépend pas du gouvernement !
Dans le genre circulez il n’y a rien à voir, on n’aurait pas fait mieux ! Bon, magnanime, le Président consent tout de même à nous dévoiler quelques bribes d’informations sur l’intense mobilisation diplomatique actuelle du Quai d’Orsay envers les pays du Golfe ou d’autres producteurs de l’OPEP comme le Nigéria pour tenter de trouver de nouvelles routes permettant à l’or noir de circuler plus librement à destination de la vieille Europe et de notre Hexagone, totalement dépendant des énergies fossiles comme chacun le sait. Une circulation qui se ferait loin des deux détroits en partie bloqués par les Iraniens et leurs inféodés houthis, ou qui ne cheminerait pas par un quelconque pipe-line saoudien devenu la cible privilégiée des bombardements vengeurs des rebelles yéménites.
Quant à l’envolée historique des prix de ces carburants portant désormais bien leur appellation d’or noir – à qui profite réellement la spéculation in fine ?! -, il n’en sera fait mention que subrepticement du bout des lèvres. Le diesel flirte avec les 2,40 euros du litre dans la plupart des stations-services de l’Yonne, par exemple, quand ce n’est pas davantage sur les aires de repos des autoroutes où les sommets sont déjà atteints, avoisinants les 3 euros !
Demain, du fait de deux conflits majeurs qui vont déstabiliser durant longtemps l’ordre mondial (l’agression jusqu’au boutiste de la Russie en Ukraine, la guerre aventureuse de Donald Trump au Moyen-Orient face à un Iran de plus en plus hostile à l’Occident), les prix à la pompe pourraient largement établir de nouveaux records dont on ne mesure pas encore réellement l’impact sur les économies des pays européens (ils sont quasiment tous dépendants dans leur approvisionnement) et sur nos porte-monnaie. Provoquant de sérieuses migraines pour celles et ceux de nos concitoyens qui comptent au centime près avant de pouvoir boucler le budget de fin de mois.
Que l’on se rassure : l’Etat et son plus haut représentant prennent bien conscience de vos difficultés qui n’ont rien de passagères (et pour cause) mais tardent à réagir véritablement par des mesures concrètes et efficientes à l’échelon des autres pays de l’Union européenne pour réduire un peu plus la facture de manière significative, grevant tous les budgets des Français, de toutes catégories sociales.
Mais, ceci est une autre histoire ! En attendant, les Françaises et Français continueront à subir de plein fouet le « coup de pompe » aux stations-services à chacun de leur passage, avant de participer aux efforts drastiques exigé par le gouvernement en 2027 pour le budget. Ils ne leur restent plus que leurs mouchoirs pour pleurer…ou circuler lors de leurs déplacements par le biais de transport collectif ou à l’électrique, si ce n’est de marcher. C’est vrai : la marche, c’est salvateur pour la santé !
Thierry BRET

