Aller au contenu principal

Football : les clubs français flirtent avec l’indécence…

7 octobre 2018

Pitoyable. Les clubs de la soi-disant élite nationale enchaînent au fil des joutes européennes, et quel que soit les compétitions, de piètres résultats depuis le début de la saison. A croire que le glorieux titre de champion du monde de l’équipe de France, obtenu certes dans la douleur face à la Croatie, n’aura eu aucune répercussion positive ni effet catalyseur dans l’esprit des joueurs de la Ligue 1. Comment une telle dichotomie, entre les internationaux qui ont accroché la seconde étoile au maillot tricolore, et les pâles sportifs qui s’évertuent à courir après un ballon qui leur échappe sans cesse à chaque rencontre européenne, est-elle envisageable ?

Même les nouveaux opérateurs des retransmissions télévisées en perdent leur latin. Tant la médiocrité et le niveau de jeu des clubs de l’Hexagone frisent avec le parfait ridicule. Pourtant, grâce à l’atomisation du marché audiovisuel et de l’envolée mirifique des droits à l’image par le canal médiatique, ils se frottent les mains. Conséquence : les recettes tarifaires des abonnements, à la limite du prohibitif, sont devenues si élevées et insupportables pour les férus de ce sport. Eux qui sont souvent issus de conditions modestes.

On connaissait la pauvreté, voire l’indigence du niveau technique et mental de notre championnat professionnel. Mais à ce point-là, cela en devient proprement incorrect pour les milliers de suiveurs qui fréquentent les stades en espérant des victoires gagnées en mouillant le maillot.

Lors de la quatrième journée de ces rencontres européennes, Ligue des Champions et Ligue Europa confondues, seules deux des formations françaises sur les six engagées ont dû se contenter de la parfaite équité du score au terme de la partie. Il s’agit des deux poids lourds de la Ligue 1, le Paris Saint-Germain, largement pourvu financièrement par les largesses du Qatar, et de l’Olympique Lyonnais, en quête depuis plusieurs saisons d’une nouvelle aura.

Ce furent deux matches nuls, glanés sans l’once d’une quelconque réussite face à Naples et à un obscur, mais prometteur club allemand, Hoffenheim.

Quant aux quatre autres représentants à l’estampille du Coq gaulois (Rennes, Marseille, Bordeaux, Monaco), leurs espoirs ont volé en éclat, une fois de plus. Sans âme, ces formations ont été laminées par des joueurs nettement plus inspirés sur la pelouse.

Calamiteuses, et cela ne date pas d’hier malheureusement, ces prestations inconstantes trouvent-elles une explication rationnelle et plausible pour justifier cela ?

Les observateurs ne savent plus à quels saints se vouer pour tenter de comprendre l’ineptie dans laquelle a sombré le football tricolore, version club. Tous les avis sont partagés par l’entremise des réseaux sociaux ou par voie de presse. Manque de réussite, la faute à l’arbitrage, le décalage horaire, l’inconstance de la nourriture (et oui, cet argument a déjà été évoqué !), l’absence d’encouragements de la part des supporters. Bref : une litanie de prétextes et de non-sens qui, Messieurs les professionnels de la discipline, n’ont pas lieu d’être, eu égard à ce que l’on attend de votre sérieux et investissement avant chaque rencontre !

Historiquement, si l’on extrait les prouesses méritoires de l’équipe nationale, auréolée par deux fois au firmament de la réussite mondiale, rares ont été les clubs nationaux ayant réellement brillé dans le concert européen.

Le mythique Stade de Reims, avec les illustres Raymond KOPA et Just FONTAINE, avaient échoué de peu mais avec panache et les honneurs face au futur Grand d’Europe, le prestigieux Real de Madrid dans les années 1950. L’avènement des « Verts » de Saint-Etienne et la starisation de joueurs dont Jean-Michel LARQUE et les frères REVELLI ont su faire vibrer la France lors de matchs mythiques le mercredi soir. Mais, funeste circonstance, si les poteaux carrés du stade de Glasgow, un soir de finale disputé en mai 1976, avaient été ronds ; le club du Forez aurait remporté son premier trophée européen au nez et à la barbe du Bayern de Munich !

Les Corses de Bastia échoueront en finale d’une Coupe de l’UEFA en 1977. Quant à l’autre club méridional, celui de l’Olympique de Marseille, il fera taire, contre toute attente et encore avec beaucoup de suspicion, les pronostics habituels, synonymes de déconvenue, face à Milan.

Le fameux but de l’ancien Auxerrois Basile BOLI délivrera tout un peuple en totale déshérence de trophées continentaux. Mais, déjà les plus malveillants des observateurs jetteront l’opprobre sur la véracité de ce résultat. Suspectant le propriétaire du club olympien, un certain Bernard TAPIE, d’avoir joué de la mallette à billets pour influencer le hasard sportif.

Aujourd’hui, et même s’il est besoin de mentionner afin de compléter ce palmarès le succès anecdotique du Paris Saint-Germain, triomphateur d’une Coupe des Coupes avant sa période qatarie, la disette reste de mise pour le football tricolore.

Les joueurs ne sont pas les seuls à être incriminés dans cette spirale de la déroute. Les coaches, eux-mêmes, se disent peu ou prou intéressés par ces épreuves continentales. Le plus souvent, l’équipe type n’est pas inscrite sur la feuille de match. Laissant la place aux remplaçants, voire aux réservistes en manque cruel de temps de jeu.

Ce qui est proprement incompréhensible lorsque l’on possède de réelles ambitions sportives et que l’on désire se frotter aux meilleures équipes de nos voisins. Pas étonnant que nous possédions à l’heure actuelle le taux le plus élevé de pessimistes de la planète avec 61 % de la population…

Thierry  BRET

 

   

Partager :