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« God save the Queen » : la fin du règne…

7 octobre 2018

Elle semblait éternelle, la reine ! Faite pour que son règne interminable dure encore bon nombre d’années sur son vaste royaume. Un petit bout de femme à la droiture exemplaire et au caractère bien trempé à qui on ne la fait pas !

Le moindre de ses gestes, la plus anodine de ses paroles, le plus infime de ses actes étaient observés, soupesés, analysés, interprétés et commentés par l’ensemble des observateurs de la planète.

Pas un jour, pas une heure, sans que les médias, les sociologues, les philosophes, les politiques, les économistes, mais aussi les spécialistes des têtes couronnées et de « jet set » nous abreuvent de leurs théories fumeuses et de leurs commentaires plus ou moins avisés sur l’existence de ce personnage atypique qui accéda au trône en 1952. C’était un 06 février dans la froideur d’un hiver londonien…

 

 

La boussole de toute une nation…

 

Une « people », Elizabeth II ? Une star à sa manière ? Oui, sans l’ombre d’un doute, elle qui a fait la une de toutes les couvertures des magazines aux quatre coins du globe depuis plus de neuf décennies. Elle qui a su inspirer bon nombre de réalisateurs, de romanciers, de musiciens, de peintres, d’artistes. Elle qui fut un modèle de vertu et une boussole pour un peuple qui lui était voué corps et âme, même dans les moments les plus difficiles où la monarchie trembla plusieurs fois sur ses bases.

Elle qui avait aussi un « royal humour » so british, n’hésitant pas à s’auto-parodier aux côtés de Daniel CRAIG dans un court remake de James Bond à l’occasion de l’ouverture des Jeux Olympiques de Londres il y a dix ans !

Elle qui aura posé lors de son ultime jubilé, au printemps dernier, en compagnie de la mascotte anglaise, l’ours « Paddington » - une institution Outre-Manche ! – en disant face caméra en prenant le fameux « cup of tea » au-revoir (ou adieu ?) à la compagnie !  

Elle qui avait un faible pour les airs trépidants du groupe suédois ABBA et qui fit des BEATLES, des ROLLING STONES ou d’Elton JOHN – des machines à cash en devises pour le royaume – des pairs du pays en les anoblissant ! Mais, elle provoquait l’ire et la haine des punks et de leurs chefs de file comme les SEX PISTOLS avec leur version de « God save the Queen », un titre banni des ondes de la BBC…

 

L’épisode « Diana », un clou dans la chaussure…

 

Pourtant, la reine Elizabeth connut des périodes moins fastes. Ce fut le cas au mois d’août 1997, époque où disparut l’autre grande figure de la famille royale de ce Royaume désuni, retranché dans les palais de Buckingham et de Windsor : Diana SPENCER ! Celle par qui le « scandale » éclata avec un divorce à l’appui, condamnant à l’époque le prince Charles, désormais aujourd’hui Charles III, à vivre en paria et en responsable de la mort tragique de son ex-épouse, sous le pont de l’Alma, à Paris.

Ironie du sort, vingt-cinq ans après la disparition de celle qui fut la « reine » des cœurs pour toute une génération d’aficionados suivant les péripéties de la famille royale, Elizabeth II a rendu son dernier souffle à l’âge de 96 ans dans son château écossais de Balmoral. Loin des soubresauts de la ville, de façon paisible, en présence de ses enfants et petits-enfants tous réunis.

 

 

 

Un royaume entre tristesse et espérance…

 

Une onde de choc. Entre tristesse et espérance. Tristesse, parce ce que cette souveraine aura battu le record de longévité à la tête du royaume de Grande-Bretagne et de dirigeante du Commonwealth – une confédération de 56 états répartis sur les cinq continents, issus de la domination britannique du XVIIIème siècle – et que bon nombre d’entre nous n’étions pas encore nés que la fille de Georges VI exerçait déjà ses suprêmes fonctions dans le plus célèbre palais de l’Angleterre !

Soixante-dix-ans de pouvoir absolu pour ce monarque atypique (plus sept mois et quelques jours !) qui aura connu une dizaine de présidents français et une quinzaine de présidents américains ! Et toujours accompagnée de son fidèle (ce n’est pas si sûr selon les ragots de la presse people !) prince consort, Philip MOUNTBATTEN !

Espérance, parce que au-delà du deuil, long d’une douzaine de jours applicables à la perfide « Albion », l’avènement du prince Charles à la fonction royale soulève bien des envies parmi le peuple.

Un peuple bigarré, cosmopolite, pratiquant de multiples cultures et religions, devenu hostile à l’Europe et à ses mécanismes administratifs dont les lourdeurs en termes de fonctionnement interrogent, voire stigmatisent, sans pour autant rejeté l’atlantisme puisque incarnant les valeurs défensives de l’OTAN.

 

 

Un nouveau roi à l’empreinte écologique profonde…

 

Charles III ouvrira-t-il enfin les portes de la modernisation de cette monarchie séculaire parfois dépassée par les évènements ? Sera-t-il plus enclin à manifester ses sentiments à l’égard de ses sujets qui ont parfois critiqué l’attitude trop hautaine, distante et protocolaire de Sa Très Gracieuse Majesté qui appliquait à la perfection les codes enseignées jadis par ses doctes précepteurs ?

Sans doute, car à 73 ans, le roi Charles, affublé de sa femme aujourd’hui légitime – la très critiquée et peu populaire Camilla PARKER-BOWLES - a démontré par le passé qu’il était homme de conviction.

Ecologiste et grand défenseur dans l’âme des valeurs environnementales de la planète, s’opposant à toute exploitation du gaz de schiste que souhaiterait promouvoir l’ultra libérale Liz TRUSS, nouvelle pensionnaire du « 10 Downing Street » ! Entre c’est deux-là, cela promet dans les soupentes de la royauté, côté frictions.

Reste que les Français ont toujours apprécié la famille royale et ses vicissitudes, narrées avec régularité constante dans les tabloïds. Etrange pour un pays qui a osé trancher la tête de l’un de ses rois !

Ils seront sans doute des milliers à franchir le « Channel » pour assister aux funérailles de la reine disparue la semaine prochaine. Et à porter le deuil comme s’ils avaient perdu un proche parent.

Il est vrai qu’entre l’Angleterre et la France, c’est une très longue histoire d’amour et de passion qui dure depuis beaucoup plus longtemps que la Guerre de Cent ans ! Goodbye Her Majesty and long live the King !

 

Thierry BRET

 

 

 

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