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Europe : l’amère déconvenue de la France…

7 octobre 2018

Sylvie GOULARD serait-elle devenue le mouton noir du président de la République française ? Ce petit caillou, gênant et coincé au fond de la chaussure qui l’empêche de marcher en parfait équilibre dans sa conquête du pouvoir ?

Décidément, cette surdiplômée à la tête bien pleine qui émargeait à plus de douze mille euros par mois en proposant ses services professionnels à un cabinet d’affaires géré par un milliardaire américain n’aura pas donc convaincu les eurodéputés de son intégrité éthique. Et, par là-même, de sa capacité à exercer le poste capital qui lui était destiné à la commission européenne. Et ce, pour la deuxième fois !

Pas d’école de la seconde chance donc pour l’ex-ministre de la Défense qui n’avait déjà pas tenu très longtemps la rampe du succès dans la mouture originelle du gouvernement d’Edouard PHILIPPE. Un petit tour et puis s’en va. Malgré à l’époque, et on s’en souvient encore, le courroux protestataire du maire de Pau, François BAYROU.

Invitée à reformuler son acte de candidature, la protégée du président du MoDem aura finalement échoué à se faire élire à la tête de ce poste stratégique ô combien important pour la France dans la nébuleuse européenne.

La fonction qui devait lui incomber correspondait à un ersatz de super ministère continental, englobant des postes clés à vocation technologique, économique et sociétale. Bref : le vrai « Nirvana » en matière de promotion sociale et la promesse de poursuivre une carrière jusque-là auréolée de succès croissants.

Seulement voilà : par 82 voix contre et seulement 29 suffrages exprimés de façon positive, les espoirs de Sylvie GOULARD d’hériter un jour de cette fonction éminemment importante pour la France se sont envolés sine die.

 

Le président français exige des explications de la part de ses partenaires…

 

Un revers, une claque, voire un sinistre camouflet pour l’Elysée et ses fins stratèges qui n’avaient absolument pas prévu ce coup du sort, un tantinet tordu il est vrai. Pourtant, Emmanuel MACRON s’était démené comme un beau diable, en amont de cet épisode, pour imposer sa candidate. Ses prétendantes, devrait-on dire puisque le chef de l’Etat misait sur un brelan d’as féminin (Christine LARGARDE, Nathalie LOISEAU et Sylvie GOULARD) pour y parvenir.

Et conforter ainsi l’alliance stratégique avec le partenaire allemand comme de bien entendu. Oui mais dans l’absolu, le processus n’a pu aller à son terme comme il était convenu. La machine s’est enrayée et le château de cartes s’est effondré sans autre concession.

Hormis Christine LAGARDE qui a pu obtenir son précieux sésame en quittant le FMI (de manière fastueuse aux dires des observateurs) pour prendre la direction des opérations à la Banque centrale européenne, les deux autres pièces maîtresses du jeu macronien ont été balayées, sans crier gare, de l’échiquier européen.

Isolant un peu plus le pensionnaire du palais de l’Elysée sur la scène continentale qui devra revoir sa feuille de route s’il veut faire entendre raisonnablement sa voix et user de son influence dans ce jeu de dupes qu’est le parlement européen.

Interviewé à chaud à l’issue de ce scrutin, improbable à ses yeux, le président de la République s’est montré perplexe devant la situation, ne comprenant pas le pourquoi des choses.

« J’aimerais comprendre et obtenir des explications rationnelles, devait-il déclarer en substance à la presse.   

Il est vrai que les choses ne sont guère aisées dans ce marigot obscur fait de combinaisons stratégiques et préférentielles où la plupart des cartes du jeu ont peut-être été pipées, pour ne pas dire truquées, via le poids des lobbyistes !

Une chose est sûre : la France a pris un coup de poignard dans le dos alors que le poste ne devait pas échapper à Sylvie GOULARD.  

 

A qui profite cette désillusion ?

 

Question en suspens : à qui la faute en vérité ? Y aurait-il eu dans le cénacle un french bashing de la part des autres partenaires européens ?

Deux théories sont avancées par les exégètes de la politique européenne : d’une part, il fallait calmer les ardeurs qualifiées d’expansionnistes du président français par ses opposants (il est le seul à sa décharge à vouloir impulser une nouvelle dynamique profitable à l’ensemble des vingt-huit partenaires).

D’autre part, le PPE (formation qui regroupe l’ensemble des droites européennes) aurait voulu donner une leçon de stratégie à Emmanuel MACRON en éliminant sa candidate. Un cas de vengeance directe et sans fioritures.

Pour l’heure, les supputations demeurent et les jours prochains seront déterminants pour connaître les causes exactes de cet échec.

Perdre une bataille n’est pas abandonner la guerre, comme chacun le sait. Fort de cette « trahison » en règle, vraisemblable de la part de certains de ses partenaires, gageons que le président français se souvienne longtemps de la leçon. Avant de bouger un nouveau pion sur l’échiquier de la politique continentale pour faire progresser son jeu…

Thierry BRET

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