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EPARGNE : COMMENT SE PROTÉGER DANS UN MONDE DEVENU INCERTAIN ?

EPARGNE : COMMENT SE PROTÉGER DANS UN MONDE DEVENU INCERTAIN ?

Jean-Paul Allou29 septembre 2026

Quand le monde tremble, les épargnants doivent-ils trembler avec lui ? Guerres en Europe et au Moyen-Orient, tensions commerciales, rivalités entre les grandes puissances, endettement massif des États, incertitudes monétaires, bouleversements technologiques : le monde de 2026 n'est plus celui de la stabilité tranquille que nous avions imaginé.

L'Autorité des marchés financiers elle-même souligne, dans sa cartographie 2026 des risques, le poids croissant des risques géopolitiques et cyber, ainsi que les incertitudes liées aux tensions commerciales et aux conflits internationaux. Dans ce contexte, une question devient légitime pour chaque Français : comment protéger son épargne ?

La première réponse est peut-être la plus simple : ne pas chercher le placement miracle. Celui qui promet un rendement élevé sans risque ment généralement sur l'un des deux termes. L'épargne doit donc obéir à une règle ancienne mais particulièrement actuelle : ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier.

D'abord, conserver une réserve de sécurité. Avant de chercher le rendement, il faut rechercher la sécurité. Une famille doit pouvoir faire face à une panne automobile, une dépense médicale, une période de chômage, des travaux urgents ou tout autre accident de la vie, sans être obligée de vendre précipitamment ses placements. Cette épargne de précaution doit donc rester disponible et peu risquée. C’est la raison d’être des livrets d’épargne.

Mais il existe une autre erreur : conserver sur une longue période la totalité de son patrimoine en liquidités. Car l'inflation est un impôt silencieux. Un capital qui ne progresse pas au rythme de la hausse générale des prix va perdre progressivement son pouvoir d'achat.

La sécurité absolue n'existe donc pas : il faut distinguer la sécurité nominale de la préservation du pouvoir d'achat.

Diversifier

La deuxième règle est celle de la diversification. Pas seulement entre plusieurs banques ou entre plusieurs produits. Il est important de cibler plusieurs natures d'actifs.

La vraie question est : « Quel est le bon placement pour telle partie de mon patrimoine, avec tel objectif et pour quelle durée ? »

L'immobilier, résidence principale et investissements locatifs : un patrimoine, mais pas une forteresse. L'immobilier demeure, pour beaucoup de Français, une composante essentielle du patrimoine.

Les actions : pour une épargne dont on n'aura pas besoin avant dix ou quinze ans, les actions peuvent constituer une composante importante d'un patrimoine diversifié. Mais il faut accepter une vérité fondamentale : une action peut perdre une grande partie de sa valeur à court terme. L'AMF (Autorité des marchés financiers) recommande précisément de diversifier les investissements entre secteurs et zones géographiques et rappelle que les placements en actions doivent être envisagés avec un horizon suffisamment long.

Les obligations : retrouver le goût du temps. Mais attention, la crise obligataire se profile, les taux augmentent et pénalisent les portefeuilles obligataires.

Et l'or ?

L'or possède une particularité : depuis longtemps, il accompagne les périodes de crise comme actif tangible et réserve de valeur. Même si les cours atteignent des sommets, on peut encore investir raisonnablement dans le métal jaune.

La véritable protection : plusieurs étages

Finalement, protéger son épargne ressemble davantage à la construction d'une maison qu'à l'achat d'un coffre-fort. Premier étage : la liquidité. Deuxième étage : la sécurité. Troisième étage : la diversification (immobilier, obligations, actions…). Et au-dessus de tout cela, une règle : ne jamais investir dans ce que l'on ne comprend pas. Les produits complexes, les promesses de rendements extraordinaires, les placements présentés comme « sans risque » et les phénomènes spéculatifs doivent inspirer la plus grande prudence.

Une constante dans les placements : la rentabilité est proportionnelle au risque !

Ne pas paniquer est aussi une stratégie. Le danger, dans les périodes de crise, n'est pas seulement économique. Il est psychologique.

La règle d'or

Nous vivons peut-être une nouvelle période historique dans laquelle les certitudes économiques d'hier disparaissent les unes après les autres. Mais une chose ne change pas : l'épargne doit être pensée comme un patrimoine à protéger dans le temps, et non comme un pari à gagner demain matin. Il ne s'agit donc pas de choisir entre la banque, la Bourse, l'immobilier, l'or ou les liquidités. Il s'agit de comprendre que chacun peut avoir sa place, dans des proportions différentes selon l'âge, les revenus, les projets, le patrimoine et l'acceptation du risque. Compléments de revenus, maintien du pouvoir d’achat et transmission du patrimoine : trois piliers pour une orientation d’épargne concrète et efficace. Parmi les conseillers financiers, le banquier est nécessaire, mais ne pas oublier votre notaire, le plus compétent en matière de transmission du patrimoine et de conseil matrimonial.

Nos grands-mères avaient raison : « Gérer, c’est prévoir »…

« Il y a deux sortes de bergers parmi les pasteurs des peuples : ceux qui s'intéressent à la laine et ceux qui s'intéressent aux gigots. Aucun ne s'intéresse aux moutons. » Henri Rochefort

Jean-Paul Allou

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