Aller au contenu principal

Economie : l’indigeste cocktail « Molotov » à avaler…

7 octobre 2018

Le cocktail est du genre profondément indigeste. Très lourd de conséquences pour celles des structures entrepreneuriales qui n’auront d’autres choix que de l’avaler. Voire de le subir comme une très grande majorité d’entre elles. C’est ce qui semble le plus probable comme scénario, à en croire les spécialistes. Fervents adeptes et suiveurs de la chose économique et de ses soubresauts …

« On a encore rien vu du côté des faillites et des dépôts de bilan en France…mais cela va considérablement s’accélérer au second semestre…». Serait-ce une « fake news » de plus à mettre à l’actif d’un supporter de la théorie du complot ? Un de ces « Illuminatis » qui fait la pluie et le beau temps sur la planète Terre à grands coups de post inquisiteurs sur les réseaux sociaux ?

Que nenni, celui qui s’exprime ainsi n’est autre qu’un dirigeant de société spécialisée dans l’import/export qui exerce ses activités professionnelles en France comme en Asie depuis des lustres où il possède des filiales. L’inquiétude est palpable dans la tonalité de sa voix, interrogée au téléphone sur une situation de crise économique qui ne va cesser, selon lui, de s’affirmer au fil de ces prochaines semaines. Entraînant l’économie hexagonale – mais pas seulement en pointant du doigt l’Europe et les Etats-Unis – vers une inextricable situation de banqueroute…

 

Un tsunami à trois étages qui nous guette…

 

Malheureusement, force est de constater qu’il n’est pas le seul à y penser. Comme notre entrepreneur, ils sont des milliers (voire beaucoup plus en France comme ailleurs dans le monde), à se demander à quelle sauce ils vont être mangés au cours de cette année 2023 d’une rare complexité. S’interrogeant avec la même et sempiternelle interrogation : jusqu’à quand le système actuel va-t-il tenir ?!

Ce cocktail dont certains observateurs évoquent l’inéluctable probabilité – encore peu en France visiblement où notre société est trop obnubilée par la phase évolutive de la crise sociale et le tapage des casseroles dans les cortèges revendicatifs ! -, s’articule en trois points.

Il y a la mauvaise santé de l’Amérique de Joe BIDEN, un pays criblé de dettes que la crise en Ukraine et ses implications militaires – légitimes afin de défendre le monde libre de la démocratie qui est menacée - , l’inflation hyper galopante et spéculative dont les consommateurs français subissent au quotidien l’impact (et encore pour celles et ceux qui peuvent prétendre consommer !) et enfin le crédit immobilier qui voit ses taux d’intérêt se relever de manière très abrupte et soudaine ; ce qui n’est jamais bon signe pour les ménages qui vont devoir assumer leurs remboursements en piochant davantage dans leurs bas de laine, dès l’acquisition d’un bien.

 

 

La faillite des banques américaines comme déclencheur de la situation…

 

Un curieux mélange de mauvaises nouvelles à la façon d’un « cocktail Molotov » à vocation explosive et imprévisible, même si, pour une fois, les Russes et leurs actions belliqueuses persistantes dans l’Est de l’Europe n’en sont point à l’origine, à défaut d’y ajouter tout de même un peu d’huile sur le feu avec leurs menaces nucléaires qui perturbent les marchés, notamment celui des céréales et de l’alimentation mondiale !

Cette trilogie de conjonctures négatives prend, pour une part, sa source de l’autre côté de l’Atlantique où du côté de l’Oncle Sam, rien ne va plus dans l’administration.

Les faillites bancaires survenues en mars dernier (« Silicon Valley Bank » à titre d’exemple mais elle n’est pas la seule) engendrent nécessairement suspicions et doutes quant à la pérennité du système financier américain. Trois grandes banques US en ont donc vécu les aléas funestes parce que trop exposées au secteur de la technologie et à la crypto-monnaie. Deux domaines qui quoi qu’on en dise n’ont plus vraiment le vent en poupe auprès des investisseurs de plus en plus fébriles à l’idée d’y injecter le moindre dollar…

 

 

La dette publique : le fléau pandémique de tous les pays de la planète…

 

En atteignant et en dépassant il y a peu – personne n’en a trop parlé manifestement du côté hexagonal déjà trop englué par nos problématiques de retraites – 31 000 milliards de dollars, les Etats-Unis ont battu tous les records de la dette publique.

Un chiffre astronomique qui pourrait presque faire sourire Elon MUSK – un garçon ayant du potentiel au niveau finances ! - si ce dernier n’avait dû appuyer sur le bouton rouge de la destruction systématique de son lanceur spatial révolutionnaire (STARSHIP) qui n’aura survolé le ciel du Texas qu’une poignée de minutes avant de montrer de sérieuses failles dans son fonctionnement.

A l’instar d’une kyrielle de pays dont ceux de l’Union européenne – la France n’a pas lésiné sur le « quoi qu’il en coûte » rassurant sur le moment pour nos compatriotes et ses professionnels mais entraînant de facto une dette qui sera à amortir sur au minimum plus de six décennies afin de retrouver un hypothétique équilibre, provoquant un difficile héritage qui va incomber à notre descendance -, les Etats-Unis d’Amérique ont énormément dépensé pour contrecarrer les effets pervers de la fameuse crise sanitaire qui aura chamboulé la planète durant plus de deux ans. C’était aussi compter sans la guerre en Ukraine qui, de fait est intervenue à peine quelques mois après la probable maîtrise du coronavirus aux effets mortels.

Cet endettement vertigineux de la plus grande des puissances – le cumul de l’Union européenne s’élève à 13 500 milliards de dollars ; celui de la Chine plafonne à 12 600 milliards de dollars) – a impacté les taux directeurs, ceux qui déterminent les crédits ; conséquence les intérêts d’emprunts reprennent du poil de la bête, se situant à 3,15 % ces jours-ci sur l’immobilier.

Un plan d’endettement que ne pourrait pas non plus adouber la Chambre des représentants détenue désormais par les Républicains, histoire de coincer l’octogénaire président américain dans les cordes du ring de ce nouveau combat politique qui s’amorce entre lui et Donald TRUMP lors de la présidentielle de 2024…

 

 

Que peut faire l’humain dans ce monde si déshumanisé ?

 

Quant à l’inflation, elle ne cesse de progresser des deux côtés de l’Atlantique grevant fortement les budgets des ménages. De plus de 15 % en moyenne en l’espace d’un an, sachant que cette courbe ascendante n’est pas prête ni de s’inverser ni de disparaître des tablettes de l’actualité.

D’autant que les spéculateurs (ils sont connus de tous et le font avec la bénédiction urbi et orbi des dirigeants de nos pays qu’ils soient démocratie et autocratie, logique il y a les taxes à récupérer !) engrangent les profits à ne plus savoir qu’en faire alors que 80 % de la population du globe (si ce n’est pas plus) souffrent dans leur chair et peinent à se nourrir convenablement, ne serait-ce qu’une fois par jour…

Devant un tel tableau plutôt d’ébène qui se profile à brève échéance – c’est pour le second semestre 2023 – et dans un système où toutes les économies sont dépendantes du dollar (la parité entre le dollar en hausse et l’euro n’est d’ailleurs plus à l’ordre du jour…), la situation économique ne devrait qu’empirer selon ces indicateurs.

Ce fameux triptyque comprenant la hausse des crédits immobiliers, la probable banqueroute américaine du fait de son fort taux d’endettement et l’inflation expansionniste et abusive en vogue qui profite toujours aux amateurs de bonnes affaires, sans foi ni loi.

Les entreprises devraient bien sûr accuser le coup, c’est une évidence ! Et garnir de surcroît un peu plus la liste des dépôts de bilan et des faillites potentielles à venir.

Quant à leurs composantes, les humains – des chômeurs et précaires assurés -, ils n’ont finalement que si peu d’importance dans une société qui ne jure plus que par l’intelligence artificielle, les avatars à faire vivre dans des mondes virtuels et les réseaux dit « sociaux » qui optimisent le sens du relationnel comme chacun le sait…

La messe est dite : amen !

 

Thierry BRET

 

 

 

Partager :