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Presse Évasion · Yonne & Bourgogne

Dans l’Yonne, la faune sauvage paie aussi le prix de nos routes

Dans l’Yonne, la faune sauvage paie aussi le prix de nos routes

Emma Miredin31 octobre 2026

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Chevreuils, sangliers, blaireaux… Chaque année, des milliers d’animaux sauvages sont victimes de collisions sur les routes françaises. Avec ses 4 850 kilomètres de voies départementales, l’Yonne est concernée par cet enjeu de sécurité et de biodiversité. À travers sa campagne « La route en partage », la Région Bourgogne-Franche-Comté invite les automobilistes à lever le pied.

© E.M.

Près de 110 collisions par jour en France

Un chevreuil qui surgit d’un sous-bois, un sanglier qui traverse la chaussée à la tombée de la nuit… Sur les routes de campagne, la rencontre peut être aussi soudaine que dangereuse.

Selon une estimation nationale de référence reprise par le ministère de la Transition écologique, environ 40 000 collisions avec des animaux sauvages surviennent chaque année en France, soit près de 110 par jour. Un chiffre ancien, faute de recensement exhaustif récent.

Dans l’Yonne, les routes traversent de nombreux espaces forestiers et agricoles. Pourtant, difficile de mesurer précisément le phénomène : les statistiques de sécurité routière recensent principalement les accidents corporels, laissant de côté les nombreux incidents provoquant uniquement des dégâts matériels.

Le lynx, symbole d’une mobilisation régionale

Présenté le 9 octobre à Lons-le-Saunier, un clip de sensibilisation d’une minute rappelle les dangers de la circulation pour la biodiversité. Il s’inscrit notamment dans le Plan national d’actions en faveur du lynx boréal.

Le massif jurassien concentre environ 80 % de la population française de cette espèce protégée, dont les collisions routières constituent la première cause de mortalité non naturelle.

Si le lynx symbolise cette mobilisation, l’initiative concerne l’ensemble des espèces, particulièrement les chevreuils et sangliers, bien présents dans les campagnes icaunaises.

Des moyens pour préserver la biodiversité

La Région accompagne plusieurs dispositifs destinés à maintenir les continuités écologiques, notamment le Groupement d’échanges sur les infrastructures de transports et la Trame verte et bleue (GEIST), associant gestionnaires routiers et naturalistes.

Elle soutient également le Centre Athenas, spécialisé dans le sauvetage du lynx, ainsi que l’association COS 89. Une enveloppe de 50 000 euros est consacrée aux actions de l’Agence régionale de la biodiversité pour favoriser la coexistence avec les grands prédateurs.

Dans le Haut-Jura, une signalisation spécifique au lynx fait par ailleurs l’objet d’une expérimentation sur trois ans.

Quelques secondes d’inattention peuvent suffire

À l’automne, la vigilance s’impose particulièrement à l’aube et au crépuscule, lorsque les animaux sont les plus actifs. Réduire sa vitesse à proximité des forêts et anticiper le passage de plusieurs individus peut éviter un accident.

Car derrière un chevreuil, un autre peut surgir quelques secondes plus tard.

Avec « La route en partage », la Région rappelle une évidence : nos routes traversent aussi le territoire des animaux. Les protéger, c’est également protéger les automobilistes.

Emma Miredin

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