Prémonitoire, la chanson « Le monde change de peau » s’écoute encore aujourd’hui en boucle avec le plus vif intérêt. Publié en 1976, son texte offre une opportunité mélancolique à son auteur, Alain SOUCHON de retour en ce mois d’octobre sur le devant de l’actualité avec un nouvel opus, de s’interroger avec lucidité sur le futur de notre planète. Un sujet déjà à l’époque qui préoccupait la plume ciselée de cet éternel angoissé.
Sera-t-il laid ou sera-t-il beau, ce monde dans lequel nous nous mouvons au quotidien avec tant d’appréhension ? Certes, l’interprète de cet air mélodieux n’apportait pas de réelles réponses à cette introspection profonde.
Le chanteur se contentait simplement d’interpeller son auditoire sur les problématiques existentielles de notre univers. Imaginait-il pour autant que ce morceau collerait au plus près de la réalité avec celle qui nous attend peut-être en 2020 ?
Au beau milieu des années 1970, on ne parlait pas encore dans les chaumières, à titre d’exemples, de cyberattaques et de cyber sécurité. Or, ces thèmes, devenus depuis sources d’inquiétudes supplémentaires pour le commun des mortels, se placent à la « une » de l’actualité tant les risques d’escalade de la somme de toutes les tensions internationales occupent désormais un espace un peu trop accentué sur notre bonne vieille Terre.
Or, aux dires de l’un des principaux acteurs économiques en la matière, la société californienne de San Carlos, CHECK POINT, jamais le point de non-retour n’aura été aussi palpable en matière de cyberattaques. L’entité américaine vient d’ailleurs de le démontrer en publiant une intéressante étude qui en dit long sur les intentions malveillantes des malfrats en tout genre qui désirent hacker tous les systèmes numériques qui nous régentent.
Bref, tirant une sonnette résolument alarmiste au détour d’analyses pertinentes, cet acteur clé du secteur prédit des lendemains qui déchantent avec la multiplicité de cyberattaques. Celles-ci seraient adoubées par un certain nombre de ces états voyous identifiés comme tels sur le globe et viseraient tout particulièrement les gouvernements, les infrastructures sensibles et les grandes entreprises dès…2020.
Le retour à la guerre froide de manière numérique…
Selon les chercheurs de la société américaine, le développement de ces incidents majeurs auront un impact sur nos sociétés et nos entreprises au cours des douze mois à venir. Dans un contexte déjà délicat, il est vrai, notre monde n’avait pas besoin de cela !
CHECK POINT n’hésite pas à employer le terme de « guerre froide » pour qualifier l’intensification de ces aléas. Ceux-ci se dérouleront en ligne. A mesure que les puissances occidentales et orientales dissocient de plus en plus leurs technologies et leurs services de renseignements.
Puisque le mot « guerre » est lâché, on pense systématiquement aux relations belliqueuses au plan commercial opposant à l’heure actuelle les Etats-Unis à la Chine. Mais, l’actualité récente nous a démontré toute la dangerosité de ces cyberattaques qui seront de plus en plus utilisées pour provoquer des conflits indirects entre les états, notamment de plus petits pays.
L’Iran en a été victime récemment après les attaques ayant endommagé les installations pétrolières en Arabie Saoudite dont le pays des Mollahs serait à l’origine. Un prêté pour un rendu ?
Mais, ces cyberattaques s’insèrent aussi de façon sournoise dans le domaine de l’information. La prolifération des « fake news 2.0 » ne cesse d’envahir la toile. C’est l’épisode des élections américaines de 2016 qui aura marqué les débuts de cette propagation de fausses actualités grâce à l’intelligence artificielle.
Les adversaires politiques, d’alors, ont réalisé d’énormes progrès en nommant des équipes spéciales chargées de créer et de colporter de fausses informations pour saper le soutien des candidats adverses.
A l’aune des prochaines échéances de l’automne 2020, on peut déjà imaginer que dans les soupentes de la politique américaine, les candidats déclarés doivent s’attendre à fourbir leurs armes numériques pour contrer les fausses allégations qui seront avancées par de puissants groupes étrangers, visant à influencer les résultats du scrutin.
Les infrastructures liées à la distribution de l’électricité et de l’eau très exposées…
Reste enfin la cible économique, encore très vulnérable. Dans son rapport, CHECK POINT ne se berce pas d’illusion : les hackers et les états voyous ne se priveront pas d’intensifier leurs virus contre les services publics et les infrastructures vitales d’un pays. Cette année, moult sociétés américaines et sud-africaines ont eu à subir des attaques extrêmement bien ciblées. Les sociétés européennes ne sont pas épargnées par ce machiavélique stratagème qui mène à la destruction de nos économies.
D’ailleurs, les attaques visent de plus en plus les circuits de la distribution d’électricité et d’eau qui, pour la plupart, utilisent encore d’anciennes technologies dont les failles peuvent être aisément exploitées à distance par les ingénieux techniciens de ce contrepoids de l’obscurantisme.
Dans un prochain éditorial, je vous ferai part des parades techniques imaginables, celles issues de la cinquième génération, qui existent en matière de cyber sécurité. Une chose est sûre : les pays doivent dès à présent envisager de renforcer radicalement leurs moyens et capacités de cyber défenses de leurs infrastructures. Il en va de la pérennité de notre civilisation soumise dorénavant à la folie destructrice d’états moins complaisants que les nôtres, le plus souvent à la solde du cyber terrorisme mondial…
Thierry BRET