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Emploi des jeunes : gare à la lame de fond…

7 octobre 2018

Les premières victimes de la crise devraient être inéluctablement la jeune génération. Celle des 20/25 ans qui curieusement se sera sentie la moins concernée par l’application des mesures barrières et le respect de la distanciation physique. Celle qui aura vécu avec un peu trop de désinvolture et parfois légèreté le confinement le considérant comme une entrave supplémentaire à la sacro-sainte liberté que nous chérissons tous.

De toute évidence, les jeunes vont souffrir de l’après-COVID-19 et de ses conséquences irréversibles. Pas, fort heureusement sur le plan sanitaire puisqu’ils ont été épargnés par les ravages imputables à la pathologie durant ces deux mois et demi de pandémie.

Mais, il est clair que ces jeunes gens se situent aujourd’hui sur la ligne de front d’une toute autre crise, nettement plus pernicieuse et sournoise dans la durée. Une crise qui arrive telle une lame de fond à la vitesse d’un cheval lancé au galop sur l’immensité sablonneuse de la baie du Mont-Saint-Michel.

C’est bien de crise économique dont il s’agit. Avec par extension, celle, dramatique à l’excès, qui va concerner l’emploi…

 

Construire les emplois de demain avec les mesures d’aujourd’hui…

 

Il y a quelques jours dans une tribune médiatique commune l’UIMM (Union des Industries des Métiers de la Métallurgie) ainsi que trois organisations syndicales de la même branche industrielle, la CFDT, la CFE-CGC et FO, ont lancé une alerte en faveur de l’alternance et de l’emploi des jeunes.

Un emploi qui se trouve particulièrement menacé en cette période de grande précarité professionnelle.

Les signataires de ce manifeste demandent instamment que soient mises en place des mesures d’urgence profitables aux prochaines victimes de cette crise sans précédent dans le monde moderne.

Primo, qu’une campagne de promotion de grande ampleur en faveur de l’alternance soit effective en France. Secundo, que des mesures temporaires et exceptionnelles visant à inciter les entreprises à poursuivre leur recrutement par le biais de l’alternance les aident dans cette démarche.

Tertio, qu’un accompagnement dans l’achat, par les apprentis, d’équipement informatique pour se former à distance puisse être réalisable. Quatrièmement : que de nouvelles aides au logement et à la mobilité puissent accompagner les jeunes gens vers un premier emploi dans certains bassins d’emplois industriels.

Deux autres propositions complètent cet ensemble de préconisations : l’assouplissement de certaines modalités d’exécution des contrats afin de permettre à un jeune qui n’a pas pu trouver d’employeur de poursuivre et valider sa formation. Enfin, que des mesures d’urgence soient réservées aux centres de formation d’apprentis industriels afin qu’ils puissent être aidés au financement des surcoûts liés à la mise en place des mesures sanitaires.

 

Face aux nuages, la mobilisation de tous en faveur de la relance

 

D’autres branches professionnelles se lancent également dans des alternatives comparables. D’autant que l’année dernière, le nombre de contrats d’apprentissage avait rencontré un net regain d’intérêt de plus de 16 % auprès des jeunes générations.

Convaincue par ces initiatives heureuses, la ministre du Travail Muriel PENICAUD s’est rendue à Brest la semaine dernière pour y découvrir les vertus du mode opératoire d’un centre de formation par l’apprentissage.

Insistant pour que les efforts des acteurs économiques se fassent auprès de cette forme d’orientation permettant d’intégrer au plus vite dans la vie active ces jeunes avec un métier dans leur besace.

Ce retour en grâce de la formation qualifiante par l’alternance ne peut que payer à terme. Surtout quand on sait qu’un jeune européen sur six a perdu son emploi depuis le début de la crise de coronavirus.

Celles et ceux qui ont eu la chance de pouvoir garder leur poste malgré cet état de crise ont réduit leur temps de présence sur le lieu de travail d’environ 23 %.

Côté conjoncture, de lourds nuages noirs se profilent à l’horizon. Les premières statistiques ont été communiquées par Pôle Emploi : durant le confinement, 843 000 nouvelles personnes ont rejoint le rang des demandeurs d’emploi sur le seul mois d’avril.

Et il va sans dire, parmi les principales victimes de ce fléau sociétal inattendu se trouvent les jeunes gens âgés de moins de 25 ans qui subissent en frontal ce raz-de-marée.

Selon, l’OFCE, l’Observatoire français de la conjoncture économique, ce n’est rien par rapport au mur d’eau qui se présente face à nous…tel un tsunami.

Du fait de sa structuration organisationnelle, l’Hexagone figure parmi les pays les plus touchés au plan de l’inertie économique : il enregistre une récession considérable nous situant au même niveau que les deux autres pays européens, fracassés par la COVID-19 : l’Italie et l’Espagne.

Préserver et encourager l’emploi des jeunes passent par une relance industrielle et économique ambitieuse. Et la mobilisation de chacun. Une chose est sûre : ce vaste chantier ne fait que commencer…

Thierry BRET

 

 

 

 

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