Créée en 1960, l’entreprise Fauconnet fait partie de ces PME qui traversent les générations sans rester figées dans leur histoire. À Auxerre, ses 25 salariés travaillent principalement dans la rénovation. Depuis la reprise de l’entreprise en 2023, les changements se multiplient avec une même ligne directrice : mieux organiser, former et transmettre.
Dans la cour de Fauconnet, la transformation saute aux yeux. Les activités ont été redistribuées, les espaces de stockage regroupés et la circulation repensée. Maçonnerie d’un côté, couverture de l’autre, atelier de zinguerie, matériaux et déchets désormais organisés par catégories : chaque mètre carré doit faciliter le quotidien des équipes.
Arrivé dans l’entreprise en 2017 avec déjà l’idée d’en prendre progressivement les commandes, le dirigeant en devient pleinement propriétaire après le départ de Claude Fauconnet, en janvier 2023. Une nouvelle page s’ouvre alors pour cette société familiale créée en 1960 et installée dans ses locaux auxerrois depuis 2005.
Le changement passe d’abord par les conditions de travail. Réfectoire rénové, douches refaites, distributeurs d’équipements de protection permettant aux salariés de se servir de manière autonome : les investissements ne sont pas toujours spectaculaires, mais répondent à des besoins très concrets.
L’évolution de Pascal résume à elle seule cet état d’esprit. Présent depuis une vingtaine d’années et longtemps sur les chantiers, ce salarié rencontrait des difficultés liées à un handicap à la jambe. Plutôt que de le voir quitter son métier sans perspective, Fauconnet a créé un poste de magasinier qui n’existait pas auparavant. Depuis environ un an, il gère notamment les stocks et le matériel.
Former aujourd’hui pour préparer demain
La transmission constitue l’autre pilier de l’entreprise. Fauconnet accueille actuellement quatre apprentis : deux en maçonnerie et deux en couverture. Certains passent d’abord par une semaine de découverte afin de tester le métier et de rencontrer les équipes.
Un engagement que l’entreprise maintient malgré un contexte devenu moins favorable. Selon ses responsables, l’évolution des aides à l’apprentissage devrait représenter environ 10 000 euros de charges supplémentaires cette année. « Après, ce sont des choix d’entreprise », assume Solène, chargée notamment de la gestion administrative, financière et sociale.
Un choix qui dépasse l’apprentissage. Sauveteurs secouristes du travail, travail sur échafaudage, CACES, contrôle des équipements : la formation accompagne toute la vie professionnelle des salariés. Des quarts d’heure sécurité permettent également de revenir régulièrement sur les risques rencontrés sur les chantiers.
La réorganisation du site participe de cette même démarche. Les déchets sont désormais regroupés dans un espace unique et triés entre bois, métaux, cartons ou gravats. Moins de manutention, moins de déplacements dans la cour et donc moins de risques. Les habitudes ont même gagné les chantiers, où les matériaux sont séparés dès la déconstruction. « Le propre amène le propre », résume Solène.
Une entreprise qui reste fidèle à son territoire
Couverture, maçonnerie, terrassement, assainissement, ravalement ou isolation thermique par l’extérieur : Fauconnet travaille avant tout dans la rénovation et concentre l’essentiel de son activité autour d’Auxerre. L’entreprise peut néanmoins suivre ses clients jusqu’à Sens, Avallon ou Clamecy.
Dans un secteur du bâtiment soumis à la hausse des coûts, aux normes et aux incertitudes sur les dispositifs d’aide, la PME auxerroise avance sans révolution : une amélioration après l’autre.
Soixante-six ans après sa création, Fauconnet conserve ainsi ce qui a construit son histoire, le savoir-faire des métiers du bâtiment, tout en préparant progressivement la génération qui prendra le relais demain.
Emma Miredin

