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Handicap : un réel besoin de simplification…

7 octobre 2018

Simplifier les démarches administratives. Ce n’est pas une phrase si anodine qu’il n’y paraît tant sa récurrence s’affirme autour de nous. Il ne se passe pas un jour, voire une heure, où le commun des mortels qui évolue dans ce pays ne se plaigne de la complexité des choses. Que l’homme a créé pour l’homme !

A croire que celui-ci aime se torturer l’esprit en faisant abstraction de toute facilité pour résoudre une problématique donnée.

Que les choses demeurent complexes en ce bas monde ! Sans doute, l’Administration, celle qui est au service de l’Etat, et nous inonde de demandes, de requêtes, de documents, de paperasses, et tutti quanti, ne pourrait, bien malgré elle, se passer de ces liasses de papier qui s’accumulent sur le coin d’un bureau et ne servent à rien dans la plupart des cas. Gageons que ces documents souvent inutiles finiront entassées au fond d’une armoire métallique, oubliée dans une quelconque alcôve emplie de poussière…

Oui mais, voilà. La France administrative et procédurière est faite ainsi. Vous aurez beau dire, vous aurez beau faire, nul ne pourra la changer : c’est notre tradition séculaire et certains parmi nous en seraient presque fiers !

C’est là que l’un des personnages éminemment dynamiques de l’Etat entre en ligne de mire. Une personne qui a su prendre fait et cause pour les proscrits de notre mode sociétal fonctionnel : les handicapés.

Sophie CLUZEL, puisque c’est bien d’elle dont il s’agit, s’est lancée depuis quelques mois dans une aventure folle, digne de la traversée de l’Espagne profonde par Don Quichotte chevauchant sa monture aux côtés de Sancho PANCA. Elle poursuit inlassablement un périple plutôt discret mené à travers l’Hexagone. Il l’amène à visiter les services des MDPH, ces fameuses « Maison départementale des personnes handicapées ».

 

Des démarches à renouveler tous les trois ans : absurde !

 

L’une de ses étapes passait précisément dans l’Yonne la semaine dernière. Invitée à découvrir le site de PERRIGNY, proche d’Auxerre, la secrétaire d’Etat a tenu à rencontrer les acteurs institutionnels et professionnels en charge de ce lourd dossier, souvent omis de notre quotidien. Le constat est limpide à l’issue de cette immersion : la gestion du handicap au sein de notre société représente, et de loin, un sacré sacerdoce. Surtout pour les accompagnants de ces personnes clouées dans un fauteuil roulant ou présentant de lourdes pathologies engendrant la perte de l’usage d’un membre ou d’une fonction motrice.

Son message à destination des familles et des représentants des associations gestionnaires aura été, on ne peut plus clair en substance : la nécessité absolue de simplifier les règles du jeu.

Est-il légitime que tous les trois ans, ces familles soient dans l’obligation de procéder à de nouvelles démarches longues et fastidieuses pour prouver à l’Administration qu’elles gèrent le quotidien d’une personne lourdement handicapée vivant sous leur toit ?

Irrespectueux ! Indigne ! Les mots ont été lâchés par la secrétaire d’Etat en personne en présence de ces courageux aidants qui subissent les fourches caudines d’un ’Etat englué dans sa technocratie afin de justifier ce qui n’a plus lieu d’être !

 

Les droits à vie applicables avec efficacité ?

 

On le sait, et il n’est pas obligé de sortir de Saint-Cyr pour s’en persuader, que dans la majorité des cas, le handicap est un fait irréversible qui n’est pas susceptible d’évoluer favorablement au fil des années…

Alors, pourquoi tant de contraintes inutiles qui fatiguent et exaspèrent celles et ceux qui doivent déjà supporter la charge et le poids de ce handicap indirect au quotidien ?

C’est dans cette optique que le gouvernement actuel a pris soin de se pencher plus en avant sur la question. Au premier janvier, de nouveaux textes législatifs sont apparus dans le paysage hexagonal.

L’application des droits à vie (ils comprennent l’allocation adulte handicapée, la carte mobilité inclusion, la reconnaissance de la qualité du travailleur handicapé, l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé jusqu’à la vingtième année de l’intéressé…) doit, somme toute, changer la donne et bousculer tout çà.

Reste à savoir désormais si les délais de traitement des dossiers en instance seront eux aussi examinés avec la même envie et latitude (celle de bien faire) afin que les taux d’attribution et les aides à prodiguer aux familles accompagnantes concernées ne soient pas confinés dans les limbes d’une administration encore trop sclérosée par ce besoin exagéré de paperasserie…

 

Thierry BRET

 

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