Alep, Grozny, Marioupol…Une sinistre trilogie de villes défigurées pour toujours au dénominateur commun : la Russie. Où pour l’éternité, rien ne sera jamais plus comme avant. Pilonnages intensifs, destructions massives, réduction en poussières de milliers de bâtisses et d’immeubles, tueries de civils innocents qui ne demandaient rien à personne. Leurs seuls torts : être nés au mauvais endroit. Et surtout au mauvais moment, comme dans la chanson de CALOGERO…
Depuis le début de cette guerre impitoyable et impensable en 2022, à deux heures d’avion de l’Hexagone (ne l’oublions jamais !), cette cité portuaire bordant la mer d’Azov, et ô combien stratégique pour diverses raisons, subit les assauts incessants d’une artillerie russe, meurtrière, aveugle et sourde à toutes les suppliques.
Des missiles tombent du ciel indistinctement sur tous les lieux de vie, les écoles, les hôpitaux, les commerces, les usines, les musées, les théâtres…
Le théâtre de Marioupol est devenu un mausolée…
Celui de Marioupol, telle une gigantesque poupée de son éventrée, est coupé en deux, plaie béante et symbole éternel de cette ville martyre, désormais réduite à un tas de cendres et de gravats fumants. Du site privilégié pour accueillir les arts et la culture, il ne reste rien. Cet endroit s’est mué en un funeste mausolée, renfermant trois cents cadavres qui y gisent encore.
Des femmes et des enfants. Des vieillards et des malades. Des hommes valides leur apportant leur soutien et protection. Tous unis, aujourd’hui, dans la mort. L’au-delà comme seul salut...
Les efforts des Occidentaux pour les sortir de cette ornière fatale auront été vains. Leur bourreau ? L’inflexible dirigeant du Kremlin aura balayé du revers de la main la moindre exigence humaniste pour permettre la mise en place de corridors afin d’en extraire la population vers des cieux plus cléments.
A chaque demande faite, davantage de bombardements en guise de réponses pour exterminer la plus petite trace de vie. A chaque requête sollicitée, des scènes atroces diligentées par ces mercenaires venus des confins du Caucase, de la Tchétchénie, de l’Ossétie, voire de Syrie et même de Centrafrique ! Le nouvel ordre mondial revue et corrigée à la sauce russe, est acide et épicée, impérialiste et barbare. A proscrire coûte que coûte !
Malheureusement, ce qui se passe au sud de l’Ukraine, se multiplie par ailleurs. Le retrait des troupes russes, sorte de repli stratégique vers le Donbass pour mieux se focaliser sur l’est du territoire, permet d’observer d’autres méfaits de ces « bouchers » d’un autre temps.

Des charniers où des civils ont été délibérément massacrés…
En ce jour dominical, où nous autres Français se préparons à entamer l’ultime ligne de droite menant au premier tour du scrutin de la présidentielle, synonyme d’expression populaire et de liberté puisque incarnée par le bulletin de vote à déposer dans une simple urne, ce sont des nombreux charniers, pullulants de cadavres de pauvres victimes, qui ont été mis à jour.
A Boutcha, près de Kiev, où une fosse commune a reçu les dépouilles de trois cents personnes exécutées (sans doute froidement) par leurs tortionnaires, avant de prendre le large. Un Oradour-sur-Glane à l’ukrainienne ?
Dans une autre localité dite « libérée » de ces envahisseurs russes, une quinzaine de victimes jonchent le sol, abattus dans la rue, les mains dans le dos, entravées avec des cordes. Des exécutions, sommaires, pures et simples. Comme à Alep, comme à Grozny.
Ces actes de vile cruauté nous ramènent à des souvenirs de lecture, de films, d’images, de témoignages, de commémorations patriotiques.
Du temps de la Seconde Guerre mondiale qui a ravagé l’Europe avec ses vieux démons nationalistes et impérialistes. Ceux que vient de ressusciter en tout état de cause et depuis un mois Vladimir POUTINE en grand « conquérant » du nouvel ordre mondial !
Une enquête pour crimes de guerre est d’ores et déjà dans les tuyaux.

Traduire les auteurs de ces actes auprès des cours de justice internationale…
L’Union européenne et les Nations Unies ainsi que plusieurs ONG dont la Croix-Rouge Internationale qui a vu plusieurs de ses bâtiments fracassés par les obus russes à Marioupol ont décidé de rassembler les preuves nécessaires en vue de poursuivre devant les cours de justice internationales les auteurs de ces crimes contre l’humanité.
Le hic est le suivant : elles ne sont reconnues que par une petite quarantaine de pays dans le monde !
Autant dire une goutte d’eau infime diluée dans un océan d’hypocrisie et de laxisme. Mais, qui sait. Peut-être que l’opposition russe (elle existe y compris dans l’armée et se manifeste par bon nombre d’intellectuels et de représentants culturels issus de la diaspora) aura peut-être raison un jour ou l’autre de ce pouvoir tyrannique qui sévit à Moscou. Et bride les pensées.
Le passé, on le sait, nous l’a toujours démontré : les dictateurs profitent très rarement des jours heureux de la vieillesse au fond de leur lit…
Thierry BRET